Odete

Odete, pas forcément une grosse attente pour les débuts 2006 dans la mesure où on avait fort peu d’informations susceptibles nous éclairer sur la nature du film. Bien sûr il y avait le synopsis qu’on a ou lire sur Internet et dans les magazines cinéma, assez attirant. Mais plus loin que ça on ignorait tout, […]

Odete, pas forcément une grosse attente pour les débuts 2006 dans la mesure où on avait fort peu d’informations susceptibles nous éclairer sur la nature du film. Bien sûr il y avait le synopsis qu’on a ou lire sur Internet et dans les magazines cinéma, assez attirant. Mais plus loin que ça on ignorait tout, et c’est parce qu’Odete est un film portugais et qu’on sait en France bien peu de choses sur le réalisateur, Joao Pedro Rodrigues, dont ce n’est d’ailleurs que le second film ; de même au niveau des acteurs.

On ne pouvait donc que se rattacher au petit résumé de l’intrigue qu’on lisait par-ci par-là. Deux histoires d’amour qui se rejoignent autour des personnages d’Odete et de Rui. La jeune femme rêve d’avoir un enfant avec son compagnon et le fait fuir en lui parlant de son désir ; le jeune homme se retrouve seul lui aussi lorsque son petit-ami Pedro meurt dans un accident de voiture.

Les deux solitudes vont se rejoindre, paraît-il, et si les quelques mots qu’on aperçoit sur l’affiche (« l’amour est plus fort que la mort« ) semblent un peu bidons, on peut tout de même espérer un peu à partir d’un tel synopsis, en priant pour qu’Odete ne tombe pas dans le larmoyant.

Et ce n’est heureusement pas le cas ; Odete est un film un peu bizarre. Assez joli par son thème, mais assez étrange dans la façon dont la chose est traitée et rendue à l’écran. Il y a donc Odete, jeune femme dont le désir d’avoir un enfant va aller très loin. D’abord, elle se contente de le demander à son petit-ami, lui annonçant qu’elle a arrêté la pilule. Enervée face à son refus, elle le vire de chez lui, et il l’abandonne. Odete est désormais seule. Seule, du moins jusqu’à ce qu’elle ne se rende à l’enterrement de Pedro.

Pedro lui était le petit-ami de Rui. Le film s’ouvre sur une très jolie scène, le couple se séparant après s’être échangé des bagues puisque Pedro doit partir, ayant a un examen le lendemain. Rui le rappelle quelques minutes après pour lui souhaiter bonne chance et assiste, par téléphone, à son accident de voiture. Rui reste donc lui aussi seul après cela.

Voilà donc le point de départ d’Odete. Deux personnages abandonnés d’une façon ou d’une autre par celui qu’ils aimaient. Et il y a donc cet enterrement, véritable tournant pour Odete qui ne connaissait Pedro que parce que c’était son voisin. Et voilà que la jeune fille est d’une certaine façon attirée par le cadavre et tombe peu à peu dans la folie, s’enferme dans son monde.

C’est ça, l’histoire d’Odete. D’Odete autant que de Rui : comment faire face à la perte de quelqu’un, ou d’un désir. Comment résister à la réalité. Odete trouve la solution qui lui convient le mieux en entrant dans un monde tout à fait différent, celui de ses rêves autant que celui de la folie tant il contraste avec celui dans lequel elle vivait auparavant. Rui lui lutte contre la mort qui l’attire et cherche tant bien que mal à se détacher du souvenir de Pedro.

L’univers est sombre, le film finit assez bizarrement. Quoiqu’il en soit il reste que beaucoup de plans de ce film sont très réussis, mais ne parviennent peut-être pas à effacer le sentiment de malaise qui prend petit à petit le spectateur, étonnamment bien plus face au personnage d’Odete qu’à celui de Rui…

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