J'entend souvent les filles se plaindre de ne pas avoir assez de poitrine et rêver à quelque chose de plus gros...
Pourtant, il y a aussi celles qui rêvent d'en avoir moins. Celles-là ne peuvent pas faire de sport parce que ça secoue trop et que ça fait mal. Elles ne peuvent pas mettre de petits hauts décolletés parce qu'alors on ne voit plus que ça. Elles ne connaissent pas le bonheur de pouvoir porter des petits ensembles féminins et sexy comme les autres filles...
Il y a deux semaines, j'étais de ces filles.
Depuis, j'ai subi ce que l'on appelle une "réduction mammaire" (très poétique comme terme, me diras-tu).
Pourquoi ? Explications.
Depuis le collège, j'ai de la poitrine. À 11 ans, je faisais déjà un bonnet B. Toute ma scolarité, j'ai essuyé les remarques de personnes trèèès matures. A l'époque, on m'appelait "Pamela Anderson". Plus fin, tu meurs...
Plus tard, à 13 ans, ma grosse poitrine a parfois attisé la jalousie de celles qui n'en ont pas autant. Autant dire que, si jeune, psychologiquement, c'est dur.
J'ai grandi, grossi et encore pris de la poitrine (merci la pilule...) A 17 ans, j'étais donc dôtée d'un beau 85E, voire F.
Je ne suis pas très grande, pas très grosse non plus : effet "buste difforme" garanti !
S'ajoute à cela, les galères dans les magasins pour trouver des hauts qui taillent bien. Pour les maillots de bain, c'était l'horreur. La lingerie, je n'en parle même pas. Souvent, je sortais des boutiques les larmes aux yeux.
Avec tout ça, il faut supporter les gros problèmes de dos. Eh oui, la poitrine, ça pèse ! Visites à répétition chez l'osthéo, mal de nuque à la moindre station prolongée devant l'ordi et j'en passe...
J'ai donc commencé à réfléchir à une éventuelle opération. Enfin, un jour, sur les recommandations d'une amie, j'ai décroché mon téléphone et appelé un professeur en chirurgie plastique.
D'emblée, il m'a mise à l'aise. Il m'a d'abord exposé la façon dont l'intervention allait se dérouler et m'a confié une mission : perdre quelques kilos avant l'opération. Et ce, pour deux raisons : d'abord pour tester ma motivation (et oui, suis-je prête pour l'opération, au point de faire l'effort de lutter contre ma gourmandise ?), et aussi parce que certaines femmes, en perdant du poids, perdent de la poitrine, alors l'opération ne s'avère plus nécessaire.
Les kilos ont été perdus, motivation oblige !
Heureuse nouvelle ! Parce qu'elle est considérée "réparatrice", l'opération est prise en charge par la Sécu. Elle ne me coûtera rien.
Nous fixons la date de l'intervention.
Le 18 septembre 2007, je passe sur la table d'opération.
A mon réveil, j'avais enfin la poitrine de mes rêves. Un 85C. J'ai pleuré de joie.
Là, tu te demandes...
Est-ce que c'est douloureux ? Non, pas plus que des douleurs menstruelles, par exemple.
Est-ce que ça m'a fait bizarre ? Oui, au niveau de l'équilibre. Les premiers jours, j'avais l'impression d'avoir en permanence deux verres de rhum dans le nez.
Aujourd'hui, deux semaines plus tard, je ne regrette absolument pas ma décision.
Bon, il y a la fatigue post-op', les cicatrices (mais elles disparaitront), le soutien gorge de maintien super-sexy-de-la-mort à porter pendant deux mois (deux mois dans une vie, c'est quoi ?), l'impossibilité d'allaiter mon (ou mes) futur(s) môme(s).
Mais...
Ma poitrine ne bougera plus, elle ne tombera pas plus tard (si j'y fais très attention), je vais enfin m'autoriser les hauts féminins, faire du sport et, surtout, pouvoir me sentir mieux dans mon corps et dans ma tête...
En comparaison, tout le reste est anecdotique !