J’ai eu un papillomavirus — Témoignage

It’s a bird ! It’s a plane ! No : it’s a papillomavirus. Une lectrice en a eu un carabiné, et nous raconte son parcours pour mieux le dédramatiser.

J’ai eu un papillomavirus — Témoignage

Le papillomavirus, c’est un virus sexuellement transmissible qui peut être responsable du cancer du col de l’utérus. 

J’ai 23 ans, ma couleur préférée est le turquoise pastel et j’ai eu un papillomavirus l’année dernière. Je l’ai appris après avoir fait un frottis de routine chez ma gynécologue habituelle (j’ai d’ailleurs appris depuis que certains gynécologues, dont la mienne, ne faisaient plus de frottis avant 25 ans). En temps normal, je reçois les résultats chez moi quand je n’ai rien, et je ne les reçois pas quand j’ai quelque chose. Ça faisait un mois et demi que je n’avais pas eu les résultats.

Au début je me suis dit que « bon, c’est pas bien grave, on est en décembre et ça doit être les vacances pour tout le monde ». En fait, pas du tout. Deux mois après m’être fait tapoter le conduit au coton-tige mon frottis, j’ai reçu une lettre me disant qu’il y avait des cellules suspectes sur mon col de l’utérus.

Le papillomavirus, aussi appelé HPV, est un virus qui compte un grand nombre de types, mais on peut les diviser en deux grandes catégories :

  • les virus qui affectent la peau (verrues plantaires, au niveau des mains, qui sont bénignes)
  • les virus qui affectent les muqueuses, comme c’est le cas pour le col de l’utérus. Transmissibles sexuellement, ces infections restent souvent bénignes mais peuvent évoluer en lésions précancéreuses qui, lorsqu’elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer en cancer du col de l’utérus. Ceci étant, le degré d’oncogénisation varie selon les types de cellules, et, dans la plupart des cas, l’organisme finit par éliminer le virus de type oncogène (source). Mais ce n’est pas parce que la majorité des virus ne seront pas nocifs qu’il ne faut pas prendre ça à la légère et rechigner à consulter régulièrement, juste pour vérifier.

À noter que les jeunes femmes sont les plus à même de développer une infection à papillomavirus, d’où l’importance de ne pas faire l’impasse sur les passages chez le/la gynécologue et les frottis. C’est pas toujours agréable, mais c’est vital.

Plus d’informations sur cet article : Je veux comprendre le papillomavirus.

Première réaction

Je n’ai pas tendance à tout dramatiser : je suis jeune, je savais que ça ne pouvait pas être terrible. Je me suis dit qu’il y avait peu de chances pour que j’apprenne que j’étais en phase terminale.

La lettre était accompagnée d’un mot de ma gynécologue qui me prévenait que je devais faire un examen complémentaire, chez un autre gynécologue qui fait ce qu’on appelle une colposcopie.

On t’écarte l’intérieur et avec de l’alcool, le gynécologue fait réagir la zone autour du col de l’utérus. Ensuite il fait un dessin de ce qu’il voit, des zones qui réagissent le plus et de celles qui réagissent le moins.

Après quoi il prélève si nécessaire des petits bouts de ton col (on dit alors qu’il réalise une biopsie) pour ensuite les mettre entre deux lamelles afin de faire des analyses sur ces zones qui réagissent plus ou moins bien à cet alcool. Pour finir il envoie à un autre laboratoire qui étudie ton dossier.

Non, ceci n’est pas le dessin des zones en question. En réalité, je ne sais même pas ce que ce schéma fait là.

Je savais pas du tout à quoi m’attendre avant d’aller faire cet examen : j’ai découvert qu’on allait m’enlever « des bouts » sur place. Mais alors, que je vous rassure : en fait, pour ceux qui vont souvent chez le dentiste, ça ne représente absolument rien en terme de douleur.

C’est un truc qui, selon moi, se passe beaucoup trop loin à l’intérieur de nous pour qu’on ait des sensations exactes. Donc quand il grattouille, on ressent des choses, et comme c’est viscéral, ce n’est pas une partie de plaisir, mais je ne dirais pas que ça s’apparente à une douleur. C’est désagréable, c’est tout. Il m’a expliqué juste avant ce qu’il allait me faire, mais c’est assez rapide alors il ne faut pas s’en inquiéter outre-mesure !

L’annonce du papillomavirus

Trois semaines après à peu près, j’ai reçu un papier de ce gynécologue-là qui avait eu les résultats. Il avait préparé une enveloppe avec un mot pour un chirurgien parce que j’allais devoir être opérée. Les résultats étaient aussi à l’intérieur.

J’ai la chance d’avoir une amie qui est immunologue qui a pu me les expliquer, parce que concrètement quand tu ne connais pas les termes, ça veut rien dire du tout. J’ai alors appris que j’avais un papillomavirus de nature oncogène  les oncongènes sont une catégorie de gènes qui favorisent le cancer. Le mien était assez puissant en oncogénisation.

Mais malgré tout, je ne me suis jamais inquiétée… Surtout, mon conseil à ce stade de l’histoire, c’est de ne PAS aller voir ce que les gens sur Internet en disent (déjà qu’à les écouter, un nez bouché est une attaque cérébrale) : contentez-vous de faire confiance aux professionnel-le-s de la santé, aux personnes légitimes pour vous informer.

