La révolution safran apparaît avant tout comme celle d'un peuple fatigué et ulcéré de vivre dans un pays pillé par les dirigeants. Pourtant la sortie de crise ne semble pouvoir venir que de l'extérieur : dans les discussions à l'ONU sur d'éventuelles sanctions mais également sur un changement de comportement de la Chine à l'égard de la Birmanie. « Pousser la population birmane, les bonzes et les militants prodémocratiques à se révolter dans leur pays sans leur apporter un soutien extérieur, concret et autre que symbolique ne permettra pas d'accélérer le processus de transition » rappelle Renaud Egreteau. Appeler aux sanctions ne suffit également pas. Les pays occidentaux ont perdu leur influence sur le pays suite aux sanctions économiques. Selon Renaud Egreteau, la communauté internationale doit rencontrer la junte et suivre les négociations, notamment par un rôle de médiation de la Chine. « Étant donné l'assise solide du régime militaire birman, exploiter ses propres failles semble être la stratégie qui serait à terme la plus payante. Pour cela, il faut le connaître, comprendre ses rouages, avoir accès à ses leaders. Seule la Chine semble aujourd'hui répondre à ces impératifs ».