Notre Président trouvait sans doute qu’on s’ennuyait ces derniers temps dans les lycées, il a donc décidé de relancer cette bonne vieille polémique sur les filières du bac.
Et pas mollement : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C’est une blague » a-t-il déclaré, sans rire, hier à Châteauroux.
Allons bon, et pourquoi donc ? « Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu’est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l’économie et à l’arrivée ils ne peuvent pas se présenter. Ce n’est pas admissible ».
Les 30 % de bacheliers ES admis à HEC, (23 % à l’Essec et 31 % à l’ESCP-EAP) ne seraient que des miraculés du concours ? Les profs en charge de l’enseignement dans cette filière apprécieront sans doute cette façon originale de reconnaître leur travail…
Nicolas Sarkozy fustige, comme d’autres avant lui, la suprématie de la filière S : « Je ne peux plus accepter qu’au lycée, on aille dans la filière prestigieuse S pour des mauvaises raisons. Si on va dans la filière prestigieuse parce qu’on aime les maths ou qu’on veut être ingénieur parfait. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Il y a 47 % des lycéens qui y sont. Parce qu’on veut mettre tous les bons élèves dans la filière S et tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir la bosse des maths dans les autres filières, comme ES ».
Ceux qui pensaient que Nicolas Sarkozy mettrait la pédale douce sur sa réforme des lycées en sont pour leurs frais. Il l’a redit hier : « on la fera ».
Et visiblement pas dans la dentelle !








Le 01/02/2009 à 19h03
Et pour le débat qui a lieu ici sur les débouchés en général, c'est bien connu qu'en choisissant L, ES ou S, on choisit aussi le nombre de débouchés qu'on s'accorde à la sortie: L (littéraire), ES (Economique et littéraire), S (économique, littéraire et scientifique). C'est un choix que les gens ont fait en connaisance de cause. Donc oui, la filière scientifique et supèrieure en terme de débouchés mais non, elle n'est pas supérieure en général.
La valeur des choses se perd, surtout des choses littéraires on dirait
Le 01/02/2009 à 19h05
Le 01/02/2009 à 19h36
Oui complètement, justement mon sous entendu était qu'il n'y a pas qu'au lycée que quelque chose ne va pas, la preuve qu'on soit en L en ES ou en S ces bases ne sont souvent pas maitrisées.Après ça dépend aussi surement des établissements, perso j'ai fait des dictées jusqu'en seconde, et même en première et terminale L ça comptait vraiment beaucoup pour mes profs qui reservaient quelques points /20 à l'orthographe dans les disserts.
Mais de ce que je vois aujourd'hui beaucoup de personnes ont des lacunes à ce niveau la, c'est dommage, et en plus c'est pas vraiment de leur faute. :/
Bref, on s'éloigne du sujet, mais je voulais juste dire que si on voulait tout regler il faudrait commencer avant le bac, et que des personnes qui passent un bac L devraient pouvoir écrire TRES correctement, ça sauverait au moins un des interets de la filière...
Le 01/02/2009 à 19h52
La valeur des choses se perd, surtout des choses littéraires on dirait
Si l'ont veut rendre les filières post-bac accessibles à tout le monde, il faudra mettre des maths partout; et là, c'est le bac qui ne sera plus accessible à tout le monde!! Alors désolé de préférer que les L doivent se cantonner aux filières post-bac littéraires uniquemment, mais au moins ils ont le bac!! Et puis un an de mise à niveau, c'est pas la mort non plus pour quelqu'un qui est motivé. Et puis on a jamais empêché un L d'aller en P1...
Si tu pouvais m'expliquer ce qu'il y a de pas normal là-dedans...
Le 01/02/2009 à 19h59
Bah.. il n'y a rien d'anormal, mais en fait je n'ai jamais dit que les L devaient pouvoir aller partout...Je ne parlais pas du fait que les littéraires n'aient pas le choix, quand on a étudié les lettres on se met a niveau pour passer a des études scientifiques c'est évident.
En fait je faisais allusion au cas inverse, tu dis qu'en choisissant ES tu t'ouvres des débouchés économiques et littéraires, or je trouve dommage qu'on ouvre la voix du littéraire à des gens qui n'ont pas été formés pour ça. Comme pour le cas du littéraire qui veut faire des maths, il devrait y avoir remise a niveau, or ce n'est pas le cas, ça veut donc dire que le niveau "littéraire" est plus bas que ce qu'il devrait être.
C'est ça qui est anormal...
Enfin bref, on ne parle pas vraiment de la même chose et le dialogue de sourd me tente moyen^^
Le 01/02/2009 à 20h32
Je ne parlais pas du fait que les littéraires n'aient pas le choix, quand on a étudié les lettres on se met a niveau pour passer a des études scientifiques c'est évident.
En fait je faisais allusion au cas inverse, tu dis qu'en choisissant ES tu t'ouvres des débouchés économiques et littéraires, or je trouve dommage qu'on ouvre la voix du littéraire à des gens qui n'ont pas été formés pour ça. Comme pour le cas du littéraire qui veut faire des maths, il devrait y avoir remise a niveau, or ce n'est pas le cas, ça veut donc dire que le niveau "littéraire" est plus bas que ce qu'il devrait être.
C'est ça qui est anormal...
Enfin bref, on ne parle pas vraiment de la même chose et le dialogue de sourd me tente moyen^^
Le 01/02/2009 à 22h55
Ce n'est pas franchement faux, ces histoires de filières c'est mal fait... Mais que veut-il mettre à la place?Le 02/02/2009 à 00h22
la ou tu as (malheureusement) raison, c'est que les bases littéraires qu'on acquiert seul comme tu dis suffisent amplement à passer pour un littéraire ou un scientifique "cultivé". Alors que si la véritable culture littéraire avait un peu plus de valeur ce ne serait, je pense, pas aussi facile.
Le 04/02/2009 à 23h22
Voici un extrait du communiqué publié par l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales à la suite de la déclaration de Nicolas Sarkozy."il est incompréhensible que les performances de la série ES soient à ce point ignorées et décriées. Ainsi, contrairement à ce quaffirme le Président, ces performances sont excellentes dans les filières les plus sélectives des cursus économiques. En 2006-2007, les bacheliers ES représentaient 43% des élèves des classes préparatoires Economiques et Commerciales et 37% des élèves intégrant 24 grandes écoles de la Banque Commune dEpreuves, alors quils ne représentent que 31% des bacheliers généraux et que les places qui leur sont offertes en classes préparatoires sont bien moindre que pour les bacheliers S. Par ailleurs, 60% des étudiants admis dans les écoles de commerce après le bac sont issus de la série ES, ainsi que près de la moitié des étudiants des Instituts dEtudes Politiques".
L'intégralité du communiqué est ici.