La Saint Valentin est arrivée, et l’Individu Seul n’en a rien à foutre. Ou il fait comme si. Il était seul le 13 février, il le sera le 15, alors pas besoin qu’on le lui rappelle le 14. Parce qu’il faut pourtant bien en passer par cette date, les IS développent différentes stratégies pour survivre :
Certains exorcisent leur haine de l’événement et/ou de la solitude en marquant la date à leur manière. Par exemple, en avalant seul une boîte de chocolat prévue pour deux, ou encore en organisant une "soirée entre célibataires" :
- Ben ? Il est où Philippe ? Y devait pas venir ?
- Il a rencontré quelqu’un en allant chercher les chips à Mauchan.
- Sale bâtard !
- Dis donc ! Il a le droit de trouver l’amour, quand même !
- Oui mais pas de me priver de chips. Je mange quoi, maintenant, moi ? Ton céleri de merde ?
- … Toi, y a pas à se demander pourquoi t’es toute seule, hein.
- Quoi? Répète, un peu, pour voir ?
La convivialité peut panser bien des plaies…
D’autres optent pour le refoulement et oublient plus ou moins volontairement le 14 février :
- Dis, t’as prévu quoi le 14 ?
- Attends voir… Je regarde mon agenda… Je vais voir mon gynéco. Pourquoi ?
- Euh… Non, rien.
D’autres encore, incapables de résister à la pression sociale, font tout pour trouver chaussure à leur pied (voire, faute de mieux, n’importe quelle chaussure qui traîne) avant la date fatidique :
- Dis Véronique, je viens de remarquer que tes yeux étaient du même bleu que mon fond d’écran "Hawaïan Experience". C’est fascinant…
- Te fatigue pas, Gérard : je préfère passer la Saint Valentin toute seule.
- Même si je t’offre une boîte de Mon Chéri ?
L’être humain est plein de ressources…
Dans tous les cas, on aurait tort de plaindre l’I.S. Car la Saint Valentin de l’I.C est parfois bien plus difficileà négocier.