Par où commencer, je ne sais pas vraiment, ça me paraît à la fois loin, et à la fois comme si c'était hier. Notre première rencontre s'est faite en 2003, sans que nous nous en rendions compte ni l'un ni l'autre. Je l'ai aperçu, au secrétariat de l'IUT où j'étais, on s'est regardés, j'ai retenu son regard et rien de plus, jusqu'en février 2004 où il faisait un concert avec mon ex-petit ami et son ex-petite amie dans un bar, là où nous faisions nos études.
Puis mon ex-petit ami en question l'a invité à mon anniversaire, fin avril 2004. On a sympathisé, dansé ensemble en boîte... Jusque-là rien de bien méchant, en somme. Il avait rompu un peu auparavant, moi peu après, une histoire sans importance entre temps.
Et puis s'en est suivi un échange de numéros, en tout bien tout honneur, vraiment, et des tas de mails à la journée, les appels, les soirées passées à écouter tous les deux la même radio et s'envoyer des sms au moment où des chansons nous touchent. Des confidences, des éclats de rire... On s'est rapprochés, doucement.
Il devenait mon plus grand confident, je semblais être la sienne, on se disait que nous étions deux âmes soeurs, parce que c'est pas possible de penser toujours la même chose, au même instant, d'avoir une vision si parallèle, tous ces détails.
Et puis en mai, il y a les « aveux », lui qui tombait amoureux, qui osait pas trop en parler, moi qui voulait rien changer, j'avais souffert et j'avais peur de m'attacher, pourtant depuis le début, je savais bien que...
On se rapprochait encore, juillet, le 22, Harry potter 3 au cinéma, tous les deux. Une envie de l'embrasser, comme j'ai jamais ressenti ça pour personne, lui qui me caresse le bras... On a dû voir en tout la moitié du film. Les câlins, main dans la main dans la rue, mais rien de « concret » là encore, pourtant le verdict était clair : j'étais amoureuse. Le ventre qui vous chatouille, les petits rêves qu'on n'ose pas, les gestes qu'on pose en espérant qu'ils soient pas trop interprêtés pour ce qu'ils sont en réalité. Pourquoi j'ai rien fait hein... Je ne sais pas.
Il est ensuite parti en vacances quelques jours. J'ai cru mourir sans sa présence, lui qui cumulait les cartes téléphoniques, les appels des heures tous les jours, les lettres postées chaque jour chez moi, 7, 8, 9 pages, ça dépendait, mon coeur qui battait à chaque appel, à chaque message. Et le 27 juillet au soir, mes premiers « véritables » mots. Il y avait eu avant, mais là... Je me rappelle, je lui avais envoyé des paroles, et je lui avait fait comprendre que je l'aimais, c'est pas quelque chose que je dis n'importe comment. Je voulais pas le faire par sms ou téléphone, alors les sous-entendus m'ont bien aidés.
Et puis il m'envoyait des messages jusqu'au moment où il s'est trompé de destinataire, il y parlait de moi, de mes mots. Je l'ai appelé, un peu vexée, peut-être gênée d'être « comprise ». Il était mal, et ce soir là, il m'a crié dans le téléphone qu'il m'aimait. J'ai jamais tant tremblé. Je m'en souviens, parfaitement. Il a écourté ses vacances : une semaine au lieu de deux. Il est revenu, le 1er août, est venu chez moi le 2. On avait fait un pari, je me rappelle, que j'oserais pas l'embrasser, début juillet. Alors j'ai fait ressortir le pari.
C'était le 2 août, nous étions assis dans l'herbe, près du port de chez moi, il avait sa guitare, il chantait, et puis il a joué la chanson qu'il avait faite pour moi. J'me suis mise à pleurer, comme à chaque fois où je l'entends. Il m'a serrée dans ses bras, on s'est fixés, un long moment, et je l'ai embrassé. Un premier petit baiser d'abord, je me souviens avoir reculé ensuite, pour voir la réaction en fait, grande timide... Il semblait tout punaise j'y crois pas et on s'est embrassé encore, et encore, plusieurs heures comme ça, juste nous au monde, assis dans l'herbe. À en reparler, c'est notre plus beau baiser, à tous les deux.
Ce jour-là, je lui ai dit que je l'aimais pour la première fois, j'attendais ça, tellement. Et c'est sorti, sans réfléchir. Aujourd'hui, ça fait un peu plus d'un an. 15 mois pour être précis.
Des milliers de choses se sont passées, j'ai appris de lui beaucoup, j'ai appris l'amour dans ses bras, moi qui pensais le connaître, je me suis bien trompée. Il a aussi, apparemment, appris beaucoup. Comme dessinés l'un dans l'autre, comme deux moitiés à qui la vie a permis de se rencontrer. J'ai découvert le bonheur, aussi. Celui qui voulait me faire croire en lui avant, ce qui avait bien marché, et pourtant, face à notre bonheur, il ne valait rien.
Nous avons décidé de vivre ensemble. Il en parlait et puis je le voulais aussi. Cela fait un peu plus de deux mois, et les projets qui se dessinent, une volonté de vivre, près de lui, chaque jour, jusqu'à la fin. Laisser le temps filer, avoir des enfants - quand nous serons prêts, acheter un appartement aussi - dès que nous aurons une situation, et lui qui s'arrête devant les magasins de robes de mariée, lui et ses envies, moi et les miennes, qui se recoupent. Une sorte de fusion. On peut plus l'un sans l'autre. C'est notre histoire, en résumé, et c'est ce qui me fait vivre.