Comment parler IST et dépistage sans tuer l’ambiance ?

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La société nous envoie toutes sortes de signaux contradictoires. Comme d'un côté « sortez couverts », et de l'autre l'idée reçue (et fausse) que les IST, ça appartient au passé. Alors comment en parler ? Le Planning Familial te file quelques conseils !

Comment parler IST et dépistage sans tuer l’ambiance ?

Au collège ou au lycée, on vous a sans doute parlé des infections sexuellement transmissibles (IST). Peut-être même que votre prof de SVT vous a fait une démonstration d’enfilage de capote sur une banane.

Généralement, c’est la principale manière dont on aborde l’éducation sexuelle en France : à travers le prisme des maladies et à grand renfort de mises en garde qui font flipper.

Et puis ça s’arrête là. On nous laisse nous débrouiller avec ça : protégez-vous.

De la difficulté de parler des MST

Mais parallèlement, il peut être compliqué de mettre ce mot d’ordre en application. On fait face à d’autres discours, pas toujours très cohérents… Florilège (non-exhaustif).

  • « Mais c’est bon, plus personne n’attrape le VIH aujourd’hui ! » (Point 1 : si, rien qu’en 2015, près de 6000 personnes ont découvert leur séropositivité selon les chiffres de Santé Publique France. Point 2 : il existe bien d’autres IST que le VIH.)
  • « T’inquiète, j’ai rien. » (Mmmh, ah oui ? Tu t’es fait•e dépister ? Est-ce que je peux te faire vraiment confiance ?)
  • « Je peux pas bander avec une capote… » (Alors oui, d’accord, peut-être. Mais dois-je mettre ma santé en jeu dans ce cas ? Spoiler alert : non.)
  • « Je suis allergique au latex. » (D’accord, dans ce cas pourquoi ne pas prévoir de capotes SANS latex ?)
  • « Juste un va-et-vient après promis je mets un préservatif. » (Sans commentaire.)

Pas toujours facile de faire face à ce genre de commentaires.

Et si on nous apprenait à parler des MST ?

Bon. Maintenant qu’on a identifié le problème, il serait temps de trouver des solutions. Car oui, le sujet peut sembler compliqué à aborder.

Et dans le but de nous aider à aborder le sujet sans complexe, le Planning Familial américain a produit une série de trois vidéos très bien faites, à base de mises en scène de couples, relayées par HelloGiggles.

Finalement, après visionnage, je vous mets au défi de continuer à penser qu’il vaut mieux ne pas avoir ce genre de discussion.

Comment aborder le sujet des protections ?

Dans la première vidéo, on parle du sujet de base : comment aborder le fait de se protéger ?

Que vous vous apprêtiez à avoir une relation sexuelle qui implique des rapport vaginaux, anaux ou oraux : il faut vous protéger.

Dans la première mise en situation, un homme ne voit pas l’intérêt de porter une capote puisque la fille avec qui il est sur le point de s’adonner à une partie de jambes en l’air est sous pilule. Et lorsqu’elle évoque les IST, il lève les yeux au ciel :

« Ah, pourquoi tu veux parler de ça maintenant ? »

Mais en réalité, si on met une capote, justement, pas besoin d’en parler ! Et avec un peu de lubrifiant, pas besoin de s’inquiéter du fait que « les préservatifs assèchent » non plus.

Un couple de femmes, dans la mise en situation suivante, débat à propos de la possibilité d’attraper une IST dans une relation lesbienne. Et si vous en doutiez encore, c’est en effet tout à fait possible, d’où le fait que l’une d’entre elles propose l’utilisation de digues dentaires.

« Allez, ça pourrait être drôle, tu sais… De nouvelles sensations ? »

Et ça marche ! Pas besoin d’en faire tout un plat, donc. Comme le couple suivant qui peut avoir cette discussion de manière saine.

Lorsque l’un d’eux admet qu’il n’utilise pas toujours des capotes et qu’il ne se fait pas tester non plus, l’autre — après lui en avoir expliqué l’importance — sort un préservatif qu’il avait pensé à prévoir de son côté.

Et pour encourager les autres à se faire tester ?

Outre l’utilisation des préservatifs, il est parfois compliqué d’encourager son ou sa partenaire, de toujours ou d’un soir, à se faire tester.

Si, dans la vidéo qui est produite pour les États-Unis, il est expliqué que des tests urinaires ou salivaires sont très simples, cela dépend des maladies.

Des prélèvements ou des prises de sang peuvent aussi être nécessaires mais pas de panique : le labo saura te dire quel test effectuer !

Quant aux partenaires… comment leur demander ?

Première solution mise en scène : commencer par aborder ton propre test, afin d’inciter l’autre à le faire aussi. Au passage, toutes les prises de sang ou autre ne donnent pas lieu à un dépistage automatique : il faut le demander !

Une autre manière de faire peut être au moment de la fameuse conversation sur le couple exclusif : c’est peut-être l’occasion d’arrêter d’utiliser une capote… Mais on se fait tester d’abord !

Et pas de panique si l’un•e de vous est positif : il existe des tas de solutions pour continuer à faire l’amour quand même, en toute sécurité.

Et si l’imprudence est déjà commise ? On va se faire tester rapidement (en plus de demander une potentielle pilule du lendemain).

Si tu ne sais pas où aller, tu peux te renseigner sur le site du Planning Familial, dans la rubrique « Où nous trouver ». Les centres sauront t’orienter vers des professionnels bienveillants ! Ou bien le site info-ist.

Comment annoncer que l’on est porteur d’une IST ?

Avoir une IST, ça peut arriver à tout le monde. En fait, la plupart des gens en auront une un jour, ne serait-ce que le HPV.

Et comme c’est dit dans la vidéo, cela ne les empêche ni de vivre, ni d’avoir une sexualité épanouie. D’une part, la plupart des infections se soignent… et de l’autre, il existe toujours des solutions.

Mais il peut être compliqué d’en parler, par peur de faire face à la réaction des autres — parce que malheureusement, et alors que ça ne devrait pas, ça reste tabou et stigmatisant.

Pourtant, il le faut. Quand on le découvre après, même si la conversation n’est pas facile, car toi aussi tu aimerais être prévenu•e si la situation était inversée, non ?

Pour aborder le sujet, il faut expliquer : non ce n’est pas sale, oui ça peut arriver à tous, oui il existe des solutions.

Mais aussi si on le sait avant un rapport, pour dédramatiser et trouver des alternatives adaptées : dans le cas d’une infection incurable, comme le VIH, il existe des solutions médicales qui réduisent les risques au minimum.

La clé, c’est d’expliquer : qu’est-ce que c’est, pourquoi ça n’est pas « sale » — comme l’explique cette fille qui a un herpès à sa copine qui, sans le savoir, en a aussi un, juste un type d’herpès différent. Et les solutions existent pour pouvoir s’enjailler sous la couette quand même !

Alors maintenant, plus d’excuse pour ne pas parler IST et protection !

À lire aussi : J’ai testé pour vous : choper une MST


Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Voici le dernier commentaire
  • Yuyunaâ
    Yuyunaâ, Le 17 avril 2017 à 11h55

    Je trouve ces vidéos vraiment chouettes et ça explique vraiment bien !

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