Marie, Dario et leur chien marin Oï partent voguer 3 ans sur les océans Atlantique et Pacifique

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Marie et Dario se sont embarqués dans une grande aventure : le 10 septembre, ils lèvent l'ancre pour trois ans de voyage en mer, à bord du bateau de leur école de voile itinérante Nomade Voile

Marie, Dario et leur chien marin Oï partent voguer 3 ans sur les océans Atlantique et Pacifique

Il y a plusieurs mois, j’ai découvert dans la boîte mail dédiée aux témoignages un message qui m’a beaucoup intriguée.

« Nouvelle Épisode de nos aventures ! Le mois dernier on est allé en Irlande, c’était la première grande nav pour Oï qui s’est révélé être un chien très marin !

Bon visionnage et à bientôt,

Marie »

Ni une ni deux j’ai ouvert la vidéo, pour y découvrir Marie, Dario et leur chien Oï, voguant vers les côtes irlandaises sur leur voilier.

De fil en aiguille, j’ai compris que Marie et Dario préparaient un immense voyage sur trois ans (TROIS. ANS. !!!) et on a décidé avec Marie de se rencontrer cet été, dans leur port d’attache à La Rochelle, pour qu’ils me racontent leur histoire.

Résultat, ils m’ont carrément emmenée passer une journée en mer avec eux, un couple d’amis et un couple de stagiaires qui venaient apprendre à hisser la grand’voile !

Marie, l’aventurière embarquée

Quand on regarde Marie, on pourrait penser qu’elle a la navigation chevillée au corps depuis sa plus tendre enfance : les cheveux au vent, à l’aise sur le bateau, des tatouages à l’inspiration marine qui ne datent pas tous d’aujourd’hui…

Pourtant, avant l’année dernière, elle n’avait jamais vraiment mis le pied sur une embarcation. Originaire des Yvelines, elle a fait une licence Arts du spectacle à Rennes, puis ne souhaitant pas faire de la recherche, elle s’est échappée du milieu universitaire.

C’est comme ça qu’elle a atterri à Toulouse, pour faire un service civique dans l’association La Petite dont elle s’est attachée à mêler les deux essences : la musique électro et la défense des droits des femmes.

Chaque année, avec ses meilleurs potes, elle se livrait au rituel des « points de septembre », pour faire le bilan de l’année passée et fixer les attentes qu’elles avaient pour celle qui arrivait.

Cette année-là, dans la colonne objectifs, il y avait entre autres « repartir au Brésil ».

Comme un acte manqué

Les parents de Marie, au moment où elle s’installait à Rennes pour faire ses études, se sont expatriés d’abord en Italie, puis au Brésil, où elle est allée leur rendre visite plusieurs fois.

Et à la suite de son service civique, elle avait donc décidé d’y voyager de nouveau avec son meilleur ami pour deux semaines, car ce pays « plus tu le découvres, plus tu es frustrée de ne pas en connaître davantage ».

Enfin, deux semaines, c’est ce qui était prévu… Car elle s’est malencontreusement plantée dans la date de réservation du billet retour, pris un mois plus tard. La voilà donc dans ce grand pays, sans vraiment d’argent pour y subsister quatre semaines supplémentaires, mais sans réel autre plan non plus.

Après une expérience avortée de Wwoofing, elle a jeté son dévolu sur une annonce du site workaway.info, qui propose en échange du gite et du couvert de rendre service à des particuliers. Paf, c’est comme ça qu’elle a mis le pied sur un bateau pour la première fois ! Celui d’un breton « façon Capitaine Haddock » qui avait besoin d’aide pour quelques travaux.

« En réalité, j’ai compris qu’il avait surtout besoin de compagnie. Après m’avoir testée en me donnant rendez-vous dans un bar dont je n’avais pas l’adresse, il m’a embarquée en mer dès le premier jour après m’avoir servi un petit dej de reine ! »

Et c’est au cours de cette semaine que « par hasard » un marin qui mouillait dans les mêmes eaux s’est approchée à la rame de leur bateau pour demander une info, et a ainsi fait sa connaissance.

« A la fin de cette semaine, il remontait vers Rio à la voile avec son co-équipier. Il m’a proposé de venir avec eux, et comme je n’avais rien de mieux à faire, j’ai accepté ! »

Marie sur le pont, et Dario en orange à ses côtés.

