Telle que tu me vois, je suis dans la merde. Ou plutôt sous la flotte, coincée à Rapture, une cité sous-marine qui ferait pisser dans son froc n’importe qui. Une cité aux allures de Gotham City, imaginée dans les années 50 par un milliardaire timbré en quête d’une société « parfaite » où artistes, scientifiques et businessmen pratiqueraient leur art sans contrôle, tabou ou autres principes de précaution.
Si je suis là, c’est que le zinc censé m’emmener en vacances à L.A s’est crashé dans l’Atlantique, ne me laissant d’autre choix (c’était ça ou finir en engrais pour plancton) que d’explorer les terres hostiles de Rapture.
Et pour être hostiles, elles le sont, la faute à quelques expériences qui ont mal tourné. Au lieu d’inventer des trucs vraiment utiles pour l’humanité (un slip massant, un frigo qui se remplit seul…), les cerveaux de Rapture ont détourné un parasite sous-marin ou chais pas quoi pour produire des substances destinées à améliorer l’Homme. Le problème, c’est qu’à force d’en abuser, certains autochtones (les chrosomes) sont devenus dingues au point d’attaquer tout ce qui bouge, y compris les gentils touristes comme moi.
Dans le décor feutré de somptueux bâtiments, je dois donc me démener pour éviter de me prendre un coup de hache dans le dos ou un pruneau dans le cerveau. Pour survivre, j’ai même fini par me trafiquer moi aussi l’organisme en m’injectant le dopant local, l’Adam. Le truc étant aussi facile à trouver qu’une taille 38 un jour de soldes, ma vie n’est pas plus douce pour autant.
J’ai beau être curieuse de savoir ce qui a fait de la cité idéale un tel cauchemar, ce bled me fout le stressomètre à fond et je commence à me demander si je reverrai la surface un jour. Monde de merde. Pourquoi j’ai pas plutôt réservé un séjour à Center Parcs ?