Y a-t-il quelque chose de plus terrorisant pour une célibataire qu'entendre parler mariage ? Oui : devoir assister à un mariage. Pire, l'horreur suprême : être demoiselle d'horreur, oups, demoiselle d'honneur à un mariage.
D'abord, se pointer seule à un mariage, c'est le pire supplice que j'aie jamais connu. Tout ce bonheur qui me saute au visage, cet amour qui coule, qui déborde de partout, c'est tellement beau… et tellement triste. J'ai beau me préparer psychologiquement, après un mariage, je suis totalement anéantie, il ne reste que des petits bouts de moi que personne ne ramasse, même pas un autre célibataire. Parce que ce mythe des mariages qui foisonnent de célibataires, je veux bien y croire, mais je l'ai jamais vécu. Les mariages auxquels j'ai assistés sont toujours pleins de couples heureux fiers de l'être. Point barre.
Mais il existe bien pire encore. Le summum du cauchemar, c'est d'être témoin, ou demoiselle d'honneur, à un mariage. Je l'ai vécu trois fois déjà. TROIS FOIS. Et j'ai à chaque fois été émue aux larmes, gros veau féminisé que je suis. Ravie de cet honneur qui m'était fait. Rêveuse. Et j'ai fini au lit, dans un état proche de la limace en train de fondre sous l'effet des granules diaboliques. Il faut du temps pour se remettre de pareille épreuve.
Car je l'avoue, pour moi, y'a rien de plus beau qu'un mariage (même si trois mariages sur quatre finissent en divorce, gnark gnark, n'est-ce pas plus équitable ainsi, vis-à-vis des célibataires ?), que les mariages m'émeuvent au plus haut point et que oui, je l'avoue, je le crie, je le hurle, me marier, en blanc meringue (enfin, plutôt blanc cassé), en long avec une traîne de six mètres, devant le bon Dieu et toute sa clique, recevoir du riz plein les yeux, embrasser l'élu à pleine bouche devant tous ceux que j'aime et qui partageront ce moment, entamer une danse sur « notre » chanson, passer notre nuit de noces dans un palace, et croire que ça durera toute la vie, ça reste mon plus grand rêve. Et j'en fais le serment, je ne demanderai pas à des copines célibataires d'être demoiselles d'horreur. Promis juré craché.
Je lui dédie ce billet, elle se reconnaîtra, elle qui, en ce grand jour, se marie. Un billet qui n'est pas plein de colombes, de riz et de pétales de rose. Un billet à la Anaïïïïïïïs. Une célibataire peut-elle décemment parler de mariage avec des fleurs plein la bouche ? J'espère cependant que ce ch'tit cadeau lui fera plaisir…
Message subliminal : qui veut me demander en épousailles, là, tout de suite, soyons fous…
Illustration de Flobert