« Option Pacifique : OK »

Vous l’aurez peut-être deviné, cet homme, c’est Dario. Un sud-américain qui organise des stages de voiles itinérants sur son bateau. Et quelques jours avant le vol retour, au bout d’un mois à tisser ce qui ressemble à un amour de vacances…

« Il est revenu de la douche un jour en me disant « J’ai eu une super idée ! ». Comme dans ces cas-là ça pouvait être quitte ou double, j’étais un peu effrayée… Et il m’a expliqué :

« – Et si on partait faire un voyage à la voile autour de l’Amérique Latine ?
– Heu, je sais pas.. Combien de temps ?
– 2 ans ? »

Mais, j’avais une vie en France. Et il a eu beau me dire que « ça pourrait être ça, ma vie », je suis repartie. »

Et évidemment, arrivée en France, la vie qui l’attendait ne lui plaît plus tant que ça.

« Je me souviens bien du déclic. J’étais chez mes parents, dans un canapé, à me dire que rien ne m’attendait vraiment… Alors j’ai envoyé un message, il était entrain de traverser l’Atlantique, donc c’était sur son téléphone satellite où on ne peut envoyer que quelques mots depuis un site internet. »

Le message ? « Option Pacifique OK ».

Un plongeon dans le vide ?

Et voilà. Dario devait dévier son itinéraire et passer par le Cap Vert, alors elle l’a rejoint là-bas. Ils ont commencé à remonter vers La Rochelle, d’où ils devaient préparer leur voyage.

Pas mal pour y vivre à l’année, non ? 

Inutile de vous dire que rien de tout ça n’était prévu dans le point de septembre, mais il faut parfois savoir saisir les occasions qui nous font rêver.

« J’ai jamais vraiment eu de passion, de choses dans lesquelles me jeter à corps perdu. La seule chose qui me faisait rêver à ce point, c’était le voyage.

J’avais toujours envisagé de partir loin, longtemps, mais à chaque fois ça coinçait dans mon couple : par exemple mon dernier ex était très attaché à l’endroit d’où il venait, il voulait se poser…

Alors là, j’ai fini par me dire : c’est le moment ou jamais. »

Après une brève séparation (en termes physiques uniquement) pour remettre des sous de côté à Toulouse pendant que Dario ralliait la Rochelle, la voilà qui stocke ses meubles et ses affaires chez ses grands-parents, pour n’emménager sur le bateau qu’avec le strict minimum. Pas facile pour quelqu’un qui a encore dans une boîte les mots qu’elle échangeait avec ses camarades en CP.

Nomade Voile s’en va voguer trois ans autour de l’Amérique Latine

Et les grands-préparatifs commencent. L’idée est de partir de La Rochelle, et à chaque étape du voyage, de proposer d’embarquer des stagiaires qui veulent apprendre à naviguer : c’est une école de voile hauturière (ndEsther : en haute mer), qui porte bien son nom : « Nomade Voile ».

Tu embarques à un point, tu débarques à un autre, entre les deux tu as acquis des compétences pour naviguer, et en échange tu verses une contribution !

Ici, l’équipée du jour accompagnée de Oï, le chien matelot.

C’est pas une mince affaire, de prévoir un immense voyage à la voile autour de l’Amérique Latine.

« Il faut consulter les Pilot Charts, des gros bouquins qui répertorient hémisphère par hémisphère les vents et courants dominants, mois par mois. Car de La Rochelle pour aller au Panama, si tu traces une droite directe t’as tous les vents dans la gueule. Donc t’es obligé de descendre sur les Canaries, le Cap Vert, et de là remonter sur les Antilles et le Panama.

Ensuite il faut gérer les dates pour pas tomber dans les saisons des cyclones dans les tropiques, dans les Caraïbes. Et après il faut avec un logiciel évaluer les distances, les miles nautiques qui séparent les destinations.

Après on fait une moyenne : on sait que notre bateau va en moyenne à 4,5 noeuds (ndEsther : ça fait un peu plus de 8km/h), donc on va regarder combien de jours ça va faire pour rallier les deux. Ça nous a pris peut-être deux mois de faire le planning.

En plus, il fallait qu’on cale des dates hyper précises pour pouvoir proposer les stages. »

Marie et Dario espèrent avoir assez de stagiaires pour financer le voyage. Même si eux ont un mode de vie peu dépensier – quand on n’a pas de loyer et de transport à payer, c’est déjà ça de gagné – le bateau est vite un gouffre à argent.

Mais comme expliquait Dario, « l’avantage c’est que la France a des petits bouts de territoires partout dans le monde ». Donc si besoin, ils s’arrêteront, histoire de travailler un peu avant de repartir… et pourquoi pas en Polynésie ?

Car leur itinéraire, le voici :

De l’Europe au Pacifique, tout autour de l’Amérique latine. Les étapes sont bien plus détaillées sur leur site

Objectif : passer plus de jours sur terre, qu’en mer. Marie tient à découvrir les pays traversés au cours de ce périple. Au final, il devrait s’étaler sur trois ans donc, même si la date du retour n’est pas exactement fixée.

