Je pars étudier à l’étranger à 18 ans, ça me fait peur, mais j’ai hâte !

En stage chez madmoiZelle, Jade explique pourquoi partir à l'étranger pour études l'effraie mais lui semble nécessaire pour prendre confiance en elle.

Je pars étudier à l’étranger à 18 ans, ça me fait peur, mais j’ai hâte !

Dans un an, je vais partir au Québec pour poursuivre mes études.

Si du haut de mes 17 ans, je rêve de partir au pays des caribous et de la poutine, je suis pleine de doutes et d’appréhensions à l’idée de quitter ma famille et ma vie de petite parisienne pour me lancer dans l’inconnu…

Partir à l’étranger et s’éloigner de sa famille

Partir à l’étranger signifie quitter mes parents.

Et quitter mes parents, c’est quitter le monde de l’enfance, un monde confortable où chaque risque n’en est pas vraiment un puisqu’ils seront là pour assurer mes arrières si je fais des erreurs.

Ils ont toujours été présents pour moi et me donnent une foule de conseils à chaque fois que je dois prendre une décision.

Si leur aide me permet parfois d’éviter de faire des erreurs stupides, ce support omniprésent m’empêche d’être indépendante et de faire mes propres choix.

Rester chez mes parents c’est sécurisant parce qu’ils représentent une vision du mal et du bien très nette. Quand je me sens perdue cela me permet de retrouver des repères clairs et stables, rassurants.

Lorsque j’étais enfant, il était clair pour moi qu’ils avaient raison sur tout et que le reste du monde avait tort.

Mais en grandissant j’ai pris du recul sur leurs opinions et j’ai réalisé que les choses pouvaient être bien plus nuancées que cela, que je pouvais parfois — souvent — être en désaccord avec eux.

Divisée entre ma peur de les décevoir et l’envie de m’assumer

Pendant longtemps j’ai eu extrêmement peur de les décevoir en contredisant leurs opinions, en étant quelqu’un d’autre que la fille que je pensais qu’ils voulaient que je sois.

Quand j’avais un avis complètement opposé au leur, je suivais le mantra d’Elsa dans La Reine des Neiges : « cache tes pouvoirs, n’en parle pas ! ».

D’un autre côté j’aime énormément ma famille et je ne veux pas qu’ils en doutent.

J’ai toujours été très proche d’eux, et j’ai peur de rater des moments importants dans leur vie.

Par exemple, les premiers amours de ma cadette (à quoi sert une grande soeur si elle ne peut même pas chasser les mauvaises personnes ?), l’entrée en primaire de ma nièce, et les nouveaux projets professionnels des autres…

J’ai peur de ne pas pouvoir être là pour les aider et les soutenir.

À lire aussi : Les madmoiZelles nous parlent de leur relation avec leur famille

Partir à l’étranger pour mieux s’assumer

Alors pourquoi vouloir partir ? Pourquoi ne pas rester dans ce petit cocon chaud et douillet entourée des gens que j’aime ?

Parce qu’Elsa n’aurait jamais pu découvrir ses pouvoirs et s’épanouir si elle était restée prisonnière de son royaume.

Il a fallu qu’elle s’exile tout en haut d’une montagne et qu’elle construise un immense château de glace pour réaliser qui elle était vraiment.

Suivant son exemple, je compte bien partir loin de tout ceux qui me connaissent, et de ce que je connais, pour découvrir mes pouvoirs, ce que je suis capable d’accomplir, et construire mon propre château: ma propre identité.

Et puis être indépendante c’est quelque chose de super excitant.

Je me souviens de la première fois où j’ai commencé à pouvoir sortir seule, j’étais pleine d’adrénaline, prendre le métro était une grande aventure. Prendre l’avion pour partir à l’autre bout du monde en sera une aussi.

Être seule ça va m’obliger à m’affirmer, à prendre confiance en moi et à m’imposer. Seule face au reste du monde si je ne me défends pas personne ne le fera à ma place.

