Les pires conseils qu’on m’a donnés : les études

Sophie-Pierre Pernaut a bien aimé l'école, mais ça aurait pu être mieux. Voici les conseils à propos de ses études qu'elle aurait mieux fait de ne pas suivre.

Les pires conseils qu’on m’a donnés : les études

Au cours d’une vie, il est bien rare de recevoir davantage de bons que de mauvais conseils. Le calcul est vite fait, et il en ressort qu’il y a plus matière à traiter les pourris que les cool. C’est pourquoi après la séduction et la mode, j‘ai décidé de revenir sur les pires conseils qu’on m’a donnés lors de mes longues années d’études. Attendez : par « longues années d’études », j’entends « depuis l’école primaire » hein. N’allez pas vous imaginer que j’ai un doctorat, vous risqueriez d’être déçues.

Quelques jeunes étudiants plein d’avenir.

« Un cahier de texte, c’est pratique« 

Quand j’étais à l’école primaire, on nous forçait à écrire sur des cahiers de texte plutôt que sur des agendas. Bon, en même temps, je ne connaissais à l’époque pas l’existence des agendas alors j’ai jamais ressenti le besoin de me rebeller contre cette obligation. C’est quand je suis arrivée au collège que tout a changé ; certains professeurs nous ont conseillé de garder un cahier de texte plutôt qu’un agenda, parce qu’ils jugeaient que c’était plus pratique. Sauf que quand on commence à avoir une petite idée de la notion du temps, qu’on sait se repérer dans les saisons et les mois, c’est absolument faux. Impossible de s’y retrouver quand on commence à avoir son caractère qui s’exprime et qu’on débute sa propre carrière de bordélique moisie de l’organisation. Sérieusement, une partie pour chaque jour de la semaine, avec des traits pour séparer les semaines ? C’est totalement inutile. Pourquoi ne pas dire aux gosses d’écrire leurs devoirs sur des pages volantes et de les échanger entre eux, pendant qu’on y est ?

Pire, comment noter les anniversaires de mes amis (que je comptais à l’époque au nombre de 1) avec un cahier de texte ? Mon absence de popularité au collège a, si ça se trouve, commencé quelque part avec ce cahier de texte.

« Achète-toi un Eastpak. C’est pratique« 

Un jour, en 6ème, j’ai pesé mon sac à dos. Il faisait 1/10ème de mon poids (et encore, ça va : j’étais loin d’être une crevette). Mais ça allait parce que j’avais un cartable assez solide, qui équilibrait correctement la lourdeur de son contenu. Sauf que voilà : un cartable, ça craint.

Alors un jour, la fille populaire de ma classe m’a dit : « Mais pourquoi tu t’achètes pas un Eastpak ? C’est pratique et c’est beau« . Alors je me suis exécutée, sauf que ce fut bien pire : ça s’ouvrait tout le temps, il n’y avait jamais assez de place pour tout, et surtout, pour faire bien, je l’avais réglé au plus bas pour qu’il fasse bien boing boing sur mes fesses à chaque pas. Avec le poids des livres et des cahiers, il finissait toujours par terre et nous tous, les collégien-ne-s, finissions par passer plus de temps penchés à ramasser nos merdes par terre que debout à discuter (ça tombe bien, j’avais jamais rien à dire).

Un bon plan de dissertation

Je sais pas si nous étions tous des grosses nouilles en matière d’organisation dans mon lycée ou si c’est bien plus général que ça, mais j’ai drôlement souffert d’un manque d’information en ce qui concerne les dissertations de philosophie. J’avais beau avoir une excellente prof, je crois bien que j’ai oublié de l’écouter lorsqu’elle a donné la méthode pour faire un vrai bon plan. Du coup, la veille du bac, j’ai demandé à une amie qui m’a dit que son prof lui conseillait de faire un « Oui, non, je sais pas trop ». Une autre m’a affirmé qu’on lui avait appris à réfléchir en « Thèse, antithèse, synthèse ». Une autre encore me conseillait de n’en faire qu’à ma tête, de réfléchir sur mes idées au lieu de m’enfermer dans un carcan.