La voile, c’est une belle philosophie de vie

Moi, je me demandais comment ils faisaient pour prévoir des choses aussi imprévisibles : après tout, la mer on la contrôle pas. Alors comment dire qu’on sera à telle date au départ de la transatlantique ? Ou à telle autre virant le Cap Horn ?

« En fait, le planning est susceptible d’évoluer. On n’a pas encore de réservations sur tous les trajets, pour le moment on en a seulement sur les premiers.

C’est écrit noir sur blanc que le stage peut être annulé en cas de gros pépin, retardé… Par exemple sur le voyage en Irlande, heureusement qu’on n’avait pas proposé de stage à l’aller car on est partis avec plusieurs jours de retard à cause d’une tempête.

Mais les gens sont compréhensifs, et sur certaines étapes si on n’a pas de stagiaires ça veut dire qu’on peut prendre plus notre temps. »

Ou au contraire, rogner sur les séquences tourisme pour repartir plus vite en cas de besoin. Je fais remarquer à Marie qu’il ne faut pas être control freak, pour avoir un tel mode de vie.

« La mer, ça rend hyper humble », elle me répond.

« À la base, j’ai un tempérament un peu colérique, ça va me faire chier d’avoir des imprévus, des contretemps. Du coup, le bateau m’a énormément appris à relativiser.

J’aime bien dire que tu prends le temps d’avoir le temps, ou que tu as le temps de prendre le temps, je ne sais pas dans quel sens. »

Et ça lui convient bien finalement à Marie. Même si elle pense que sa mère hyperactive ne supporterait pas le même mode de vie, elle, la rêverie c’est son truc. Et t’as le temps de rêver, sur un bateau.

« Une fois que tu es dans le bateau et au milieu de l’Atlantique, tu n’as plus de portable, plus d’obligations hormis celles liées au bateau et à tes besoins : te nourrir, faire tes quarts (ndEsther : les tours de garde pour éviter toute collision, surveiller les voiles… Marie et Dario alternent toutes les 3/4h la nuit).

J’aime bien être posée sur le bateau. Je peux rester 2h sur le pont à fixer… Rien. Je m’invente des histoires, j’ai toujours adoré faire ça. »

C’est pas pour autant qu’elle aurait pu être scénariste d’après elle, car elle « ne termine jamais rien ». Enfin là, elle est quand même sacrément près d’achever un bel exploit avec la préparation de ce voyage qui débutera le 10 septembre.

Et c’est aussi une façon de s’échapper

À partir de cette date là, pour elle aussi ce sera « Home is where the anchor drops ». C’est elle qui a dessiné ce tatouage qui orne le bras de Dario, avec une ancre.

C’est encore plus beau quand on sait que c’est vrai. Pour lui, c’est pas nouveau ce mode de vie, d’aller au gré des vents et des envies. Il a le pied marin depuis ses 15 ans et ses premières formations de voile amateur.

Je meurs d’envie de savoir ce qui lui a donné cette envie de voile, et Marie m’encourage : « J’adore son histoire ».

Dario, version professeur avec ses stagiaires. 

En fait, Dario est originaire d’Argentine. Ça y est, j’ai mis un nom plus précis sur l’accent chantant.

« Je lisais beaucoup de récits de gens qui découvraient le monde, les dernières grandes découvertes pour les blancs dans les siècles 18/19, des gens comme Charcot, comme Cook, Stevenson qui ont fait des tours à la voile.

C’était très différent par rapport à la ville où j’étais avec 15 millions d’habitants, étouffante, dangereuse. Buenos Aires au début des années 80, pour un local c’était l’enfer sur terre.

Il y avait la police de la dictature, les brigades de la mort le soir… Il y avait toute cette répression très active, beaucoup de gens en prison.

La ville est monstrueuse, très grande, il y a beaucoup de pollution, de bruits, de pollution visuelle aussi car c’était l’explosion du libéralisme avec de la publicité partout. »

Les violences quotidiennes qu’il perçoit comme fruit du capital livré à lui-même, ça le met en colère, à 14 ans. Il a envie d’autres choses, et la seule alternative qui soit faisable à ce moment là, c’est la voile justement. Alors dès qu’il est assez vieux pour traverser la ville tout seul, il s’y met.

« Sitôt que j’ai eu mes premières licences professionnelles, je donnais des cours. Mais en Argentine à l’époque c’était déjà assez compliqué de bouffer, pour s’acheter un yacht c’était pas évident. Donc je naviguais sur les bateaux des autres. »

Plus tard, il a fini par avoir son premier bateau, à lui. Au début, il n’y avait que la coque. Et puis petit a petit, il a construit l’intérieur, aménagé.

