Le paranormal, j’y crois pas… mais j’en ai peur

Les fantômes, les poltergeist, les démons et autres êtres maléfiques, Mymy n'y croit pas. Pas du tout. Mais pas question pour autant de prendre des risques inconsidérés.

Le paranormal, j’y crois pas… mais j’en ai peur

Publié initialement le 27 octobre 2015

Dans la vie, je suis plutôt cartésienne. Je ne jette pas du sel par-dessus mon épaule pour conjurer le mauvais sort (de toute façon je déteste passer l’aspirateur), je grattouille les chats noirs entre leurs deux oreilles sans craindre pour mon karma, je passe sous les échelles et je me fiche du vendredi 13 comme de ma première serviette hygiénique.

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Si je suis prête à accepter l’existence de vie extraterrestre (comme je l’ai expliqué à Ridley Scott) (LA MEUF QUI SE LA RACONTE), je me considère comme athée et je ne crois ni en la vie après la mort, ni en un quelconque châtiment divin, ni en l’existence des âmes en peine et autres défunts maudits. En bref, selon moi, « quand on est mort, c’est pour toute la vie » — et ça ne me stresse pas plus que ça.

Ce qui me fait peur, c’est l’étrange.

Du coup, je devrais avoir des peurs plutôt réalistes : craindre de tomber aux mains d’une tueuse en série, laisser le réchauffement climatique me mettre les nerfs en pelote ou paniquer à l’idée d’avoir un cancer. Sauf que tout ça me laisse plutôt de marbre au quotidien…

Non, moi, ce qui me fait peur, ce qui m’empêche de dormir la nuit, c’est l’étrange, l’inexpliqué (et inexplicable), les légendes urbaines, le « et si… » qui tient éveillé•e. Alors que J’Y CROIS MÊME PAS.

Mon plus grand regret (même si je les aime d’amour) : m’être installée à la table de Patrick Baud & Boulet pendant la #NuitOriginale n°4.

Le paranormal, j’y crois pas, mais…

Selon les mots immortels de ma mère, personne pleine de sagesse, prononcés lorsqu’elle était plantée devant Les 30 histoires les plus paranormales (programme de qualité) :

« J’y crois pas, mais c’est bizarre quand même. »

C’est pas parce qu’on en a peur que les choses existent

Les maisons hantées, les choses innommables qui rôdent la nuit, les trucs qu’on ne perçoit qu’une fois la lumière éteinte, les raisons qui font qu’on ne dort JAMAIS avec un orteil en-dehors de la couette… toutes ces choses vont à l’encontre de ma logique rationnelle qui dit que non, c’est pas parce qu’on en a peur que les choses existent. Que malgré tout le folklore, les légendes, les codes culturels qui ancrent ces peurs en nous, rien ne prouve scientifiquement qu’il existe des démons ou qu’on peut hanter un lieu après avoir trépassé.

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Bon par contre si ton chien aboie sur « rien » la nuit, déménage bon sang, arrête un peu d’être con

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Mais certaines choses restent difficiles à expliquer. Tout le monde ou presque a un•e proche pas du tout croyant•e / sujet•te aux superstitions / crédule / rayez la mention inutile, qui jure néanmoins avoir vu, dans la forêt, ce qui ressemblait à un loup se dresser soudain sur ses pattes arrières et courir comme une créature mythique. Qui promet que NON, ce n’était pas un reflet, cette nuit-là, dans le renfoncement de l’armoire, mais bien une paire d’yeux. Croix de bois, croix de fer, je t’assure que deux heures avant que quiconque sache que Mamie était morte, les deux tasses qu’elle m’avait offertes se sont cassées sans que je n’y touche.

Certaines choses restent difficiles à expliquer

Entre les gens-de-la-vraie-vie et le milliard de récits à l’air plus ou moins véridiques postés sur Internet (comme, au pif, ce fil Reddit que je lisais en ayant envie de mourir ce matin), c’est un peu dur de rester campée sur mon incrédulité. Il y a cette petite voix dans ma tête qui me dit « Si autant de personnes parlent de trucs bizarres, c’est peut-être vrai »…

Mais voilà : moi, je veux pas vivre dans un monde où c’est PEUT-ÊTRE vrai que des créatures rôdent dans la nuit. Oh que non.

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J’y crois pas MAIS je vais pas dans des caves la nuit éclairée aux allumettes, faudrait voir à pas m’prendre pour un jambon non plus.

