La parité en dates
Déjà 7 ans que la loi sur la parité a été adoptée par l’Assemblée Nationale le 6 juin 2000. Avec des modalités compliquées – selon le mode de scrutin, le nombre d’habitants dans ta ville -, cette loi est censée favoriser l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats politiques. En termes concrets, la loi ne concerne que la répartition sexuée des candidats mais pas des élus.
La réticence de la France en matière d’accès des femmes à la vie politique n’est pas une nouveauté. On le sait, la France fut l’un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes (en 1945). Et cela n’a pas forcément généré leur participation directe dans la vie politique. Jusqu’au milieu des années 90, les femmes ministres, députés ou maires restaient des exceptions dont le nom nous sont encore connus : Edith Cresson, Simone Veil, Yvette Roudy…
La parité est un concept né dans les années 90, mais qui n’est clairement popularisé qu’en 1996 dans le « manifeste des 10 pour la parité », alors publié dans L’Express. Dans ce texte, les dix élues – cinq de droite, cinq de gauche – font sept propositions pour permettre l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats politiques. Parmi ces propositions, on retrouve l’abandon du cumul des mandats, l’adoption d’une législation sur le sexisme comparable à celle sur le racisme et les bases de la loi sur la parité. Et si l’ensemble des politiques semblaient favorables à l’idée (la parité était l’un des thèmes importants des présidentielles de 1995), son application tarde. L’idée a été freinée jusqu’en 2000 par peur du communautarisme à l’américaine, par opposition à l’universalisme français. Mais, comme le souligne le sociologue Eric Fassin, on ne peut pas parler de communautarisme dans la mesure où cette loi concerne la moitié de l’humanité.
Finalement, après une révision de la Constitution, la loi fut adoptée sous le gouvernement Jospin. Plus globalement, le choix de la parité montrait une vraie volonté de changement dans la vie politique française. Cette loi était perçue comme un mouvement de fond favorable aux femmes en tant qu’individus.
les femmes et les hommes seront à égalité quand on mettra une femme incompétente à un poste à responsabilité. (Edith Cresson)
La parité en chiffres
Les femmes, qui en 1996 représentaient 52% de l’électorat français, n’avait que 5% des sièges à l’Assemblée nationale, reléguant la France à la 37ème place mondiale concernant la place des femmes dans ses institutions (derrière des pays comme la Turquie).
Il est difficile de faire un vrai état des lieux de la parité, puisque seulement deux élections législatives ont eu lieu depuis le passage de la loi. Pourtant, déjà en 2002, elles étaient 39% à se présenter, contre seulement 22% en 1995. Les « petits » partis (Verts et FN notamment), moins aptes à faire face aux pénalités financières imposées par la loi sur la parité, sont donc par opposition les plus paritaires. Etonnamment, le Front National était aux élections de 2002, le parti qui comptait dans ses rangs le plus de femmes candidates, et aux législatives de 2007, les Verts présenteront 50.4% de femmes.
La parité dans les faits
Sur le terrain, la réalité semble un peu moins lisse. Comme le souligne Y. Roudy, aujourd’hui, en politique, « une femme politique est toujours perçue comme un homme politique évincé ».
Le témoignage de Lise Daleux – candidate Vert dans la 4éme circonscription du Nord – nous donne un exemple de la réalité du terrain.
Cette Lommoise de 47 ans, mère de trois enfants, est candidate pour la première fois à une élection législative. Entrée en politique en 2001, à l’occasion des municipales, elle s’est engagée sur la liste que les Verts présentaient à Lomme (59). De fil en aiguille, de lutte en lutte contre les OGM, le nucléaire, le tout autoroutier, la précarité, elle explique avoir trouvé un sens à son engagement politique. Elle répond ici à nos questions sur la parité.
madmoiZelle.com : Au cours de votre parcours, avez-vous rencontré des difficultés dûes à votre condition de femme ?
Lise Daleux : Pas trop. Un sentiment un peu diffus parfois de n’être pas tout à fait sur un pied d’égalité avec les hommes, mais très rarement. Je ne me suis jamais focalisée sur cette question. Mais il est vrai que l’on traîne une culture ancestrale sur ce point. La chose politique est encore considérée comme une affaire d’homme.
madmoiZelle.com : A priori, que pensiez-vous de la loi sur la parité ?
L. D. : Elle est tout à fait bienvenue et nécessaire. Elle accompagne sur le plan législatif une évolution nécessaire des mentalités en donnant un caractère obligatoire. Mais on sait bien que la société ne se change pas uniquement par décret.
madmoiZelle.com : Depuis la loi sur la parité, avez-vous vu un changement dans le monde politique par rapport à votre position de femme ?
L. D. : Personnellement non, puisque je suis dans la politique depuis peu et, surtout, chez les Verts qui ont toujours appliqué la parité comme une évidence.