Je savais donc que je devais me faire opérer. Sachant que le papillomavirus ne s’accompagne d’aucun symptôme, c’était assez frustrant de me dire que j’allais passer sur le billard pour quelque chose que je ne sentais pas.

L’opération

On n’est pas internées du tout pour cette opération : moi j’ai été prise en charge dans une clinique où toutes les autres personnes venaient pour des grossesses, et j’attendais qu’on m’appelle, entourée de femmes enceintes !

C’est une opération au laser, sans anesthésie, parce que ce sont des opérations trop courtes (dans certains cas, ce traitement au laser s’accompagne d’une anesthésie locale). Ça dure une dizaine de minutes : à noter que j’avais déjà vu le chirurgien une première fois pour discuter de ce qu’il allait me faire (bon, dans mon cas c’était un connard alors j’ai eu aucune réponse aux questions que j’ai posées mais j’ai quand même pu récolter quelques informations).

Donc, je suis arrivée à l’hôpital, on m’a mise dans une magnifique tenue de lumière avec le cul apparent. Je me suis allongée sur la table, le mec a pris son laser qu’il a mis à l’intérieur de moi après avoir écarté. Il faut dire ce qui est : c’est la douleur la plus terrible sur Terre qui arrive à ce moment-là.

C’est pire qu’un tatouage, vraiment, et le problème c’est que tu n’oublies pas cette douleur. Ça m’a fait mal comme si j’avais eu cinquante règles douloureuses en même temps. Et puis encore une fois, c’est viscéral, interne : psychologiquement, c’est dur à supporter.

Il m’a lasérisé les zones et ensuite, je suis rentrée chez moi. Après coup, sur le chemin du retour, je me souviens que ça m’avait lancée un petit peu, mais vraiment très légèrement. J’aurais pu courir, faire du sport, n’importe quoi.

Par contre, là où le bât blesse, c’est que tu ne peux pas faire l’amour pendant un mois, le temps que ça cicatrice vraiment, sauf si tu passes par l’anus. Moi de toute façon, j’avais eu tellement mal sur le coup que ça a suffi à m’anéantir toute libido pendant quelques temps. On aurait pu me mettre Alexander Skarsgard nu et dispo devant moi que j’aurais réussi à dire non.

Par la suite, il faut attendre quatre à cinq mois pour que ton utérus se remette complètement en état. Et vraiment, ça ne change rien à ta vie, quand tu t’es fait opérer !

Plus tard, j’ai dû refaire un frottis pour vérifier que le souci avait bien disparu et c’était en effet le cas. En fait, c’était juste un contretemps un peu chiant.

Le laser laisse très peu de chances au virus de passer à travers les mailles du filet. Dans 95% des cas, les lésions sont éradiquées du premier coup (dans le reste des cas, c’est réglé au second).

Donc voilà, je tiens à rassurer toutes les filles qui vont devoir y passer : c’est juste très douloureux sur le coup. Ça a duré dix minutes, mais j’ai eu l’impression sur le moment que ça avait duré huit heures. Et une fois que c’est fini, tu vis ta vie normalement.

En l’occurrence mon papillomavirus était vraiment puissant et il a disparu du premier coup. Ça ne m’a absolument pas traumatisée. Je me suis rendue compte après avoir été opérée, en en parlant autour de moi, que la moitié de mes potes en avait déjà eu un, interne ou externe.

Dédramatisons !

C’est comme un rhume bien chiant du col de l’utérus mais c’est tout ! Y a pas de symptôme, y a pas de douleur, outre cette opération très courte… Tu vis ta vie, sauf que sans sexe pendant un mois — ou alors du sexe très très doux, pas façon marteau-piqueur.

Le seul truc vraiment pénible c’est que si tu l’as alors que tu es en couple, soit tu l’as depuis longtemps et c’est quelqu’un d’autre qui te l’a refilé, soit c’est la personne avec qui tu es qui te l’a donné.

Du coup, tu es obligée de te remettre au préservatif et d’emmener ton copain voir un-e urologue ou ta copine voir un-e gynécologue pour vérifier si c’est lui/elle qui l’a, puis rester au préservatif jusqu’à ce que tu aies les résultats de ton deuxième frottis avant de l’abandonner.

Parce que pour peu que tu l’aies encore, tu lui redonnes, il/elle te le rend, c’est un cercle qui n’en finit jamais. Il faut vraiment être sérieux vis-à-vis de ça. Parce que ça peut avoir des effets très négatifs de l’avoir plusieurs fois.

Mais il faut vraiment dédramatiser le truc : c’est vraiment, à mes yeux et à mes lèvres une des MST les moins dramatiques. Même les chlamydias, ça peut rendre stérile. Là, le papillomavirus, une fois que tu es opérée, généralement, c’est bon, t’es tranquille.

C’est un sujet à prendre au sérieux, et c’est pour ça que c’est important de consulter un-e gynécologue régulièrement. Mais, à mon avis, prendre quelque chose au sérieux ne veut pas forcément dire t’en inquiéter outre mesure.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • NibheartTone
    NibheartTone, Le 30 septembre 2016 à 18h51

    Salut les Madz !

    Spoiler: Ne pas citer svp

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