Typologie des périls du stage

Ah, le stage, passage obligé qui presse chaque année des milliers d'étudiant-e-s aux portes des entreprises. Mais cette étape est pleine de dangers : suivez le guide !

Typologie des périls du stage

Tout commence avec l’air pincé de la dame-de-la-scolarité qui t’annonce qu’avec tes résultats aux partiels, même la fac d’Almaty (Kazakhstan) ne voudra pas t’accueillir pour l’année de mobilité. Tu as beau pleurer, supplier, tenter de la corrompre avec une boîte de Lindt, rien n’y fait : aux rudes affres du stage, tu devras te confronter. Après avoir été gentiment rassurée (« Ne vous inquiétez pas, mademoiselle, si vous ne trouvez rien, vous pourrez toujours faire votre stage ici. En tant que technicienne de surface, par exemple »)tu t’es lancée dans une aventure jalonnée de périls que Rambo lui-même aurait peut-être du mal à surmonter : j’ai nommé la recherche de stage. Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, étudions ensemble cette dure réalité du monde du travail.

Prospecter

Si tu désires trouver un stage, plusieurs solutions s’offrent à toi : tu peux écumer les offres de stage, menacer de diffuser Papillon de Lumière par les hauts-parleurs municipaux si la mairie ne signe pas ta convention, ou te laisser aller à la fourberie et sortir-avec-quelqu’un-dont-la-mère-connaît-quelqu’un*.

*Fais pas ça, Johnny. C’est mal.

Le sage conseil de Tata Alfrédette : Pas besoin de se faire tatouer « Embauchez-moi » sur la fesse droite pour trouver le stage de tes rêves. Si tu cherches un stage à l’étranger, tu peux te tourner du côté…

  • des alliances françaises, réseau d’établissements destinés à promouvoir le rayonnement de le France partout dans le monde
  • des organisations internationales (Conseil de l’Europe, Organisation Mondiale du Commerce…),
  • du volontariat européen.

Pour ce qui est des stages en France, la plupart des universités proposent un annuaire des stages concocté avec amour par les anciens : plonge-toi avec délice dans cette Bible, tu devrais y trouver ton bonheur.

Le CV

Si mon CV était un tantinet véridique, on y trouverait ceci :

Poste espéré : dresseuse Pokémon
Capacités : Pack Office, Anglais courant, Double nasoflûte.
Passe-temps : Aller à la FNAC et mettre les CD d’André Rieu au rayon bruitages

Compliqué, non ? Surtout comparé au CV de Chuck Norris qui tiendrait plus ou moins en 3 mots :

Objectifs : sauver l’humanité
Compétences : sauveur d’humanité
Passe-temps : sauver l’humanité

Le sage conseil de Tata Alfrédette : Une petite coquille étant vite arrivée, n’hésite pas à faire relire ton CV au plus de monde possible – quitte à donner à ton entourage des envies de meurtre : ils te pardonneront quand tu auras trouvé un stage à Ricard.

La faute qui tue

Si tu étais Rambo, tu ne commettrais jamais la moindre erreur. Mais la vie étant parfois une fourbe garce, il y a toutes les chances pour que tu ne sois PAS Sylvester Stallone*. Sous le coup de la fatigue, donc, il peut arriver de commettre de regrettables fautes qui te priveront du stage de tes rêves. Hier, par exemple, j’ai écrit à une ambassade que j’étais « étudiante à Sciences-Pipo » : était-ce là un surcroît d’honnêteté ou une regrettable manifestation de mon inconscient ? Freud seul le sait. Une seule chose est sûre : j’ai autant de chance d’obtenir un stage en ambassade que de me réveiller demain aux côtés d’Adrien Brody**.

* Si tu l’es, épouse-moi. Cordialement.
** Adrien, épouse-moi. Cordialement.

Le sage conseil de Tata Alfrédette : Relis ta lettre. Une fois, deux fois, trois fois, à voix haute, en chantant, en imitant Jacqouille la Fripouille dans Les Visiteurs. Elle doit être aussi musicale qu’un gazouillis d’oiseau, et doit exprimer la force de ton envie de travailler. (Mettre les mots « force », « envie » et « travailler » dans la même phrase est décidément une bien curieuse expérience.)

