Outlander, une romance engagée sur fond de cavaliers en kilts

Outlander est une des nouveautés de la chaîne Starz. Cette adaptation d'une célèbre série de romans oscille entre fantastique, romance et série engagée. Alors, ça vaut le coup ?

Outlander, une romance engagée sur fond de cavaliers en kilts

Il est temps de continuer le tour d’horizon des nouvelles séries de l’été 2014 ! Après The Strain ou encore The Knick, c’est au tour d’Outlander de passer sur le billard.

Ce nouveau programme n’a pas été accueilli en grande pompe, mais j’ai lu plusieurs critiques qui m’ont intriguée. À la base, je ne suis pas du genre fleur bleue, à m’émerveiller devant de beaux paysages tout en attendant patiemment que Cendrillon parvienne à retrouver son Prince (paumé à l’autre bout de la quatrième dimension). C’était un peu l’image que je m’étais faite d’Outlander, dont les premiers visuels semblaient un peu trop tirer vers le mauvais kitsch pour être intéressants.

Et puis j’ai lu différents avis, et je me suis dit qu’il fallait que je cesse d’être sectaire !

L’histoire (que tu connais peut-être) est celle des romans de Diana Gabaldon, Le Chardon et le Tartan. Elle suit le destin de Claire Randall, une infirmière qui profite d’un voyage post-Guerre Mondiale avec son mari… et est subitement envoyée en 1740, au beau milieu du conflit qui oppose l’Angleterre aux derniers Highlanders. Avec deux guerres pour le prix d’une, elle ne part pas franchement gâtée.

Le pitch de base a beau sembler un peu WTF, il est justifié par un environnement mystique et des coutumes écossaises selon lesquelles la magie émane de chaque caillou. Cette présence d’événements fantastiques apporte un joli twist à un pilote très bien réalisé, mais qui prend quand même vraiment son temps.

Outlander est une série à la photographie magnifique. Les paysages sont très joliment filmés, les costumes d’époques sont impeccables et les acteurs très propres sur eux. Caitriona Balfe, mannequin irlandaise, joue le rôle de Claire tandis que Tobias Menzies (aperçu dans Game of Thrones, et que j’ai retrouvé ici avec plaisir) interprète son mari ainsi que l’ancêtre de celui-ci. Sam Heughan, quant à lui, est Jamie Fraser, le beau gosse musclé au visage toujours un peu crado.

Le triangle amoureux semble former le coeur de la série. Ayant laissé son gentil mari seul en 1945, Claire ne tarde pas à être sensible au culte du kilt écossais… Il s’agit bien d’une romance, et les sentiments de l’héroïne risquent d’être le fil conducteur des épisodes. Pourtant, même si le début du pilote est un peu long (et marqué par une voix off bien écrite mais un peu trop présente), l’épisode gagne en rythme dans sa deuxième moitié. C’est à ce moment là qu’Outlander se dévoile et devient bien plus qu’une version des Feux de l’Amour outre-Manche.

« Regarde, une coccinelle ! »

Le Chardon et le Tartan n’est pas seulement une série de bouquins pour les dames avides d’épique et de romantisme : c’est avant tout une oeuvre qui évoque la médecine de guerre, la condition de la femme et la lutte contre l’extermination de la culture écossaise.

La série semble féministe sur plusieurs points : le sexe, la culture du viol ainsi que le sexisme. En 1740, les femmes n’étaient guère plus que des sous-fifres dans lesquelles on pouvait fourrer de temps à autres son appendice génital en signe de domination. Elles étaient aux fourneaux, à la maison, s’occupant de la marmaille et n’avaient pas accès à l’éducation. Claire, venue des années 40 où tout n’était déjà pas rose, est quelque peu choquée ! Elle est une femme instruite, ayant des connaissances approfondies en médecine, et surtout, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds par les mâles.

Le sexe est évoqué de manière moins fantasmée et bestiale que dans Game of Thrones par exemple. Voir une scène de cunnilingus n’incluant ni lesbiennes, ni évocation comique, ça fait franchement du bien au moral.

Et puis, il y a la bagarre aussi.  

Outlander est un très bon divertissement ; on a là une série originale avec de bons acteurs et une réalisation impeccable. C’est un beau mélange d’action, d’histoire et de poésie sur un fond plus sérieux qu’il n’y paraît. J’avoue, je continuerai à regarder American Horror Story avec un peu plus d’entrain, mais je pense m’attacher à cette nouveauté qui promet de devenir plus riche de semaine en semaine.

Et même si je suis plus jean que kilt, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Korbac
    Korbac, Le 9 juillet 2016 à 1h17

    Sans faire ma rabas-joie, ça reste quand même très romance, et je trouve l'actrice principale horriiiiiblement agaçante ce qui rend les choses difficiles à suivre :stare:

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