Le coût et la toxicité des protections hygiéniques remis en question dans une nouvelle pétition

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Une pétition pour le remboursement des protections hygiéniques bio, lancée par Aurélia De Tonnac, est en cours. Elle repose la question de la composition et du coût des protections hygiéniques.

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Aurélia De Tonnac, doctorante en droit, a fait de la lutte contre les discriminations un engagement professionnel et personnel.

Elle a lancé le 22 juillet 2018 la pétition pour le remboursement des protections hygiéniques sur un coup de tête, motivée par son propre vécu :

« Ce qui m’a fait réagir c’est que je ne gagne pas très bien ma vie, je n’ai pas forcément les moyens de m’acheter un paquet de tampons à 5€, et pourtant je fais déjà partie des personnes privilégiées qui peuvent payer un loyer à Paris.

Alors je n’imagine pas pour les femmes dans une situation plus précaire… »

Une pétition symbolique pour maintenir le dialogue sur les règles

Elle espère avec cette pétition pouvoir au moins ouvrir et maintenir le dialogue ouvert sur les règles et l’économie écologique et durable. Dialogue qui pourrait sur le long terme mener à une action économique et politique réelle :

« C’est assez significatif de voir qu’on est assez prompts à parler de l’alimentation bio, des produits d’hygiènes qui concernent tout le monde, mais je pense que c’est beaucoup plus difficile d’aborder le sujet des règles des femmes.

[…] Ce qui compte, c’est de sortir des réseaux habituels, de toucher des gens qui ne s’y intéressaient pas forcément. »

Pour Aurélia, emmener le sujet des règles à l’échelle de la collectivité serait une grande avancée pour la condition des femmes. Et demander le remboursement des protections bio un critère important pour leur santé et l’environnement :

« Je pense que quand une société décide de mettre des moyens financiers dans quelque chose, c’est le signe que c’est une chose à laquelle elle accorde vraiment de l’importance.

Aujourd’hui ça ne suffit pas de dire qu’on veut le remboursement des produits d’hygiène en général, parce qu’on ne peut pas se passer de mettre de la réflexion écologique et durable dans tout ce qu’on fait.

Ma politique c’est qu’il faut taper le plus fort possible pour peut être espérer avoir quelque chose. Et c’est une forme d’incitaiton aussi pour les industries, parce que si on ne rembourse que le bio, par définition le non bio ne survit pas ! »

Un pétition qui s’inscrit dans un mouvement global

Il y a trois ans, Mélanie Doerflinger lançait une pétition pour que la marque Tampax rende visible la composition de ses tampons hygiéniques.

Préoccupation née de la médiatisation en 2012 du syndrome du choc toxique (SCT), dû à la prolifération d’une bactérie via la mauvaise utilisation d’un tampon hygiénique.

Depuis, si la composition exacte des protections hygiéniques et leur effet réel sur l’intimité des femmes restent flous, plusieurs études menées notamment par le CHU de Lyon en 2016, et l’ANSES le 19 juillet 2018, prouvent la présence de substances chimiques dans les protections périodiques.

Pour autant, les données mises en avant ne sont pas alarmantes quant au danger d’utiliser des tampons ou des serviettes hygiéniques.

Mais elles mettent en garde contre une mauvaise utilisation de celles-ci, qui pourrait causer des infections menant au SCT par exemple.

Des protections hygiéniques encore trop chères pour beaucoup de femmes

En décembre 2015, les députés adoptent à l’unanimité un amendement faisant passer de 20 à 5,5% le taux de TVA attribué aux protections hygiéniques, les faisant passer dans la catégorie des produits de première nécessité.

Et depuis le 1er avril 2018, la LMDE est la première mutuelle à rembourser à raison de 20 à 25€ par mois les utilisatrices de coupes menstruelles, tampons et serviettes. Avec pour seule contrainte de devoir envoyer une facture.

Ces avancées ne sont pas suffisantes. Le terme de « précarité menstruelle » a vu le jour ces derniers mois dans le paysage médiatique français.

Le coût d’un paquet de tampons ou de serviettes hygiéniques non bio se situe entre 2 et 5€ selon la marque.

Pour ce qui est des protections hygiéniques bio ou lavables et réutilisables, elles sont encore méconnues du grand public, et leur prix peut tripler celui des protections hygiéniques classiques (même si on en achète moins souvent).

L’achat de protections hygiéniques est un achat fixe, sur lequel les personnes menstruées ne peuvent pas faire l’impasse !

Cette pétition s’inscrit donc dans la lignée d’une réflexion globale féministe sur comment mieux soutenir et accompagner les femmes dans leur quotidien.

À lire aussi : Les protections hygiéniques qui font du bien à l’environnement

Commentaires
  • Noulena
    Noulena, Le 25 juillet 2018 à 14h19

    Une récente étude qui a été relayée par le Monde expliquait avoir trouvé des produits toxiques même dans les protections bio ... Je n'ai pas lu l'étude en question directement mais ça serait intéressant de s'y pencher. :hesite:

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