Ces phrases que je ne veux plus entendre

Certaines phrases horripilent particulièrement Sophie-Pierre Pernaut. Voici un échantillon de quelques unes d'entre elles. Probablement son top 3.

Ces phrases que je ne veux plus entendre

Dans la vie, entre êtres humains, on discute. C’est normal, ça se fait. La plupart des conversations m’enchantent, ou me laissent de marbre, ou m’intéressent plus ou moins, ou me fatiguent, enfin tout dépend de plein de facteurs tels que :

  • avec qui je parle
  • de quoi on parle
  • quel est mon état de fatigue
  • suis-je en train d’écouter en même temps la conversation d’à côté
  • si je comprends ce qu’ils disent
  • si je suis sur les toilettes ou pas.

Mais globalement, ça me ravit toujours. Parler avec des gens, la socialisation, tout ça tout ça, c’est plutôt cool. 

Toutefois, il y a des phrases que je déteste. Qu’il s’agisse de réflexes rhétoriques ou de groupes de mots que j’ai trop entendus et que je voudrais arracher pour toujours des associations possibles dans la bouche d’un être humain.

Le « Ah, moi, ça va » non-empathique

Le « Ah, moi, ça va » ne m’agace pas toujours : tout dépend du contexte. Si c’est en réponse à « Ça va ? », ça passe, par exemple. Si c’est parce que je viens de dire « J’aime pas trop les endives », ça me convient aussi. Si c’est pour rebondir à un « Tiens, j’ai croisé Charlotte Gainsbourg hier », ça me gonfle un peu parce que ça veut dire que mon interlocuteur m’écoute pas quand je parle, bon, soit.

Mais dans d’autres cas, c’est différent. Et, je tiens à déculpabiliser tout le monde : il m’arrive parfois de prononcer ces quatre mots dans un des contextes dans lesquels je les souhaiterais pourtant interdits. Mais je me soigne.

Ces contextes, quels sont-ils ? Des contextes dans lesquels l’interlocuteur, ou l’interlocutrice, se plaint de souffrir de quelque chose, qu’il a pourtant en commun avec celui qui écoute. Dit comme ça, c’est pas plus clair qu’une paire de lunettes de soleil sales.

Je vais plutôt te donner un exemple : tu as déjeuné mexicain avec une amie. Toi et elle, vous avez pris le même plat. Vous avez bu la même boisson. Le tout dans les mêmes quantités. Pourtant, vous n’en ressentez pas les mêmes effets puisque tu souffres soudain de crampes abdominales tandis qu’elle semble ne montre aucun signe de douleur.

Parce que tu es humaine et que l’humain aime verbaliser ce qui ne va pas, tu décides de lui faire part de ce qui te ronge. « Je digère super mal ce burrito épicé », que tu lui dis.

« Ah ? Moi ça va », qu’elle te répond.

Ça ne part pas d’une mauvaise intention – pas du tout. Ce n’est en rien pour te narguer. Mais l’effet est le même. Tu seras amenée à te demander pourquoi toi, pourquoi le malheur s’abat toujours sur ton estomac et pas sur celui des autres, pourquoi ? Pourquoi elle a le droit de se pavaner, là, fraîche et pimpante, alors que tu es incapable de quoique ce soit ? Ce sentiment d’injustice en a brisé plus d’une, d’amitiés.

Si un jour, à l’avenir, tu es à nouveau tentée de répondre « Ah ? Moi ça va. » à quelqu’un qui a mal, penses-y. Réfléchis à deux fois et demande-toi si cette phrase vaut le coup de créer une cassure avec ta pote.

« J’ai du mal avec les capotes »

Il m’arrive parfois d’avoir une relation de type charnelle et consentante avec autrui. Je suis une fille pas franchement exigeante et plutôt ouverte d’esprit. Je tolère beaucoup de choses, tant que c’est fait dans le respect et le partage.

Mais en quelques années d’expériences sexuelles, je dois bien avouer qu’il y a une chose que j’ai fini par haïr. Une chose qui a commencé par juste un peu m’agacer, puis, progressivement, pas à pas, à me rendre dingue, dans le pire sens du terme. Ce truc, c’est une phrase. Cette phrase, c’est « j’ai du mal avec les capotes ».

Si c’est un « j’ai du mal avec les capotes » de type purement informatif, ça va, je peux comprendre : on arrête de faire des choses qui nécessitent son port et c’est tout, c’est pas bien grave. Éventuellement, on réessaie plus tard avec, et si ça va pas mieux, tant pis pour cette fois.

En revanche, si c’est un « j’ai du mal avec les capotes » fourni avec le regard interrogatif, je craque mon slip (même à distance, puisque je ne le porte généralement plus à ce moment-là).

Tu sais, ce « j’ai du mal avec les capotes » qui te demande sournoisement si ça t’irait si vous continuez les festivités sans, parce que « non mais j’arrive pas à jouir avec et je veux jouir en toi », parce que « ça me la ramollit » ou que sais-je. Parfois, cette phrase s’assortit d’un « nan mais je sens rien quand j’en porte » et ça me fait en plus pleurer de rage de faire l’effort d’acheter de la qualité si c’est moi qui ai fourni le matériel.

Requiem for une Manix Skyn.

Ce « j’ai du mal avec les capotes » se solde généralement par moi qui prend la porte, ou qui la montre à l’autre. Car la demie-molle, c’est vachement mieux que l’herpès ou pire encore. Enfin en tout cas moi, j’ai choisi mon camp.

« Tu changeras d’avis tu verras »

Quand j’étais plus jeune, j’étais convaincue d’une chose : jamais j’aurai d’enfant. Je n’hésitais pas à le dire à qui voulais bien me poser la question, et chaque fois, les personnes plus âgées que moi me regardaient en souriant et me disaient, limite la main sur l’épaule :

« Tu changeras d’avis, tu verras. »

Je sais pas pourquoi certains de nos aînés ont tendance à ne pas savoir faire la différence entre tirer le meilleur de leur expérience pour nous en faire profiter sans rien imposer ET nous imposer leur idée qu’ils estiment mieux que la nôtre.

Alors effectivement, j’ai changé d’avis sur cette question précise (pour dans longtemps). Mais j’en changerai peut-être encore. Et surtout, ce n’est pas parce qu’on m’a prévenu que je changerai d’avis que j’ai changé d’avis. Et ok, ça m’est arrivé à moi, mais il y en a qui se connaissent suffisamment, suffisamment tôt, pour ne pas évoluer sur ce thème.

C’est comme si les plus âgés que nous étaient persuadés que les choix qu’ils avaient fait dans leur vie était bon pour tout le monde. Ça marche pour le désir ou le non-désir d’enfant mais ça marche aussi pour tout. Pour « Je crois pas que j’ai envie d’acheter une maison », pour « Je suis vraiment certaine que les études ne sont pas faites pour moi », ou pour « Je mettrais pas de robe au mariage de Tata Eulalie ».

Chaque fois, c’est comme s’ils décidaient à notre place que notre jeunesse nous faisait dire n’importe quoi, qu’on ne pourrait réfléchir que quand on sera plus vieilles. Sauf qu’on sera jamais plus vieilles à leurs yeux puisqu’on sera toujours plus jeunes qu’eux, si mes calculs sont bons. Et que cette phrase, on n’a pas fini de la bouffer dans tous les sens.

Et toi, c’est quoi les phrases que tu détestes le plus ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Copaulette
    Copaulette, Le 4 septembre 2015 à 11h56

    @Jude14 ça va avec oui, ça m’énerve tellement :non:

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