« Over the Garden Wall », une série animée à la fois glauque et magnifique

« Over the Garden Wall » est une nouvelle série d'animation venue des États-Unis, dans laquelle des enfants perdus tentent de retrouver le chemin de leur foyer... et font de drôles de rencontres en chemin.

« Over the Garden Wall », une série animée à la fois glauque et magnifique

Je ne sais pas ce que les animateurs et scénaristes de cartoons américains prennent ces temps-ci, mais c’est de la bonne ! J’ai rarement eu ce sentiment d’être submergée de bonnes séries, aussi créatives et délirantes qu’intéressantes. Regular Show, Adventure Time, MLP FIM, Gravity Falls et même Korra, dernièrement, me font rire aux larmes et pleurer en souriant : c’est la magie du dessin animé.

Parlons donc de mon dernier coup de cœur, la courte série Over the Garden Wall, qui n’est pour le moment accessible qu’aux anglophones mais vaut carrément le coup.

Promenons-nous dans les bois…

Créée par Patrick McHale (qui a aussi travaillé sur Adventure Time), Over the Garden Wall est une série animée Cartoon Network sortie en novembre 2014 aux États-Unis et qui a mis dix ans à voir le jour. La série raconte l’histoire de deux frères, Wirt et Greg, qui sont perdus dans une forêt nommée « l’Inconnu » (The Unknown) et cherchent un moyen de rentrer chez eux. Ils voyagent en compagnie d’un crapaud mélomane, que Greg baptise d’une série de patronymes illustres avant de trouver le nom parfait, et d’une mésange nommée Béatrice qui les aide car elle leur doit un service.

De fantômes en sorcières, de rêves en cauchemars, les deux frères cherchent à retrouver leur route durant dix épisodes bien remplis, jusqu’à un final très sombre et très puissant au niveau des émotions, surtout pour une série principalement destinée aux enfants.

Des héros attachants dans un monde entre rêve et cauchemar

Les personnages sont attachants, très rapidement caractérisés. Wirt, l’aîné (doublé par Elijah Wood), est un adolescent délicat ; romantique au sens littéraire, il parle en tirades quand il ne se dispute pas avec son frère. Greg est un gamin à la fois adorable et insupportable. Il a une imagination sans limites et voit toujours le bon côté des choses en appréhendant le monde avec sa propre logique, mais il a du mal à se concentrer et à obéir aux ordres. Quant à Beatrice la mésange, son côté sarcastique donne un peu de relief aux dialogues et son passé est très intriguant.

over the garden wall

L’univers qui accepte les côtés les plus sombres du merveilleux est absolument fascinant. C’est un conte, un vrai, pas un produit aseptisé façon Disney (j’aime Disney, mais j’aime bien aussi critiquer Disney, il y a des moments où ça fait du bien). Néanmoins, l’histoire garde un fond positif et autorise des respirations durant lesquelles l’humour et l’émerveillement prennent le pas sur l’angoisse. L’ambiance est malgré tout glauque et mélancolique même dans les moments les plus drôles : la mort rôde, sous toutes ses formes, et les choses ne sont jamais vraiment ce qu’elles semblent être…

Mais le plus magique dans cet univers, ce ne sont pas des animaux écoliers, des morts qui reviennent à la vie ou des poissons qui pêchent : ce sont les liens qui se tissent entre les personnages et leurs relations.

Un concentré de talent à tous les niveaux

Cela dit, le rythme est parfois un peu rapide (les épisodes durent une dizaine de minutes, et il y en a dix en tout) : on voudrait en voir plus et rester plus longtemps en compagnie de tous ces personnages intrigants, dans cet univers mystérieux. Mais, comme le narrateur le souligne, la fin est très satisfaisante. [SPOILER ALERT] C’est un concentré de bonheur et d’émotions. [FIN DU SPOILER ALERT]

Over the Garden Wall

La série n’hésite pas à aller loin dans la flippette !

Visuellement, c’est aussi un petit bijou. L’animation va des mouvements répétés en boucle à d’incroyables effets de profondeur sans 3D, économies et expérimentations comme dans les cartoons d’avant guerre. L’ensemble se tient parfaitement et la mise en scène et le design sont admirables. On se croirait dans un de ces vieux livres pour enfants du XIXème siècle ! D’ailleurs, l’auteur dit tirer son inspiration de Gustave Doré (auteur des célèbres gravures illustrant les contes de Perrault), mais on peut y voir d’autres références : la littérature romantique avec ses mélanges historiques esthétiques, les premiers dessins animés et notamment le travail de Winsor McCay ou de Walt Disney sur les Alice Comedies, durant le magnifique huitième épisode.

La musique est également incroyable : mélancolique, avec de lancinants violons, un piano simple et dissonant à la Satie ou encore une chanteuse d’opéra, elle mêle une chanson aux allures de vieilles rengaines américaines joués par des crapauds sur un ferry, des chœurs d’enfants déchirants et des chansons aux paroles spirituelles et légères façon Broadway.

En somme, je ne peux dire qu’une chose : si vous parlez ne serait-ce qu’un peu d’anglais, donnez sa chance à Over the Garden Wall ! Les acteurs qui doublent les dessins animés ont souvent une diction plus claire que dans les séries live, et avec le support des images, c’est parfaitement compréhensible. Parce que franchement, cette œuvre vaut le coup, et j’ai bien peur qu’une traduction ne tarde à venir, ce qui est bien dommage…

On a là une gemme, un bijou intemporel à voir et revoir. Jetez-y un œil !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kamtcha
    Kamtcha, Le 2 janvier 2016 à 17h04

    Pour celles que ça intéresse, la moitié des épisodes est disponible en VOSTFR sur dailymotion (et le reste va arriver) :top:

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