Ces phrases traumatisantes de nos enfances

Certaines phrases avaient le don de nous traumatiser dans notre enfance, et résonnent encore, des années plus tard...

Ces phrases traumatisantes de nos enfances

Initialement publié le 22 février 2013

Nous autres natives des années 80/90 sommes une génération sacrifiée. Nous avons subi au cours de notre prime jeunesse des dessins animés flippants, des pubs bien étranges, la fin de la guerre froide, la montée du terrorisme et la décadence de Britney Spears.

Comme si cela ne suffisait pas, nous avons également été bercées par des phrases toutes plus traumatisantes les unes que les autres : parce qu’il faut se souvenir pour mieux oublier, voici un panorama de ces perles qui ont pourri nos années Pokémon. C’est parti Jacques-Henri.

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« Pense aux petits Chinois qui n’ont rien à manger »

Ma grand-mère me sortait cette phrase trois à quatre fois par repas, lorsque je montrais quelques réticences à finir ma soupe aux anchois ou que je n’avalais pas l’intégralité de mes cuillères d’huile de foie de morue. En ces moments précis, j’aurais bien voulu filer toute mon assiette de quenelles à la moitié de l’Asie — ce qui était, malheureusement, géographiquement impossible.

  • Et maintenant ?

À chaque fois que je ne finis pas mon assiette de pâtes, j’ai la vision d’un petit enfant maigre comme tout qui me fait les gros yeux. Du coup, je préfère manger des restes à la limite de la putréfaction plutôt que de jeter la moindre miette… et la Chine est passée au rang de seconde puissance mondiale. Normal.

« Si tu n’apprends pas tes tables de multiplication, tu vas finir caissière »

Je dois cette phrase merveilleuse à ma grand-tante Henriette, celle qui semblait être née en l’an de grâce 1387 et qui n’avait pas saisi que les Trente Glorieuses étaient révolues pour de bon. Un jour que nous achetions du pâté pour caniche à Carouf, elle a clamé à la caisse que si je ne travaillais pas à l’école, je finirais comme la dame.

La caissière s’est alors fendue d’un grand sourire, et lui a patiemment expliqué qu’elle faisait maths sup et que son boulot saisonnier l’aidait à payer ses bouquins. Ma grand-tante n’a plus jamais pipé mot sur le sujet.

C’est toujours ça de gagné pour l’humanité.

  • Et maintenant ? 

Je ne suis toujours pas fichue capable de réciter la moindre table de multiplication, et mon petit frère de neuf ans a plus de compétences mathématiques que moi. Pourtant, cette carence terrible ne m’a pas empêchée d’avoir mon bac, de faire des études et de jouer de la double nasoflûte.

On ne devrait jamais écouter quelqu’un qui a autant de poils sur le menton que de bigoudis sur le crâne.

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« Si tu regardes trop la télé, tu vas te transformer en bourricot »

Ça, c’était mon père : non content de m’infliger les dessins animés de son enfance, il détestait voir sa progéniture affalée sur le canapé devant l’odieux spectacle de quelque soap-opera ambassadeur de l’impérialisme américain.

Du coup, à l’âge de quatre ans, je croyais dur comme fer que si je restais trop longtemps devant le petit écran, mon cerveau allait fondre et des poils me pousseraient partout sur le corps, un peu comme un mauvais film de science-fiction des années 70.

  • Et maintenant ? 

Je ne regarde plus la télé que pour m’endormir, ce qui marche très bien : on ne causera jamais assez des vertus soporifiques des programmes de Public Sénat passé minuit. (Et la puberté s’est chargée des poils).

« Et elle a eu combien, Thierry-Sylvie ? »

Quand j’étais petite (soit de mes quatre ans à l’obtention de mon baccalauréat), j’étais une fieffée cancre. Paresseuse en diable, je vivais de Sims et de Coca frais sans me soucier un seul instant de mes résultats scolaires – qui piquaient du nez d’année en année.

Mes parents ne se sont jamais habitués à ma médiocrité chronique, et me sermonnaient à chaque fois que je ramenais une sale note en prenant exemple sur Thierry-Sylvie (oui bon c’est pas son vrai nom), première de la classe depuis 1996.

  • Et maintenant ?

Thierry-Sylvie, dont je guette les exploits via facebrother, a subi une grave crise existentielle lorsqu’elle a découvert que sa note au baccalauréat était de 19,75 et non de 20. Dépitée par cette cruelle contre-performance, elle est partie élever des chèvres dans le Larzac en chantant des cantiques en latin – on ne dira jamais assez de mal du baccalauréat.

À lire aussi : L’école et sa pédagogie parfois absurde – Le dessin de Cy.

Et toi, quelles sont les phrases traumatisantes qui ont bercé ton enfance ? Viens nous narrer tout cela dans les commentaires. 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Autruche Empaillée
    Autruche Empaillée, Le 12 mai 2016 à 23h35

    Sur le moment ça m'indignais comme pas possible mais maintenant j'en rigole (beaucoup). Mon père me regardait chouiner pendant que ma mère me démêlait les cheveux et y allait de son petit commentaire moqueur: "t'as le droit de pleurer, mais ne bouge pas!".
    huhuhuhu

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