Le stage-photocopieuse

Le stage en entreprise, censé être « une formidable immersion dans le monde merveilleux du travail », peut se révéler être une vaste arnaque (un peu comme Pirate des Caraïbes 3, donc – mais sans Johnny Depp). Si ton maître de stage est en manque d’inspiration, il pourra donc te contraindre à fréquenter de très près mesdames cafetière et photocopieuse, sans que tu ne puisses faire quoi que ce soit.

Le sage conseil de Tata Alfrédette : N’hésite pas à exprimer clairement ton ressenti quant aux missions qui te sont proposées (« moi bac+5, moi pas faire le café », par exemple). Tu n’as rien à perdre, et si c’est un petit pas pour l’homme, ce sera toujours un grand pas plus loin de la photocopieuse.

Le stage-khanov

Le monde étant bigrement mal fichu, il arrive parfois que « stage » rime avec « ménage », « 8h-19h », « absence de rémunération », ou tout simplement « esclavage », et que tu aies autant de boulot que le community manager de chez Findus le mois dernier. Si tu étais Rambo, il te suffirait de dire quelque chose comme « Fais pas chier, ou je te ferai une guerre comme t’en as encore jamais vu » à ton maître de stage. Mais tu n’es pas Rambo, et dans ce genre de cas, traiter ton maître de stage de bougre de bélitre béotien serait une stratégie contre-productive.

Le sage conseil de Tata Alfrédette : En faisant miroiter aux stagiaires la perspective d’une hypothétique embauche, certains maîtres de stage les font trimer du soir au matin. Ne cède pas à ce chantage – si ton responsable te prend pour une créature taillable et corvéable à merci, il risque de se révéler être un patron aussi sympathique qu’une colonie de gremlins.

Verdict…

En ce monde plein de bruit et de fureur et qui ne signifie rien, le stage semble être un rite initiatique destiné à transformer de jeunes adultes innocents en monstres assoiffés de sang et de vengeance. Cependant, si tu as réussi à braver avec succès les épreuves de la recherche de stage, tu devrais arriver à tout dans la vie – y compris attraper Mew.

Et toi, quels déboires as-tu rencontré en stage ? Narre-nous tout cela dans les commentaires.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sc_77
    Sc_77, Le 31 janvier 2014 à 14h11

    et bien moi, mes stages, j'ai eu du bon, mais surtout du mauvais !!!

    je fais de l'informatique (oui je vous jure), et pour mon stage de première année, j'ai eu un tuteur SUPER SYMPA, mais qui en avait "un peu" rien à branler de moi. ils m'ont donnée UNE mission: faire marcher ce programme sur windows 7 et windows 8. ouai. 4 semaines pour faire ça. moi qui ne suis pas du tout dans de la programmation (mais dans du réseaux). après deux longues semaines à pleurer dessus, j'ai fini. me donner autre chose ??? non non.

    deuxième stage: idem: tuteur mega cool. il me montre un tas de truc, m'apprend un tas de truc, on bosse ensemble et tout et tout. millieu de mon stage, il se casse. démission. c'était prévu depuis plusieurs mois.ok...alors les trois semaines qu'il me restait...personne veux prendre sa place, personne ne m'explique rien, on me file des trucs à faire que je ne comprends pas, ouuu on me demande de retrouver "les plans de la climatisation". fin du stage: pas d'indemnisation, pas de remboursement des tickets de bus, pas de remboursement pour ma bouffe, rien au sujet de mon PC perso que j'ai du ramener tous les jours, et je vous dirais même: PAS UN AU REVOIR. le directeur devait prendre rdv avec moi: pas fait. quand un rdv a été pris: pas venu. quand j'ai voulu le recontacter: pas de réponse.

    j'ai même eu le droit à des réflexions parce que je refusais de faire plus d'heure. 9h-18h pour eux c'était pas assez. pourtant 18h j'étais loin de partir en courant, je finissais toujours ce que je faisais, je restais souvent jusqu'à 18h30-19h. mais non.genre je passais pas ma vie au bureau, alors j'étais pas une GEEK. (compliment pour eux, sois-dit en passant)

    ARGH heureusement que j'avais déjà travaillé avant, et que ce n'était pas mes premières expériences de travail, sinon je crois que je me serais tiré une balle.

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