N’étant pas très assurée, c’est quelque chose qui me fait un peu peur…

Me confronter directement à la difficulté va me forcer à développer cette capacité qui est nécessaire à mon épanouissement et afin de devenir une personne pleine d’assurance.

Trop hâte de déambuler dans mon château avec une robe fendue qui brille et une démarche de queen !

J’espère être aussi stylée que Channing Tatum lors de son lyp sync battle.

Forger ma propre image et être acceptée comme telle

Après 17 ans passés ensemble, mes proches ont une image de moi qui ne correspond pas forcément à ce que je suis aujourd’hui.

J’ai grandi, j’ai changé, mais m’affirmer dans un univers où tout le monde me connaît avec mon visage d’enfant, c’est pas évident.

Partir c’est donc aussi pouvoir me créer l’image dont j’ai envie, et qui se rapproche le plus de qui je suis actuellement, sans avoir peur du jugement de ceux qui me connaissent.

Car sans le vouloir, ils me cantonnent à un personnage que je ne suis plus tout à fait.

On se souvient tous de l’expression de choc sur le visage des sujets de la reine d’Arendelle quand Elsa a fait une première démonstration de ses pouvoirs.

Qui l’a jugée, sur sa montagne ? Personne !

Sa nouvelle façon d’être n’était pas une malédiction, contrairement à ce que tous pensaient. La preuve, elle a créé Olaf qui est l’être le plus adorable du monde !

Preuve que même si les gens qui sont autour de nous condamnent notre changement, ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas des personnes formidables.

Interrogations et stress ? C’est normal !

Bien sûr je me pose plein de questions.

J’ai plein d’angoisses telles que la peur de ne plus avoir de repères, de faire des erreurs, de décevoir des gens, de me sentir seule, de ne pas réussir à faire des machines à laver sans rétrécir mes vêtements, de ne pas être suffisamment assurée pour ne pas me laisser marcher sur les pieds, de ne manger que des pâtes — quand on connaît mon amour pour les sushis on saisit l’ampleur du drame — ou de ne pas réussir mes études.

Mais j’ai conscience que c’est en faisant des erreurs qu’on apprends et qu’on grandit. On apprend à vivre en prenant des risques et en en tirant de l’expérience.

Voyager c’est se retrouver seule face à soi-même et, finalement, se découvrir.

Et même s’il fait -15°c au Canada en hiver, « le froid est pour moi le prix de ma liberté » !

À lire aussi : Comment partir à l’étranger sans passer par Erasmus ?

JulietteGee


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Commentaires

Moorganne

Étant perdue au niveau de mon orientation professionnelle, pensez-vous que partir en erasmus pourrais m'éclairer ?
J'aimerai partir mais la peur m'en empêche. Je n'arrive pas à prendre de décisions (Arrêter la comptabilité qui ne me plait pas pour devenir photographe, diététicienne.. Je ne sais pas). J'ai l'impression que rien ne me plaît tant que çà. J'espère quand vous parlant un peu de moi, vous saurez m'éclairer même si ce n'est qu'un petit peu.
Dans la vie, je suis une personne très réservée, à l'écoute, organisée. J'aime quand tout est bien rangé à sa place, que ce soit propre, réaliser des to do list de ce que je dois faire etc... De plus, je suis serviable et très susceptible. J'aime beaucoup la photographie, la nature et les voyages. J'aime également le fitness, la cuisine et un peu la beauté.
Sinon, j'ai une frayeur qui est de répondre au téléphone. Ce que je suis sûr, c'est que je ne veux pas travailler dans la vente, le commerce. Au niveau relationnel, j'ai un peu de mal. J'aimerais un métier qui me permettrais de prendre un peu l'air de temps en temps puisque je déteste rester enfermée toute la journée. Depuis que je suis toute petite, j'habite à la campagne alors je pense que c'est çà qui doit y jouer.

Voilà, je pense que je n'ai rien oubliée ou en tout cas, je l'espère. J'attends votre réponse avec impatience. Pourvu qu'elle puisse m'aiguiller. Je vous remercie par avance. Belle journée à vous !
 

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