Ces obligations absurdes du quotidien

Certaines obligations, qu'elles entrent dans le cadre de la loi ou non, sont particulièrement incompréhensibles. C'est une SPP traumatisée qui en discute avec vous aujourd'hui.

Ces obligations absurdes du quotidien

Pour vivre en société, il faut parfois se soumettre à des règles, qu’elles soient inscrites dans la loi ou totalement implicites et admises dans nos comportements. Souvent, ça coule de source, c’est le truc le plus naturel du monde et quand on voit des gens enfreindre ces règles, on ouvre parfois des yeux ronds de surprise. Mais parfois c’est simplement absurde.

Je ne parle pas des lois WTF comme l’interdiction d’appeler son cochon Napoléon en France ou de prendre les transports en commun le dimanche si on a mangé de l’ail à Toronto. Déjà parce que la première ne fait pas vraiment partie du quotidien de la majorité d’entre nous, et la seconde dépend selon moi d’un bon sens un peu poussif.

Ça c’est moi quand je repense aux moments où je me suis énervée verbalement contre ces règles qui craignent.

Revenons plutôt sur les obligations absurdes du quotidien, parce que ça va bien cinq minutes.

Les bagages à main dans l’avion

Ce matin, pendant que je rattrapais mon retard sur l’actualité, j’ai vu qu’il y avait un nouveau post sur le tumblr de So Do Myth (derrière lequel j’ai fini par comprendre qu’il y avait Thomas Hercouët, de L’originale) (je viens de comprendre le jeu de mots aussi) (laissez-moi, il n’est jamais trop tard). Je t’invite à le lire, parce qu’en plus d’être drôle comme un pet de fouf il est très vrai : tout ceci est fort relou.

On te demande, dans ton bagage à main, de ne pas transporter de flacons de liquide ou de pâtes (type dentifrice) de plus de 100ml, et de ranger tout ça dans un petit sac congélation. Un mini mini sac, parce que sinon c’est pas rigolo tu penses bien. Et puis surtout, tout le monde sait qu’avec 150ml de dentifrice et trois gouttes de parfum tu peux faire sauter un continent, alors soyons tous très prudents.

Du coup, même si t’es du genre à faire ta valise en trente secondes, tu vas quand même perdre vingt minutes à retourner ta salle de bains pour trouver des flacons adéquats, puis à essayer de faire tout rentrer dans un sac conçu pour abriter en temps normal deux cuisses de poulets et des légumes en cubes.

L’idée, c’est de sortir ce sac de ton bagage-cabine suffisamment tôt avant le contrôle de sécurité de l’aéroport pour ne pas créer un embouteillage, mais suffisamment tard pour bien montrer que ça rentre dans ta petite valise. T’as passé cette première étape ? T’as bien jeté ta bouteille d’eau comme Roger l’agent de sécurité te le demandait ? C’EST PAS FINI.

Parce qu’ensuite, tu te retrouves au duty-free, a.k.a. la fête du slip du choix en terme de trucs à boire, à manger, à fumer, à offrir ou à mettre dans son anus (après tout, oui, une bouteille de Ricard rentre aisément).

Mais tu n’as toujours pas droit à plus d’un bagage cabine, et on a tendance à se faire plaisir avant de repasser l’ultime contrôle de sécurité, mais c’est une bien triste erreur. Je me souviens d’une fois où j’en avais profité pour acheter une bouteille de whisky pour l’offrir à un proche. J’ai dû refaire 15mn de queue parce que l’hôtesse me demandait expressément de mettre mon sac de courses dans ma valise, déjà blindée.

POURQUOI, DU COUP ? Pourquoi faire croire aux gens que la torture est finie, qu’ils vont pouvoir disperser toutes leurs affaires dans plusieurs cabas, alors qu’on va juste continuer de faire semblant que tout rentre dans notre bagage cabine ?

À la fermeture éclair de mes sacs pour prendre l’avion, la Patrie de moi-même reconnaissante.

Et ce qui me fout vraiment les boules, c’est que je ne peux pas rester dix minutes sans boire une gorgée d’eau, donc je suis obligée d’aller acheter une bouteille à 1599 boules le litre une fois que j’ai franchi le contrôle.

Et si ceci était un selfie de moi pardon mais ça se saurait.

J’ai dans l’idée que c’est une façon de nous faire regretter de partir en vacances. Voilà. C’est dit. J’ai peur de rien.

