Les pires moments pour avoir ses règles

Avoir ses règles, souvent, c'est nul. Mais ça peut être carrément traumatisant quand elles se déclenchent n'importe comment.

Les pires moments pour avoir ses règles

Bon on est d’accord : coupe menstruelle ou pas, avoir ses règles, c’est quelque chose d’assez pénible — plus ou moins selon les personnes, selon leur tolérance à la douleur, selon la propension de leur corps à se réveiller dans ces cas-là…

Mais il y a des moments où c’est pire que tout d’avoir les menstrues qui se déclenchent. Pire que de trouver un cheveu dans ses pâtes. Pire que de manger de la laitue pas coupée avec des baguettes chinoises. Pire que de confondre le sel et le sucre en poudre dans son café le matin. Pire que… Enfin, nul, quoi.

Depuis que j’ai arrêté la pilule (Maman, Papa, si vous me lisez : non, rien à voir avec une quelconque envie de procréer), je ne contrôle plus aussi bien qu’avant le jour du flux. Du coup, alors que j’étais habituée à lâcher les vannes un jour précis pendant cinq ans, je fus quelque peu surprise de découvrir qu’une fois sans hormones on pouvait être réglée de manière plus aléatoire.

Ça m’a changé mon rapport au ketchup, ça m’a fait découvrir un nouveau monde et j’ai eu envie de revenir avec vous sur les pires moments pour avoir ses règles. Un article, à n’en pas douter, sans concessions.

Quand tu es dans le train

À moins que tu aies ta carte au fan club des serviettes hygiéniques, tu as peut-être déjà vécu ce moment de panique intense en réalisant que tes menstrues toquaient à ton col de l’utérus. Quand il te reste quelques heures de trajet, tu peux difficilement te dire qu’il te suffira de te mettre les jambes en l’air jusqu’à mettre le pied sur la Terre ferme.

Alors vient le moment où tu ne peux plus attendre, parce que même si les autres passagers mangent des sandwichs à l’andouillette, personne ne mérite de vivre en vrai la scène de l’ascenseur dans Shining (cette comparaison excessive vous est offerte par l’amicale des gens qui n’y connaissent rien en fluides féminins). Il te faut donc aller enfiler ta cup, ton salvateur tampon, ta serviette ou une éponge en mousse — ou que sais-je encore.

Le problème, c’est que le train, ça bouge. Et qu’enfiler un objet dans son orifice quand le sol est mobile, c’est peu pratique, et c’est presque dangereux – un dérapage est si vite arrivé. T’as déjà vu une surfeuse qui changeait son tampon sur sa planche en pleine houle ? Non. C’est qu’il y a une raison.

Cette jeune personne à gauche de l’image est actuellement en train d’enfiler sa cup cachée derrière sa planche, bien stable sur ses deux pieds.

Quand tu portes un pantalon clair (et que tu es un peu parano)

Mauvais timing : je me suis achetée un jean bleu très clair la semaine où j’arrêtais ma pilule. C’était un peu stupide, et je ne l’ai compris que le jour où j’ai senti que la valve s’était ouverte deux jours plus tôt que prévu alors que je rentrais du travail à pied, en passant par des rues bondées, avec mon nouveau pantalon préféré.

Et j’ai repensé à cette fois où, à 11 ans, après avoir fait de la planche à voile en colonie, j’avais renfilé mon jogging bleu azur sur mon maillot de bain encore humide, et que je m’étais retrouvée avec un arc de cercle sur chaque fesse, comme si on s’était amusé à me diluer du colorant rouge sur le fion.

En faisant les vingt minutes de marche qui me ramenaient chez moi, avec mes ovaires en ébullition et mon jean, ce n’est pas ma vie que j’ai vu défiler, non : c’était le regard hilare de la centaine d’adolescents qui avaient vu mes fesses ce jour-là, qui repassait en boucle avec leur rire gras en bruit de fond, ainsi que ce sketch des Nuls (qui parle certes d’un autre type de fluide, mais tu vois l’idée).

Quand tu n’as rien sur toi

Qui n’a jamais tremblé en réalisant, en cours, qu’elle n’avait pas de protections hygiéniques à disposition ? Qui n’a jamais été contraint au moins une fois dans sa vie de se mettre plusieurs couches de papier toilette ou de serviettes de la cantine au fond du slip pour éponger ? J’y vois plusieurs inconvénients :

  • Cette couche improvisée altère considérablement la démarche
  • Il y a toujours une crainte au fond de soi qu’une feuille de ce fameux papier se décolle et vienne faire coucou au reste du monde en sortant du pantalon par la cheville, ou en dépassant de la jupe
  • Personnellement, avoir un truc aussi épais contre les fesses me rappelle la fois où j’avais mal maîtrisé mon sphincter à l’école maternelle. J’appelle ça le coup de Panpan : ça me donne l’impression d’avoir une queue de lapin
  • C’est pas fait pour. Chaque chose a sa place. Après tout, on va pas s’essuyer le coin de la bouche avec une serviette hygiénique.

Ghostface s’interroge : « Mais qu’ai-je pu bien faire de mon tampon ? »

Quand tu fais le coup du « J’ai pas d’culotte »

Peut-être qu’à l’image de Josée, cette petite gourgadine, tu as déjà essayé de retrouver ton élu-e en jupe et sans culotte pour le/la voir avec un filet de bave jusqu’à la pointe des chaussures.

Peut-être que tu connais ton cycle par coeur et que la micro-catastrophe que j’appellerai « la coulée infertile » ne peut pas t’arriver. Peut-être que tu es suffisamment prévoyante pour choisir la semaine du mois où une telle fuite ne peut pas se produire.

Alors tu n’es pas Christina Aguilera (pour rappel, elle avait eu un fil rouge descendant le long de sa jambe lors de son hommage à Etta James en janvier 2012) (ok, l’hypothèse, c’est qu’il s’agit peut-être d’autobronzant qui coule avec la chaleur, mais ne brise pas mes rêves, s’il te plaît : à mes yeux, cette mésaventure la rend humaine).

Maintenant que nous avons bien râlé ensemble, rappelons-nous d’une chose : les menstrues, ce n’est pas sale. Ce n’est que du sang. Il faut les aimer. On n’est pas forcées de leur faire des bisous non plus, mais il faut les aimer. Parce qu’au même titre que manger des légumes verts, c’est pour certain-e-s un mauvais moment à passer, mais ça peut être interprété comme un signe de bonne santé.

Et surtout, à chaque sexe biologique sa croix : au moins, nous ne nous ferons jamais goupiller la prostate.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kounette
    Kounette, Le 21 octobre 2015 à 22h31

    Aller j'y vais de ma petite expérience perso :
    En 3e, chez ma correspondante allemande. Obligée de me rouler la nuit dans toutes mes serviettes de bain pour ne rien tâcher de son lit et de ses couvertures. Parce que bon, à l'époque, les 1ers jours je pouvais changer de serviettes toutes les 30min...
    Ca devait être une super semaine en Allemagne ça a été un vrai cauchemar ! Le musée des jeux olympiques je suis partie je ne sais combien de fois aux toilettes.
    J'avais plus un pantalon nikel après ça... ah je m'en souviendrais de ce voyage !

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