Offrandes et offenses

Tout à l’heure en venant au boulot, il y avait une jolie fille, avec des talons vernis, des bas noirs qui remontaient au-dessus du genou et une jupe à mi-cuisse. Pas vulgaire, juste élégant. C’était la première journée de soleil à Berlin depuis une éternité. Des mecs se sont mis à cracher sur son passage. […]

Offrandes et offenses

Tout à l’heure en venant au boulot, il y avait une jolie fille, avec des talons vernis, des bas noirs qui remontaient au-dessus du genou et une jupe à mi-cuisse. Pas vulgaire, juste élégant. C’était la première journée de soleil à Berlin depuis une éternité.

Des mecs se sont mis à cracher sur son passage.

Je ne suis pas sûre que la jolie fille va remettre de sitôt sa tenue, je ne suis pas sûre que je vais sortir mes propres jambes avant la plage (tant que j’ai encore le droit).

Quand je mets une jupe, c’est pour vaporiser un peu de bonheur autour de moi. Non que j’aie des jambes de tueuse à gage, mais ça va, pour l’instant les vergetures ne dépassent pas trop, hin hin. Qu’est-ce qu’on veut ? Etre remarquées (bien sûr) avec respect (forcément). Idéalement, faire sourire.

Un décolleté, une mini-jupe, une culotte qui dépasse, c’est un cadeau qu’on fait aux hommes (et à notre narcissisme, faut pas déconner). Mais c’est un cadeau.

Alors déjà que les hommes ne nous en font pas des masses, des cadeaux comme ça (vous pensez que ça fait tapette d’être mignon ? Et alors, vous croyez qu’on n’aime pas les pédés ? Vous imaginez qu’on ne se fait pas traiter de salope, et que c’est pire, et qu’on vous fait plaisir quand même ?), je suis écoeurée. Les remarques cruelles (”celle-là elle aurait pu se rhabiller, vu le bourrelet qui dépasse“), les tentatives vaseuses (jamais de tentative avant un contact visuel consistant), les lâchetés quotidiennes (”ouais moi je suis pas un homme-objet, les topmodèles n’ont qu’à mater ma beauté intérieure sous mon baggy dégueulasse“), ça s’appelle salir le plus joli des cadeaux, et cracher dans la soupe.

Heureusement qu’il reste quelques gars qui savent jouer sans jouir, sourire sans salir, apprécier sans profiter. On les croise dans la rue, on sait qu’ils ont fait un effort, ils rayonnent parce qu’ils savent que les filles le remarqueront… c’est tellement simple bordel. Il y a une petite connivence pendant un petit instant et ça rajoute un petit peu de soleil. Tout le monde en sort grandi et heureux. Recevoir, donner, respirer. Allez, maintenant filez tous acheter un jean taille basse, hop hop.

  • Sexactu, le blog de Maïa (qui ne parle pas que de sexe)
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