« Quand le bateau était un peu plus proche d’être fini, on a commencé à faire des croisières vers l’Uruguay, le Brésil. On n’allait pas trop au sud car on n’était pas équipés pour ça. Quand t’as 300 par mois tu vas pas t’acheter une salopette qui coûte 600. C’est pour ça qu’on a commencé à aller vers le nord où c’était plus doux, plus facile. »

Le téléphone sonne. « Business », Dario s’échappe vers l’avant du bateau pour répondre aux derniers clients de la saison.

Il a passé l’été à organiser des stages à la journée, et à louer une cabine du bateau en Air BNB la nuit. Histoire de remplir les caisses au maximum avant de lever l’ancre. Et cette fois, ce n’est même pas une image !

Un chien au pied marin

Pendant l’année, en parallèle de la préparation du voyage, Marie a elle tenté de garder un pied dans la culture en servant au restaurant du théâtre de La Rochelle, La Coursive.

« Bon, finalement c’était pas le meilleur plan pour voir les spectacles car du coup je travaillais pendant ce temps là. »

Elle a aussi réussi à convaincre Dario d’adopter Oï. C’est le fameux chien au pied marin.

« J’ai convaincu Dario en lui disant que ça ferait peur aux pirates. »

Aux pirates ?! Elle m’explique qu’elle ne parle pas de pirates similaires à ceux qu’on peut voir au niveau de la corne de l’Afrique, qui abordent des bateaux marchands, lourdement armés. Mais quand même, en Amérique Latine, certains pêcheurs qui vivent dans la misère attaquent parfois des particuliers, dont ils perçoivent le bateau comme un signe de richesse. C’est déjà arrivé à Dario.

« Quand il m’a vu revenir avec Oï du refuge, il a compris que je l’avais un peu trompé sur la marchandise. Disons qu’ils peuvent l’entendre, mais… il faudrait pas qu’ils le voient quoi ! »

Et c’est vrai que la bête couchée à mes pieds à ce moment de la conversation est loin d’être un molosse effrayant. Il est même carrément chou en fait, à se balader sur le pont, à sauter dans la cale.

Derniers préparatifs avant de lever l’ancre

Avant de partir, il faudra aller voir le vétérinaire pour faire les papiers qui lui permettront de descendre sur terre un peu partout dans le monde. Enfin, là où il n’y a pas de quarantaine – certains pays comme la Nouvelle Zélande ont dû être rayés du parcours pour cette raison.

C’est l’une des nombreuses choses à faire avant le jour J !

« Il faut aussi qu’on refasse notre trousse à pharmacie pour gérer une potentielle gastro à bord, que j’aille voir l’ophtalmo, le dentiste. Il y a aussi quelques travaux sur le bateau comme l’installation d’un générateur électrique. J’ai une to-do list longue comme le bras ! »

Alors on change vite de sujet, car c’est un bon prétexte pour stresser, de penser à tout ce qu’il faut encore faire.

Au moment où on rentre au port, l’équipée du jour s’apprête à laver la bateau à grandes eaux. C’est pas le même que celui dont on parlait au départ, mais celui-ci aussi, Dario s’est impliqué dans sa construction, qui a été effectuée en Argentine.

Il est en aluminium, plus léger, et les angles sont ronds pour ne pas se faire mal : on est quand même à bord d’une école ! 

« C’est un bateau à l’unité (ndEsther : façon de dire sur mesure), car ceux du commerce habituel ne sont pas suffisamment solides pour les grandes traversées. C’est très bien pour la côte, mais là on va rester jusqu’à 40 jours de suite en haute mer. »

40 jours pour faire Panama-Polynésie, et de nouveau pour faire Polynésie-Chili ! Un vrai défi, alors que la plus longue traversée qu’ils aient effectué jusqu’à présent a duré 26 jours, pour relier le Brésil à Quimper.

Je saute sur le pont après avoir dit au revoir, et 1000 merci à mes désormais marins préférés. « Et peut-être à bientôt ? », me lance Marie. C’est vrai que ça me déplairait pas, de les croiser du côté de Cuba ou du Chili !

Pour suivre les aventures de Marie, Dario et Oï :

Vous pouvez vous abonner à leur chaîne Youtube, puisqu’ils embarquent la caméra à bord !

Il y a aussi leur compte Instagram, @nomadevoile

Et bien sûr, le site internet de Nomade Voile où vous pourrez regarder leur itinéraire et les stages qu’ils proposent tout au long de ces trois ans au cas où vous ayez, vous aussi, le pied marin !

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Voici le dernier commentaire
  • Gringo
    Gringo, Le 3 septembre 2017 à 13h53

    Faut pas me mettre ce genre d'article maintenant... Je suis de nouveau tiraillée entre être près des siens au chaud et à l'aventure.

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