Chronique d’un partiel ordinaire

Les partiels, cet écueil sur lequel tant d’étudiant-e-s s’échouent deux fois par an… Alfrédette vous présente le déroulement d’un jour ordinaire en période d’exams. Publié initialement le 10 janvier 2013 Dans la vie, il y a beaucoup de choses viles et injustes : au nombre d’entre elles, on retrouve les retards chroniques de la SNCF, […]

Chronique d’un partiel ordinaire

Les partiels, cet écueil sur lequel tant d’étudiant-e-s s’échouent deux fois par an… Alfrédette vous présente le déroulement d’un jour ordinaire en période d’exams.

Publié initialement le 10 janvier 2013

Dans la vie, il y a beaucoup de choses viles et injustes : au nombre d’entre elles, on retrouve les retards chroniques de la SNCF, la fin de la programmation de Tex Avery le dimanche matin, la peste bubonique et les partiels. Si toi aussi, tu souffres sang et eau sur des sujets capillotractés tout au long de la semaine, tape dans tes mains : la route est longue, mais la route est belle.

6:00 : Ton réveil, ce fourbe, sonne l’heure de ta dernière journée. Tu l’avais programmé hier, dans un formidable élan de sérieux, en te jurant de réviser ton cours aux aurores.

6:01 : La vie est trop courte pour réviser. Tu te rendors du sommeil du juste.

8:00 : Tu ouvres ton cours pour la première fois : il vient de t’être envoyé par une amie plus travailleuse que toi. Il fait 250 pages. Tu as trois heures pour l’apprendre. Tu es large. Très large, même.

8:15 : Dans ton cours, il y a écrit « le seul goût véritable est celui du sang ». Tu voues l’enseignant-chercheur qui a pondu cette phrase à une mort lente et douloureuse, et abandonnes toute velléité de révisions.

10:00 : Tu te roules en boule sous ta couette en bouffant une plaquette de chocolat. « Le travail, c’est pour ceux qui sont pas doués », disait le grand philosophe du 21ème siècle Mickaël Vendetta.

10:30 : Tu n’arrives pas à retenir la moindre citation issue de ton cours. En revanche, tu connais par coeur l’intégrale de Michel Delpech. Ça ne sert à rien, mais quand même.

10:45 : Tu as Pour un flirt avec toi dans la tête. Ta matinée de travail est foutue.

11:00 : Sur le site de ta formation, tu regardes les modalités de rattrapage des partiels. Juste comme ça, on ne sait jamais.

12:00 : Ton estomac crie famine. Mais comme tu n’as pas fait tes courses depuis l’année dernière (hoho), la seule chose comestible que contient ton appart est ton poisson rouge.

12h10 : En plus de ne servir à rien, ces petites bêtes ne sont vraiment pas goûtues.

12h15 : Tu viens de trouver un bout de charcuterie qui traînait dans tes placards depuis la mode du lycra. « Dieu bénisse cette saucisse », te dis-tu avant de la bouffer toute crue.

12h55 : Dix minutes avant le début de l’épreuve, toute la promo se retrouve pour fumer la clope du condamné à mort. Tu entends le major clamer qu’il n’aura jamais ses partiels, avec le même désespoir qu’un candidat de Secret Story recalé dès la première semaine, et tous tes camarades jurent sur le poumon droit de leur grand-mère avoir bossé au moins quatre heures par jour pendant les vacances. Toi aussi, tu as bossé quatre heures. Par semaine. C’est déjà ça, non ?

Quand soudain, tu te rends compte que tu n’as même pas apporté de stylo (c’est du vécu).

13h00 : Le sujet est arrivé, mettant fin à un odieux suspense. « Économie publique comparative des politiques américaines » (3h). Tu ne connais rien à l’économie publique. Ni aux politiques américaines. Ces trois heures s’annoncent longues, très longues.

13h02 : C’est une blague. Ce ne peut être qu’une blague. Les bras croisés, tu attends patiemment qu’on te délivre le VRAI sujet, en priant pour une intervention de Surprise sur prise.

13h05 : Une prof déboule en amphi et rappelle à l’assemblée que tricher, c’est mal. Par conséquent, personne n’aura le droit de sortir pendant 3 heures, fût-ce pour aller aux toilettes.

13h30 : Il faut te rendre à l’évidence : ce n’est PAS une blague. La vie est une chienne.

13h35 : Alors que tu cherches un moyen efficace de mettre fin à tes jours, tu te souviens du temps heureux où, étant enfant, il te suffisait de savoir lire pour récolter les bons points. Et tu pleures.

13h40 : Quelque part dans la salle, quelqu’un mange des chips. Tu hais la race humaine.

13h55 : Une heure après le début de l’épreuve, une camarade de promo arrive la fleur au fusil. « Mais pourquoi vous avez déjà commencé, c’était pas à quatorze heures, le partiel ? », demande-t-elle avec une mine dépitée. Les surveillants d’épreuve la chassent comme si elle était DSK tentant d’entrer dans un couvent.

14h06 : Tu relativises. Après tout, il y a toujours pire que soi.

16h01 : L’épreuve est finie, et tu ne peux même pas boire pour oublier à cause de celle du lendemain. La vie est injuste, sérieux.

17h00 : Ta mère t’appelle, et te rappelle, l’air de rien, que si tu n’as pas ton année, elle te découpera en six morceaux et te jettera dans la Garonne.

17h05 : C’est moche, la Garonne, quand même.

21h00 : Tu ne parviens toujours pas à travailler, et passes deux ou trois heures sur Skype avec un charmant jeune homme. Malheureusement, les deux tiers de ton cerveau sont restés en salle d’examen, et tu en viens à lui causer de morpions et de cassoulet.

01h00 : Tu apprends que James Buchanan, éminent prix Nobel d’économie, vient de trépasser. Coincidence ? Tu ne penses pas.

Et toi, comment fais-tu pour survivre aux partiels, épreuve terrible entre toutes ? Viens nous raconter tout ça dans les commentaires, et que la force soit avec toi pour la suite, jeune Padawan. Bisous bisous.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Phaenomen
    Phaenomen, Le 13 mai 2014 à 0h59



    Ma préparation Pré-partiels. Sauf que, ma drogue, c'est la bière, et ma "mère supérieure", c'est le bar du coin.

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