Dans le doute, jouons la prudence

Bien sûr, BIEN SÛR, je ne pense pas vraiment que si j’utilise une planche de Ouija ou que je dis trois fois « Bloody Mary » devant le miroir, il va se passer un truc. Mais tout comme Louis C.K. dans son excellent sketch Of course… but maybe, j’admets que même le 0,1% de « et si… » n’en vaut pas du tout la chandelle.

Rapport que si ce « et si… » se concrétise, je me retrouve avec un démon au cul, ou un esprit frappeur sous mon clic-clac, et j’ai pas signé pour ces conneries. Je suis trop jeune pour être traînée en Enfer par une gosse qui a jamais appris à utiliser une coupe menstruelle correctement.

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Mon rapport au surnaturel est donc empreint d’une prudence probablement superficielle, mais bien réelle. Si je marche dans la rue (de jour comme de nuit) et que je vois un truc chelou, comme, au hasard (exemples réels) :

  • Une lumière verte, diffuse, filtrant à travers la vitre arrière d’une voiture en stationnement, à 2h du matin
  • La silhouette d’une personne debout au beau milieu d’un champ désert, en pleine journée, immobile, en lisière de forêt
  • DES BALLONS SORTANT D’UNE BOUCHE D’ÉGOUT ALLÔ STEPHEN KING ?

Ma réaction est très simple. Je. Me. Tire. Je change de trottoir, j’évite soigneusement de fixer le truc chelou en question, je marche un peu plus vite, je pense soudain à ma liste de courses ou à ce tag rigolo sur le mur d’en face, bref : je fais pas ma maline. Parce que mon destin c’est pas d’être la meuf qui meurt en premier dans les films d’horreur en allant enquêter à 4h17 sur ces bruits de pas au grenier. NON MADAME.

Le paranormal, je le snobe encore plus que ce relou au bar refusant de comprendre que NON, je ne suis pas intéressée. Je l’ignore superbement. Et je me dis que comme ça, s’il existe, il me laissera tranquille.

I (DON’T) want to believe

Mon côté cartésien me facilite vraiment la vie. Car en vrai, je suis une flippette. J’ai déjà pleuré pendant une heure parce qu’il y avait une grosse araignée dans mon studio, je suis incapable de me forcer à regarder un film d’horreur sans me cacher les yeux, je ne dors jamais avec un centimètre de peau dépassant du lit (eh oh t’as cru j’étais née hier ou quoi ?)… je suis extrêmement impressionnable et il m’est arrivé d’avoir vraiment peur de trucs pas du tout estampillés « épouvante », comme par exemple le jeu Gone Home.

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Je veux pas d’enfants et tant mieux parce que si mon gosse me dit « Y a un truc dans le placard » je réponds « Dommage pour toi allez bisou ».

Le fait d’avoir vraiment peur des choses étranges, inexplicables etc., me force à ne pas y croire, certes. Mais du coup, quand je suis confrontée à une vision ou une histoire chelou, le niveau de terreur grimpe très vite. Je n’ai jamais été capable de regarder X-Files, par exemple, alors que ça a tout pour me plaire. J’ai dû arrêter Fringe à cause d’une sombre histoire de monsieur à chapeau qu’on retrouvait dans plein de photos différentes — c’était trop bizarre. Je ne pourrai jamais finir un film de Lynch ou adhérer à certaines expo d’art contemporain qui sont juste… effrayantes, à mon sens.

Le niveau de terreur grimpe très vite

Du coup, je me ferme à tout un tas de légendes urbaines, émissions sur le paranormal et autres histoires surnaturelles car il serait bien trop compliqué pour moi de remettre en cause cette douce (quasi-)certitude : notre monde est tangible, pas parfait, mais droit dans ses pompes et bien palpable. Ce n’est pas qu’un voile sous lequel mille horreurs peuvent se cacher… et parfois soulever.

Et je ne pardonnerai jamais à Boulet ce gif qui illustre l’histoire la plus flippante du segment Légendes urbaines de la 4ème Nuit Originale !

Et toi, c’est quoi ton rapport au paranormal, au surnaturel ? Tu y crois ? Tu en as peur ? 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Melle Sosostris
    Melle Sosostris, Le 28 octobre 2016 à 14h30

    Les mysteres paranormaux m'attirent mais je suis une vrai flipette. Je préfère oublier American Horror avant de me coucher par exemple...

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