Ton problème de grand
Engoncée dans les conventions plus ou moins tacites qui, au fil de ton évolution, t’ont appris qu’on ne pouvait pas entrer en contact avec l’autre n’importe comment, tu es devenue un peu coincée du shorty. Rendue méfiante par la fréquentation du genre humain, tu te demandes ce qu’on te veut quand on t’adresse la parole. Trop consciente de l’image que tu donnes, tu abordes chaque occasion sociale persuadée qu’on va te juger. Bref, au lieu de profiter de ton échange avec l’autre, tu as le nez collé au nombril.
La solution mouflet
Observons le machin de 6 ans présentement assis à une table de restaurant. Depuis quelques minutes, l’individu distribue ses hiéroglyphes (ou « dessins ») aux clients dont la bouille lui semble sympathique. Pas vraiment conscient des règles de savoir-vivre, il oublie tout jugement potentiel pour atteindre son objectif : attirer l’attention des autres créatures et échanger avec eux (des conseils, des animaux morts, un peu de bave…). Et ce, sans trop s’embarrasser de détours (« Madame ? Pourquoi tu piques comme un monsieur ? »). Résultat : un sens de la com’ à faire tomber Sarkozy de son pupitre.
Avertissement
Il s'agira bien entendu d'évaluer la pertinence d'une approche communicationnelle dite "d'inspiration enfantine" au regard de l'individu-cible (en gros : attention, ça peut faire mal).
- Hééé !
- Gn-oui ?
- C'est toi le monsieur qui s'occupe de la sécurité ?
- Oui. D'où mon costume.
- Ben il est pas beau.
- ?
- Ton costume il est pas beau. Dedans t'as l'air tout gros avec.
- Je vois. Un plaisantin. Monsieur ?
- Monsieur Jean-Pierre.
- Monsieur Jean-Pierre, pour votre sécurité, je vous demanderais d'évacuer votre enveloppe physique de ce lieu.
- Ca veut dire quoiii ?
- Ca veut dire dégage.
- Je peux te faire un bisou pour que t'es mon copain ?!
- DE-GAAAAAAGE !
- Je vais le dire à ta mère.