On est tous le ringard de quelqu’un d’autre

La scène se passe devant la gare, alors qu’un club de retraitées attend patiemment l’arrivée de leur bus Club Med’. Elle arrive d’un taxi, avec sa coupe au carré et son air tranquille. Pour ne pas laisser ses facultés motrices en friche, depuis sa retraite elle s’est inscrite à l’atelier « peinture sur soie » de son […]

On est tous le ringard de quelqu’un d’autre

La scène se passe devant la gare, alors qu’un club de retraitées attend patiemment l’arrivée de leur bus Club Med’.

Elle arrive d’un taxi, avec sa coupe au carré et son air tranquille. Pour ne pas laisser ses facultés motrices en friche, depuis sa retraite elle s’est inscrite à l’atelier « peinture sur soie » de son village. Battante de nature, elle s’est attelée à la face Nord de la peinture sur soie : une veste matelassée, ornée de faisans barbottant dans un marécage. Six mois de travail acharné ont été nécéssaires pour fignoler les bestioles et leur chatoyantes plumes. La voyant arriver, lunettes Chanel années 60 et emmitouflée dans sa veste bariolée, ses amies ont ouvert grand les yeux d’admiration.

Ce matin, en marchant derrière cette inconnue d’une soixantaine d’années vêtue d’une veste en « peinture sur soie », j’ai ouvert grand mes mirettes de stupeur. Mon Dieu, je n’ai jamais vu un truc aussi ringard. Je m’approche et distingue des faisans et des roseaux, dans les tons verts et roses. Cette personne a un moral d’enfer pour porter un truc pareil.

Le staïle a une hiérarchie mouvante

Je lui dois l’idée de départ de cet article : « est-on toujours le ringard de quelqu’un d’autre ? ». Cette mamie était si sûre de son fait que même si je lui avais dit « Ginette, ta veste craint du boudin », elle m’aurait regardé comme une (vieille) afro-américaine méprisante, c’est sûr. Pourtant, j’en suis sûre maintenant, le staïle a une hiérarchie mouvante, comme la chaîne alimentaire a son phytoplancton et ses superprédateurs. Oh mais rassure-toi, j’ai du y réfléchir à deux fois avant d’en arriver à cette géniale conclusion.

Oui, on est toujours le ringard de quelqu’un d’autre. Pire encore, on se croise, on vit les uns contre les autres (et on danse les uns avec les autres) et, sans le savoir, chaque jour on est classée. Pour illustrer ce propos de manière amusante, faisons un petit jeu : note le nom de dix amies, et relie-les de manière suivante : Marie « est plus ringarde que » Sandrine, qui « est moins ringarde que » Fabienne qui « est aussi ringarde que » Justina. Ce ludique TP te permettra de mettre en image ce cours théorique. (La rédaction décline toute responsabilité si les intéressées tombent sur ce papier. Jeu de bitchs, jeu de vilains, on l’a toujours dit).

Mamie Plume de paon a continué son chemin, avec sa cour de copines super impressionnées. Comme quoi, de 15 à 60 ans, même combat pour être la reine de sa bande… Mais quand même, elle m’a laissé perplexe : est-on vraiment tous le quelque chose de quelqu’un d’autre ? « I couldn’t help but wonder ». Et toi, tu en penses quoi ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 8 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Starbucks-lady
    Starbucks-lady, Le 1 juin 2008 à 2h01

    C'est pas bien de se moquer de la veste de ma grand mère :sad: .
    (Humour pourri, bonjour).

    On est tous le con de quelqu'un d'autre. D'ailleurs jaimerais bien savoir la conne de qui je suis.

Lire l'intégralité des 8 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)