MySpace investit l’espace

Quel est le point commun entre Michel Sardou, le collectif Kourtrajmé et ta voisine du dessous ? Euh, vu comme ça, à priori, il n’y en a pas. Et pourtant si ma bonne dame ! Il en existe un de taille : ils ont tous un profil MySpace. Ces sept lettres doivent forcément t’évoquer quelque […]

MySpace investit l’espace

Quel est le point commun entre Michel Sardou, le collectif Kourtrajmé et ta voisine du dessous ? Euh, vu comme ça, à priori, il n’y en a pas. Et pourtant si ma bonne dame ! Il en existe un de taille : ils ont tous un profil MySpace. Ces sept lettres doivent forcément t’évoquer quelque chose. Sauf si tu vis dans une grotte troglodyte et/ou un bunker.

Piqûre de rappel pour celles du fond qui n’ont pas suivi. MySpace est un vaste site communautaire qui te permet de créer gratos ta propre page personnelle. Tu y affiches tes derniers coups de coeur, mets en ligne des photos, des vidéos et, last but not least, tu rencontres des gens, des « amis ». Effectivement, à quoi bon avoir des centres d’intérêt si c’est pour les garder exclusivement pour soi, sa mère et son chat ? « Plus on partage, plus on possède ». C’est Sénèque qui l’a dit. Ou Guy Montagné, je ne sais plus. Bref. Actif aux States depuis janvier 2004, MySpace compte aujourd’hui plus de 150 millions d’utilisateurs dispatchés aux quatre coins du globe. En 2005, le site a été racheté pour 580 millions de dollars par Rupert Murdoch, magnat de la presse australo-américain. Des chiffres monstrueux que Tom Anderson et Chris de Wolfe, les fondateurs, n’avaient pas prévu.

Un vivier de nouveaux talents

Chaque jour, les musiciens sont de plus en plus nombreux à utiliser MySpace comme outil de promo. Plus besoin de débourser des euros par milliers : en deux coups de souris, hoplaboum, leurs chansons sont online, prêtes à être écoutées et commentées dans le monde entier. Tout est plus simple, plus rapide : on appelle ça la mâââaâgie d’Internet. Pour les groupes débutants, MySpace peut se métamorphoser en véritable tremplin. Il n’y a qu’à voir les parcours des Arctic Monkeys, de Lily Allen ou encore Yelle. Auprès des internautes, leur popularité était telle qu’un label les a dénichés et a fini par leur proposer un contrat. Du jour au lendemain, ou presque, ils sont passés de l’anonymat aux spotlights. Du jour au lendemain, ou presque, ils sont passés de leur chambre aux studios télé. De quoi faire rêver celui ou celle qui compose et chantonne depuis des lustres dans son coin, de quoi donner envie à celui ou celle qui n’avait encore jamais trouvé d’espace pour s’exprimer.

MySpace ne se limite pas qu’à la musique : grâce à la mise en ligne et au partage de vidéos façon Youtube, réalisateurs, acteurs et même stylistes peuvent faire découvrir leurs créations au grand public. Un exemple parmi tant d’autres : Andrea Crews, une marque de vêtements recyclés. L’objectif de Rupert Murdoch ? Transformer MySpace en gigantesque portail. A voir les stats qui ne cessent de gonfler, tout semble parti pour.


Le site cafepress propose des t-shirts et autres gadgets parodie

Premiers pas dans le plat

Qu’ils sont difficiles les débuts sur MySpace. T’es là, tu déboules comme un petit poulet innocent, t’es contente car inscrite mais en fait, bah tu comprends rien : ça jacte anglais de tous les côtés et quand c’est pas de l’angliche, c’est du langage html. La belle affaire ! En plus de ça, ta page est vilaine. Tu voulais un profil qu’ait directement de la gueule, un truc un peu comme ça, manque de bol, c’est pas le cas. Résultat tu fulmines contre ton clavier et t’as qu’une envie : crier à la terre entière que MySpace, c’est le remake de Danse avec la lose.

Et là, Ô miracle, une main se tend vers toi, tu rencontres le messie. Il s’appelle Tom et porte un tee-shirt Quechua. C’est le créateur du site mais aussi ton premier ami, ton premier soutien. Il est moche mais c’est pas grave, il peut servir. A quoi ? A te donner des adresses pour créer un layout qui dépote, par exemple. Il en existe des tonnes : myspace.nuclearcentury, pimp-my-profile, doobix, etc. A toi de customiser ta page tel une fana de tuning. Tu y mets ce que tu veux : un slideshow, un gif animé, une photo de Danièle Evenou, que sais-je encore … Tu es libre. Une fois le design conçu, vient le moment de créer du lien social. C’est important, il paraît.

« A place for friends »

A l’heure où j’écris, Tom le boss a près de 155 millions de potes. Soit un peu plus que la population du Japon, un peu moins que celle du Brésil. Utilité de cette comparaison ? Aucune ! Il s’agit seulement de montrer qu’en matière de connaissances à faire, il y a du choix. La probabilité de rencontrer une personne coul est plus élevée que lors d’une virée à la piscine municipale.

A chaque tribu, ses codes, son langage. MySpace ne déroge pas à la règle. Le vocabulaire y est précis. Point de « Bonjour, une baguette siouplaît » mais du « Merci pour la request » à n’en plus pouvoir. C’est LA formule de politesse par excellence, LA phrase qu’on voit partout. Le « what else » de Clooney, à côté, c’est peanuts. Dans quel(s) cas l’employer ? Quand un individu accepte ta déclaration d’amitié et vice-versa. L’autre jour par exemple, quand Bonnie Tyler m’a ajoutée (ooouais la vieille qui chante Turn Around) bah primo, j’ai vomi, deuxio je lui ai sorti un puissant « Thx 4 the add. I love ce que tu do ». Parce que je suis polie. Hein, tu me crois pas pour Bonnie ? C’est une re-sta donc j’ai pas le droit de la fréquenter, c’est ça ? Erreur, grosse erreur ! MySpace est le seul endroit où justement tu as le droit de dire des trucs comme « ouais, les filles de CocoRosie font partie de mes cops ». Personne ne se paiera ta tronche. Par contre, ce qu’il faut savoir, c’est qu’en général, les people présents sur la Toile ne s’occupent pas de leur page perso. Tu risques plus de parler à un président de fan club boutonneux qu’à ton idole, hein, faut se mettre ça dans le crâne. Si Keith Richards t’envoie un message te disant qu’il t’aime et qu’il voudrait fonder une famille, ne le crois pas. Tu risquerais d’être déçue.

Fin des conseils et autres astuces, je te laisse créer/peaufiner ton compte. T’embrasseras Tom de ma part !

Cote d’amour :
Conclusion : MySpace est dans la place :)

1 bonne raison d’errer sur MySpace
– Le site t’offre la possibilité de découvrir des artistes inconnus mais bourrés de talent.

› 1 bonne raison de bouder MySpace
– T’en as ras la moule du virtuel, des cyber-relations. Tu veux du concret !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 106 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

Lire l'intégralité des 106 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)