Attendre le contrôleur quand on a oublié de composter

Oui, je sais : pour ne pas avoir d’emmerdes, autant être totalement réglo. C’est ce que je fais, la plupart du temps. Mais quand je prends le train, parfois, je suis à la bourre. Alors oui, il m’arrive d’oublier de composter mon billet. Généralement, j’attends que le contrôleur/la contrôleuse passe, je le lui dis, il/elle me fait un petit dessin dessus et tout va bien.

Sauf qu’un jour, j’ai attendu, attendu, et personne n’est jamais venu. J’étais triste et en plus j’avais de la fièvre parce que ma passion, c’est de choper la crève toutes les trois semaines. J’ai attendu jusqu’à me laisser happer par le sommeil.

Et évidemment, je me suis réveillée sous les « MADAME » agressifs du contrôleur (parce que je vis dans un monde parallèle où les inconnus sont méchants quand je me réveille, ce qui me fait me dire que je dois ronfler sévère). Si ça se trouve, si j’avais pas dormi, il aurait été gentil, ce même monsieur. On sait pas, on ne le saura jamais.

Alors j’ai voulu lui expliquer que « s’il vous plaît ne me mettez pas d’amende monsieur l’agent j’suis allergique et en plus j’ai essayé de tenir jusqu’à votre premier passage pour vous dire que j’avais pas composté mais je suis malade vous comprenez alors j’ai sombré comme une merde, pardon mais vraiment s’il vous plaît quoi l’argent ça coûte cher et demain c’est mon anniversaire », un truc du genre. Mais rien à faire.

Car le mec m’a dit « de toute façon, passer une première fois, c’est pas une obligation commerciale ». Ah bah alors d’accord, autant prévenir, qu’on se prépare mentalement. Quand même, ça fait mal au fion de payer le double du prix du billet en frais supplémentaires. Un mois plus tard, j’ai toujours mal au coccyx.

Depuis, je composte. Et quand j’oublie de composter, j’écris dessus COMPOSTÉ À LA MAIN LE [insérer ici la date] au cas où. Pour l’instant, pas de contrôle, du coup je ne peux pas vous assurer que cette méthode fonctionne.

Les salles à capacité réduite

Il y a quelques mois, je m’inscrivais à la gym suédoise, histoire de me défouler et suer comme un boeuf quand j’en avais besoin. Pendant longtemps, j’en ai pas eu besoin, et puis un jour, un pic de stress et me voilà partir à l’autre bout de la ville pour assister à un cours un peu hardcore. Évidemment, un retard sur ma ligne de métro m’a fait arriver pile à l’heure de la leçon et c’est en trois secondes et demi que je me suis déshabillée pour enfiler ma tenue de lumière sportive du dimanche.

J’entre dans la salle où les autres étaient déjà en train de s’échauffer et je m’y suis mise aussi. Jusqu’à ce qu’une employée vienne me dire « il faut partir maintenant, parce que c’est une salle à capacité réduite, qu’on est déjà 30 et que je suis obligée de vous refuser déso ». (En peut-être plus poli je sais plus, j’étais perdue.)

Une salle. À capacité. Réduite.

Ça veut dire qu’une personne en plus fait un battement de cuisse et on implose tous ? Est-ce que si une personne supplémentaire fait un pas chassé, le sol s’ébranle sous la ville toute entière ?

« John a bravé l’interdiction de faire du rameur à plus de 20 personnes dans la même pièce. L’avenir de la planète étant de ce fait en danger, c’est à lui que revient la tâche de sauver l’humanité. » Synopsis de Die Hard 6

J’aurais voulu que la dame passe outre cette « obligation de me refuser », parce que ce jour-là, j’avais vraiment besoin de faire du sport. Je sais que c’est faire preuve de mauvaise foi et d’égoïsme de réfléchir ainsi, mais j’avais vraiment les boules et encore maintenant, je suis suffisamment vexée pour éviter cette salle pour toujours.

De toute façon j’ai claqué la porte dans un élan de draaamaaaa, plein de gens m’ont vue et je suis aussi gênée que si je m’étais mise toute nue jambes écartées en pensant être chez le gynéco alors qu’en vrai, j’étais chez le dentiste. Je me sens pas trop partante pour retourner y montrer ma tête.

Les règles nulles, qui me semblent avoir pour seule explication « c’est comme ça et pas autrement », c’est LE truc sur Terre qui me rend vraiment dingue et malpolie. Le seul truc. Toutes les fois où je me suis vraiment énervée dans ma vie, c’était à cause de ça. Rien que de l’écrire, j’suis à cran (mais pas au point d’avoir envie d’aller à la gym suédoise).

Quelles sont les règles absurdes dont tu ne comprends ni l’existence, ni l’intérêt ?

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