Typologie des périls du voyage en bus

Le voyage en bus, c'est économique et ça permet d'admirer le paysage. Mais c'est LOIN d'être sans dangers.

Typologie des périls du voyage en bus

À l’heure où je vous écris, je tremble de tous mes membres et prie Saint Chuck Norris de bien vouloir sauver mon âme : embarquée depuis seize heures dans un interminable Buenos Aires — Santiago du Chili, je suis sur le point de traverser la Cordillère des Andes*. Bien que terrassée par la peur de mourir sans avoir vu la fin de la huitième saison de Dexter, je m’en vais vous causer des mille périls d’un moyen de transport souvent négligé : le bus.

*L’endroit où de gentils étudiants sont devenus cannibales après un accident d’avion, ne l’oublions pas.

Les conditions climatiques

Si tu traverses une route montagneuse en plein été, il y a relativement peu de chances pour que ton chemin soit entravé par une tempête de neige ou une invasion de yétis. Mais si, comme moi, tu as la brillante idée de traverser la Cordillère des Andes en plein hiver, les aléas de mère nature risquent de t’en faire voir de toutes les couleurs.

Avant-hier, par exemple, je devais prendre le bus pour Santiago. Mais après cinq heures de trajet, le conducteur a dit quelque chose comme « Ah bah non en fait, il fait froid et j’ai pas envie de conduire dans la neige ». Nous avons donc été débarqués comme des gueux à Buenos Aires, sans argent, sans taxi, sans hôtel, à une heure du matin, en plein milieu d’un bidonville. La compagnie de transport s’appellait Cata Internacional – ce n’était peut-être pas tout à fait un hasard.

Bon, OK, le bateau aussi, ça peut parfois être la lose.

Les virages

Si le conducteur de ton bus est une âme brave qui décide d’aller au bout de sa route, il te faudra endurer un léger désagrément : les virages. Ce problème devrait être minime si tu vas de la Meuse à la Creuse, mais si tu traverses une zone montagneuse ET que le second prénom de ton voisin de siège est Vomito, tu risques de passer le reste du trajet à mariner dans des effluves d’intestin tandis que sur ton siège s’étaleront des restes de Big Mac mal digérés. La lose, donc.

Le temps

Une heure de bus, c’est long. Cinq heures de bus, c’est très long. Dix heures de bus, c’est très, très long. Vingt heures de bus, c’est interminable, surtout si tu es à côté d’un ignoble gamin qui profite de ton sommeil pour enfoncer des crayons de couleur dans ton nez pour savoir « jusqu’où ça peut aller »*.

Si tu as la chance d’être dans un bus équipé de prises internet et d’une connexion Wi-FI, tout devrait se passer pour le mieux. Sinon ? Tu peux toujours compter les moutons — ou le nombre de pellicules sur le crâne de ton voisin du devant. Classique, mais efficace.

*Cette anecdote est véridique. Et elle m’a fait très mal.

Les autres

Si tu voyages avec le club des amateurs de tricot de la région PACA, ton trajet devrait être relativement calme, quoi qu’émaillé de réflexions politiques pas toujours très sympathiques. Mais si tu as le malheur de voyager avec un car d’étudiant-e-s, tu devras sans doute endurer l’intégralité du répertoire des chansons paillardes françaises, tant et si bien qu’à la fin de ton voyage, tu connaîtras certainement les paroles de La digue du cul par coeur. Ce sera un petit pas pour l’humanité, mais un grand pas pour ta culture générale.

Moi après avoir entendu La Digue pendant cinq heures, trente minutes et dix-huit secondes.

Ton voisin de siège

Dans la vie, il existe deux catégories de personnes : ceux qui ont de la chance, et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui ont de la chance auront pour voisin de siège un sosie de Marlon-Brando-époque-années-50, ceux qui n’en ont point tomberont sur un ronfleur, un fan des One Direction ou un individu n’ayant pas pris de douche depuis le passage à l’Euro.

Ainsi, je me souviendrai toujours avec émotion de ces douze heures de bus entre New Dehli et Dharamsala*, où le destin m’avait placée à côté d’un moine bouddhiste en grande tenue. Naïvement, j’avais pensé que cette rencontre ouvrirait mes chakras et serait une grande leçon de vie. Mais QUE NENNI : le gueux a passé tout le trajet à me tripoter la cuisse en faisant mine d’être somnambule.

C’est depuis ce jour que je ne crois plus aux chakras, à la réminiscence du Karma et aux gens qui disent que John Lennon s’est réincarné en Justin Bieber.

*Ne prenez JAMAIS de bus en Inde. JAMAIS.

Et toi, voyages-tu régulièrement en bus ? Quel est ton meilleur — ou ton pire — souvenir ? Raconte-nous tout, qu’on pleure ensemble. 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Samya
    Samya, Le 19 septembre 2013 à 0h06

    ça pour en squatter j'en ai squatté du trajet en bus mais tjrs avec une sympathique particularité..

    - londres / paris avec un voisin de siège narcoleptique, en gros au début j'ai rien vu venir, on discutais tranquilles j'le trouvais BG mais j'avais l'impression qu'il était fatigué il somnolais souvent et j'ai fini par cramer qu'il dormait entre chaque phrase et qu'il parlait pendant son sommeil etc etc avant qu'il m'avoue son pb

    - le fameux daramsalha / delhi.....de nuit dans les memes conditions qu'évoquées par les autres madz

    - paris / maroc....eh ouai meuf!! paie tes 2 jours de voyage! bon là c'est la mission tonton du bled c'était sympa jusqu'au retour rabat / paris avec de grosses galères un stop a la frontiere marocaine plus long que prévu du coup on a loupé le bateau, obligés d'attendre le prochain bateau le lendemain matin ; une autre halte par la douane volante en espagne, les chiens qui montent a bord du bus et forcément un mec avait un bout de joint avec lui manque de bol les chiens l'on cramé mais il a pu balancer le morceau en descendant du bus donc pas de preuve pour la police mais gros controle pour le reste des personnes ds le bus ; et pour finir une halte a étampes par la gendarmerie pour controle des permis des conducteurs qui pour rattraper les diverses haltes on conduit plus que leur limite légale du coup ils nous on arretés jusqu'a ce que l'agence envoie un autre conducteur prendre le relai pour les quelques km qui nous séparaient de paris, pb les conducteurs étaient en trajet avec d'autres bus le seul en congé étais dans le 59 j'vous laisse imaginer le temps d'attente!!

    en conclusion c'est sympa le bus mais pas pour une poissarde comme moi (et encore j'ai jamais été au perou j'imagine le pire loool)

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