Ailleurs, on sent un mouvement un peu obligé.
madmoizelle.com : L’arrivée au second tour de Ségolène Royal et la composition du nouveau gouvernement sont-ils, à votre avis, représentatifs d’une évolution en profondeur de la société française par rapport à la parité ?
L. D. : Oui, sûrement. Il me semble que nous sommes en train de passer doucement de la contrainte à l’évidence. De ce point de vue et sans analyse politique, il me semble que Ségolène Royal aura bousculé l’institution au sein de son parti et, plus globalement, les esprits et les mentalités.
madmoiZelle.com : Les Verts sont l’un des partis les plus paritaires du paysage politique français. Comment pensez-vous qu’ils puissent jouer un rôle moteur dans la promotion de l’accès des femmes aux mandats ?
L D : Je confirme que la question de la parité a toujours été une évidence chez nous. Nous sommes présents dans les exécutifs, notamment locaux, où nous réalisons au quotidien des choses concrètes et reconnues dans tous les domaines de notre programme, et notamment cet affichage de la parité. Beaucoup l’apprécient, voire sont admiratifs. Pour autant, cette posture, comme une évidence pour nous, bouscule et engage. Il est clair que tout le monde n’est pas prêt à l’assumer. Nous sommes pour pas mal de choses et précisément sur la parité en avance et ça fait peur.
Et toi, que penses-tu de la parité ? Contrainte sans légitimité ? Ou passage obligé vers une vraie égalité ?







Le 06 juin 2007 à 15:56
Moi je trouve que c'est une bonne idée cette loi, le pbme étant juste pour moi que les partis la respectant ne le font pas par changement de mentalité mais justement par contrainte. Et encore, les partis ne le faisant pas, paient juste une amende, qu'ils préfèrent payer d'ailleurs plutôt que d'appliquer la loi. Pour moi, y'a encore un gros travail à faire parce que ce n'est parce que cette loi a été énoncée que les esprits ont changé, loin de là même.Petoncule > Je suis d'accord avec toi sur le fait que certaines vont en profiter, de leur statut pour arriver à leurs fins, mais sûrement que ça aura permis à d'autres, compétentes, mais qui face à des hommes n'avaient aucune chance, justement d'y arriver non ?
Mais je trouve que, dans le fond, l'idée de la loi est bonne.
Le 06 juin 2007 à 16:08
En fait en y réfléchissant je trouve ça assez con parce que si la loi est là et que les mentalités changent pas bein…Comment dire…
La parité est à respecter dans les partis, pas à l'Assemblée. Donc si les mentalités changent pas, bein les gens éliront pas les femmes tout simplement.
Je trouve ça assez vain en fait, c'est pas parce qu'il y a des femmes qui se présentent qu'elles seront élues.
(Et sinon dans Ouest France ils disaient que moins de 30% des candidats UMP sont des femmes, un peu plus pour le MoDem, 46% pour le PS et que le FN, et deux autres partis merde j'ai un trou je repasserai :-/, étaient plus proches de la parité)
Le 06 juin 2007 à 16:17
Je ne suis pas pleinement convaincue, mais plutôt pour quand même.Ca habitue tout le monde à voir des femmes exister en politique, parce qu'il y a encore un tas de gens que ça choque (au second tour, le père du copain de ma soeur lui a dit : "Vote bien ! Vote pas pour l'aut' salope." :rolleyes:
Donc dans l'immédiat, c'est vrai que ce n'est pas terrible, mais à terme j'imagine (ou j'espère) que plus personne n'aura à s'interroger de la place des femmes en politique, comme ça a été le cas pour Ségolène au début de la campagne présidentielle.
Le 06 juin 2007 à 21:04
En même temps, en privé, j'ai probablement dû dire la même chose au masculin… Mais bon…
Sinon Estella je sais que ça pose un problème plus problématique justement lol, pour ça que j'ai pas voulu pousser plus loin. Mais perso j'ai du mal à croire qu'en obligeant les gens à faire quelque chose on fasse évoluer les moeurs si le processus n'est pas déjà en cours. Après je suis pas d'accord non plus pour dire "dans les faits il y a ça donc on fait une loi", ça me semble assez dangereux dans certains cas. Bref c'est plus le sujet.
Enfin perso je peux comprendre qe des hommes puissent s'estimer floués par cette loi. Certes c'est plus difficile pour les femmes, mais quelqu'n qui a la volonté peut y arriver, là-dessus je suis tout à fait d'accord avec petoncule. Alors quoi, on met des femmes qui sortent de nulle part, pour faire 50/50 (je sais bien que c'est pas le cas partout ni même majoritairement, mais quand même quoi)
Le 20 août 2007 à 18:17
je crois que tout le monde n'a pas compris…cette loi veut dire qu'on est obligé de mettre de force des femmes en politiques avec ou sans merite
cela veux dire que l'on ne peut y arriver seules .
c'est injuste
si je suis une femme politique je veux y arriver grace a mon boulot pas parceque je suis une femme et que c'est la loi et que je suis juste un "bouche trou legal"