Pantiero – Cannes – Soirée de clôture de la 6eme édition, 19 aout 2007

Aaah le Pantiero… ! Ses filles dorées, sa bière coûteuse et peu calorique, sa pelouse artificielle, sa vue imprenable sur la baie de Cannes depuis la terrasse du palais, ses starlettes bling-bling locales… Véritable perle de la Cote d’Azur, ce festival après le Festival étale sa programmation synthétique et pointue sur trois courtes soirées et […]

Pantiero  – Cannes – Soirée de clôture de la 6eme édition, 19 aout 2007

Aaah le Pantiero… ! Ses filles dorées, sa bière coûteuse et peu calorique, sa pelouse artificielle, sa vue imprenable sur la baie de Cannes depuis la terrasse du palais, ses starlettes bling-bling locales… Véritable perle de la Cote d’Azur, ce festival après le Festival étale sa programmation synthétique et pointue sur trois courtes soirées et une scène unique afin que les festivaliers n’en perdrent pas une goutte (ce qui est impossible sur les gros festivals de l’été.) Cette année, ont entre autres monté les marches : The Teenagers, Digitalism, Vitalic, Princess Superstar, Teenage Bad Girl … Du beau monde, mais après tout, nous sommes à Cannes, alors ! En vacances jusqu’à dimanche, je n’ai pu assister qu’à la fin du festival et donc à la dernière soirée, avec Justice, CSS, et Mstrkrft. De toutes façons, si j’avais du en choisir une, c’était celle-là ! Tout d’abord laissez moi vous donner un conseil pour l’année prochaine. Pantiero est un festival qui a réussi : ça veut que c’était complet, blindé, sold-out jusqu’au dernier carré de pelouse. Alors si l’aventure cannoise vous tente, prenez-vous-y tôt, car ici, rien ne sert de courir, vous resterez en bas. Premier sur scène, Mstrkrft, avec leur techno chaloupée, dé-saturée technique et joyeuse, juste avec ce qu’il faut de touches acides et housy. Un pur set de milieu (voire fin) de soirée dès le départ, c’est audacieux, dans le vrai sens du dancefloor. L’allumette est craquée. Plus tard, un DJ local -vraiment bon- s’escrime sur ses Pioneer pour faire danser entre le bar et le chill-out (soit une jolie terrasse constituée de table et chaises en tek.) Pendant ce temps, on installe la déco de CSS sur scène, et ce n’est pas rien.

CSS, outre une puissante prouesse technique qui a permis de rendre le web spectaculaire, c’est aussi un groupe de rock brésilien qui donne pile dans le son qui colle à son époque. CSS, ça veut dire : « Canser Der Sei Sexy », en portugais, ce qui se traduit par « Tired Of Being Sexy ». Ce mystérieux petit nom n’est pas du au ressenti des membres du groupe, mais à une déclaration que Beyonce Knowles aurait faite à la presse à l’époque de la release de Crazy in Love. Le matériel des musiciens est installé sous une forêt de ballons multicolores, laquelle flotte sous une boule disco gigantique et majestueuse ; voici le petit univers rock et disco de CSS pour une heure. Et le concert est beau, rock à souhait, le tout ultra-joyeux, avec une vraie volonté de s’amuser qui est parfaitement communiquée de l’autre coté de la barrière. Le climax du show a évidement lieu quand la chanteuse empailletée (oui) couvre de sa voix fatiguée et sexy les premiers accords de Let’s make love and listen Death From Above. Ici il est bon de noter que « Death From Above » est le nom de l’ex-formation rock de Masterkraft, lesquels chauffaient la place une heure avant : si ça c’est pas se renvoyer la balle, je ne sais plus jouer au ping-pong. Tellement de bonheur en si peu de temps ! Si les Bisounours venaient de Sao Polo et qu’ils avaient fait du rock… Ils se nommeraient sans doute CSS !

Les ballons se sont dégonflés, c’est l’heure de la Vengeance. Tout le monde se jette aux toilettes et au bar, histoire de refaire du stock pour le live de Justice. La scène cannoise se barde d’amplis Marshall, et de la désormais célèbre -Dieu me pardonne- croix luminescente s’allume. Pas mal non ? Effectivement, c’est ce qu’on se dit devant cet étalage derrière lequel se planquent le Mac de Gaspard et la table de mixage de Xavier : c’est fat, comme déco, voire carrément tunning, pour reprendre des termes chers à un ami. Si le live de Justice est un moment intense pour le public, il peut ressembler à quelque chose de plus tiède pour les fans du genre. Passé les vingt premières minutes de rodage, les tubes produits par les stars de la saturation glissent comme des perles sur un fil. Bien que les morceaux joués en live diffèrent un peu de la version album, on aurait aimé un peu plus d’imprévu dans cette prestation scénique, des salissures, de l’imprécision, du Live, donc ; soit, pour le public, la sensation de partager quelque chose d’à la fois unique et éphémère avec les artistes. Mais il ne faut pas bouder son plaisir ; le concert reste un pur moment musical, et de toutes façons, la machine Justice, métallique et implacable, enroulerait n’importe quel dancefloor autour de ses chenilles.

Après trois concerts on n’est pas épuisés mais c’est déjà la fin. C’est ça qui est bien avec le Pantiero ; à l’inverse d’autres festivals « marathons » de musiques électroniques, on y attrape ni courbatures, ni cernes. Juste des sourires et des étincelles plein les yeux. C’est ce qui fait qu’on ne se pose pas la question d’être présent ou pas pour l’édition suivante.

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