L’idée que je me fais d’un plan de dissertation.

Avant ça, j’étais plutôt pas mauvaise en philo. Après, j’ai plus rien compris.

« Va à la fac, c’est mieux« 

Mieux que quoi, je sais pas. Mieux que la mort, pour sûr. Mieux que de marcher dans une déjection canine à chaque pas pour l’éternité, probablement (mais c’est moins sûr). Parce que la fac, c’est très bien pour plein de gens, mais ça ne m’a pas convenu : passer de trente heures de cours à 18h, passer d’une présence obligatoire à des profs qui ne te reconnaissent pas quand tu leur dis bonjour dans les couloirs, ça fait tout drôle. Et comme je n’ai pas su m’imposer une certaine rigueur toute seule, bon, je suis devenue une loque et j’avais l’impression que ma vie se résumait à passer mon temps à dormir et à regarder des rediff de Doctor Who sur France 4 en mangeant du Crunch. Au lycée, j’allais à tous mes cours, je lisais énormément et j’écrivais tous les soirs. À l’université, j’avais beaucoup plus de temps, et j’ai pourtant perdu toute notion de productivité. Je suis devenue molle du bulbe. En fait, la fac m’allait aussi bien qu’un jean taille 0. Ça a été tout un processus de retrouver un minimum d’énergie, après tout ça.

La fac, ça doit être bien, quand on est autonome ou qu’on a envie d’y être. Peut-être que je reprendrai mes études une fois en retraite et que je m’y enjaillerai pour de vrai.

« Si tu commences un truc, finis-le.« 

À la fin de ma première année à l’université, je me suis rendue compte que j’avais envie de tout arrêter. J’avais eu mon année mais je commençais déjà à m’ennuyer ferme. Sauf que voilà : je me suis entourée de gens très sages qui m’ont dit que maintenant que j’étais en deuxième année, autant aller jusqu’à la fin de ma licence. Et puis une fois que j’ai eu ma licence, autant faire le master, surtout que bon, sinon, c’est trois ans de gâchés.

C’est ainsi que j’ai passé 4 ans et demi à soupirer en cours, à grogner, à aller à la fac à reculons dans une ville que j’ai fini par détester à peu près autant que le foie de volaille. En outre, ce conseil m’a laissé des stigmates. Désormais, « Si tu commences un truc, finis-le » est donc une phrase qui résonne dans ma tête quand j’entame un pot de cancoillotte. C’est malin.

Et toi, quels sont les pires conseils qu’on t’a donnés sur tes études ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Matouh
    Matouh, Le 28 janvier 2015 à 11h34

    @Anarkia Bon courage!
    Je compati car mes parents s'intéresse plus ou moins à mes études. Pas autant que toi hein, je sais pas s'il m'aurait laisser arrêter le lycée. Mais là je suis en école de commerce (je tiens à remercier tous les gens qui depuis la 2nd me conseille d'arrêter/de faire autre chose. J'ai eu le droit à "t'aura jamais ton bac ES" (si et avec mention!), "t'arrivera jamais en prépa" (si si) "tu devrais MEME PAS passer les concours d'école de commerce et envisager de faire autre chose" (dixit le prof de maths : merci monsieur pour votre pédagogie mais j'ai sorti 10 écoles à l'écrit!:v:)). Et je sais que la seule question de mon père quand j'ai dit "je vais faire cette école" "je vais faire une année de césure" c'est : combien ça va TE coûter? Pas de : "tu veux faire quoi après?" ou de "c'est bien ma fille d'être rentré en école de commerce". Pourtant c'est moi qui ait fait l'emprunt à mon nom, paye mon loyer,... (ils m'aident un peu les jours de crise...enfin surtout ma mère).
    J'ai eu mes partiels avec 14 de moyenne et ils m'ont dit qu'ils étaient content (ça ma touché ça par contre:puppyeyes:).

    Donc le gros principe de mes études c'est : je fais ce que je veux et je m'en bats les steaks des avis :gnih:

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