La musique brésilienne, ce n’est pas que Michel Teló !

La musique brésilienne, en France, on ne connaît pas forcément très bien. Pourtant, de nombreux artistes et genres musicaux valent vraiment le coup ! Thaïs vous fait découvrir ses coups de coeur.

La musique brésilienne, ce n’est pas que Michel Teló !

« Tem um Brasil que soca, outro que apanha / Um Brasil que saca, outro que chuta / Perde, ganha / Sobe, desce / Vai à luta bate bola, porém não vai à escola…
Brasil de cobre, Brasil de lata / É negro, é branco, é nissei / É verde, é índio peladão / É mameluco, é cafuso / É confusão
Oh pindorama eu quero seu porto seguro, suas palmeiras, suas feiras, seu café, suas riquezas, praias, cachoeiras / Quero ver o seu povo de cabeça em pé.. . » Brasis – Seu Jorge

Il y a un Brésil qui donne des coups, l’autre qui les reçoit / Un Brésil qui sert, l’autre qui tire / Perd, gagne / Monte, descend / Va se battre, joue au ballon et pourtant ne va pas à l’école
Brésil en cuivre, Brésil en canette / Est noir, est blanc, est « d’origine japonaise » / Est vert, indien à poil / Métis indien et blanc, métis indien et noir / Est confusion
Oh Pindorama (régions indiennes qui formèrent le Brésil) je veux ta protection, tes palmiers, tes marchés, ton café, tes richesses, plages et cascades / Je veux voir ton peuple la tête haute. »)

La musique brésilienne est extrêmement riche et les paroles des chansons ne se résument pas qu’à des Ai se eu te pego. À l’image des textes de Seu Jorge, de nombreux artistes sont de vrais poètes qui décrivent avec réalisme et espoir leur magnifique pays à travers la musique. On parle également (et évidemment) d’amour, de tristesse, de colère et aussi beaucoup de saudadeLa saudade est un ressenti de l’imperfection du présent et de la sublimation du passé, deux sensations mélangées avec une tendresse empreinte parfois de crainte, mais formulant pour l’avenir un vœu plutôt bienveillant et heureux »).

Le Brésil est un pays très métissé où de nombreuses cultures se rencontrent. Chaque région a ses préférences en ce qui concerne les styles musicaux qui se comptent par dizaines.

Le Nordeste est connu pour ses soirées animées au son de groupes de forró, bien que de plus en plus de bars dansants ou de boîtes se tournent vers le style très répandu dans le Sud du pays, le sertanejo. Il existe un forró et un sertanejo traditionnels mais on n’en entend quasiment plus aujourd’hui et ce qu’on appelle le forró et le sertanejo universitaires sont bien plus d’actualité.

Pour être franche, je ne trouve pas que le forró moderne soit de la « belle musique ». Les paroles sont très souvent tournées vers les histoires d’amour un peu cliché, la trahison, l’alcool et le sexe. Souvent, c’est même vulgaire. Mais le rythme est entraînant et en soirée ça permet de bien danser et d’être complètement dépaysé.

Ah oui, là-bas les hommes SAVENT danser !

Le sertanejo universitaire est le style qui est de plus en plus connu dans le monde. En effet, des chanteurs comme Michel Teló et Gusttavo Lima ont connu un succès planétaire. Alors oui, leurs chansons donnent vraiment envie de danser, en soirée là-bas quand on est bien plongé dans l’ambiance c’est vraiment top mais il faut avouer que les paroles ne volent pas très haut et que le style peut être un peu lourd parfois. Le plus souvent, les chanteurs sont en duo. Lorsqu’ils sont sur scène ils sont généralement habillés en cow-boy, ce qui illustre les origines du sertanejo qui vient des régions du Sud où l’on trouvait les énormes fermes appartenant à des hommes très riches.

Si vous aimez ce genre musical, vous aimerez sûrement les chansons de Victor e Leo avec les titres Borboletas ou Lembranças de amor, Jorge e Mateus avec Amo noite e dia ou encore Cesar Menotti e Fabiano avec Ciumenta.

Le duo Fernando e Sorocaba : beaux gosses.

Mais, la musique brésilienne ce n’est pas que ça. Il y a aussi, comme je l’ai dit plus tôt, de très belles musiques à écouter et réécouter à n’importe quel moment de la journée et qui, à mon avis, sont indémodables. Et non, je ne parle pas de Tic tic tac de Carrapicho qui devrait rester à sa place, c’est-à-dire dans les années 90.

http://youtu.be/tLn–SqBWIk

Les deux genres musicaux brésiliens que j’affectionne le plus sont la bossa nova ainsi que la MPB (Musique Populaire Brésilienne).

Dès les premières mesures d’une chanson de bossa nova, on est transporté-e dans un autre univers. On se retrouve à marcher tranquillement sur l’une des magnifiques plages de sable blanc des côtes brésiliennes ou à siroter l’eau d’une noix de coco dans un hamac au coucher du soleil.

Ce style musical, mélange entre samba et jazz et né à la fin des années 50 à Rio de Janeiro, représente aujourd’hui encore l’ambiance qu’on pense trouver au Brésil. Mais si, vous voyez forcément de quoi je parle puisque vous connaissez Garota de Ipanema de Tom Jobim !

Les premiers artistes à avoir fait émerger la bossa nova sont de vraies légendes au Brésil et ils le méritent. Si vous voulez voyager sans sortir de chez vous, écoutez João Gilberto, Vinicius de Moraes. Caetano Veloso ou encore Elis Regina. Des valeurs sûres, il n’y a que du bon !

La bossa nova s’est répandue un peu partout au fil des années et a inspiré d’autres artistes dans le monde, comme récemment Melody Gardot avec son très joli Mira.

Ce mélange de samba et de jazz a influencé de nombreux artistes et certains styles comme la MPB, en sont clairement les successeurs. C’est un genre musical un peu fourre-tout dont beaucoup de chanteurs et musiciens sont adeptes. On trouve ainsi un panel très large de chansons en tout genre, de femmes et d’hommes aux voix superbes qui chantent les émotions et le monde avec justesse. La MPB est un mélange de pop, de rock, de bossa nova, de soul, de reggae ou encore de samba. Il y en a donc pour tous les goûts et les artistes sont tous différents.

Les premiers chanteurs de MPB très connus sont, entre autres, Gilberto Gil, Chico Buarque ou encore Roberto Carlos. L’un de ces artistes qui a eu le plus de succès est Renato Russo, un véritable poète qui a également fait partie d’un groupe extrêmement populaire qui a vendu plus de 20 millions de disques dans le monde, Legião Urbana.

Aujourd’hui, la relève est assurée. On retrouve par exemple Seu Jorge, cité précedemment, Ana Carolina, chanteuse à la voix d’or, Maria Rita, Maria Gadú, Preta Gil, Marisa Monte, Vanessa da Mata, Paula Fernandes, la célèbre Ivete Sangalo, Milton Nascimento ou encore mon petit préféré (en plus il vient de « mon » État, le Maranhão), Zeca Baleiro.

Tous ces chanteurs ont leurs particularités et font de la musique brésilienne un aspect de leur culture incontournable.

Bien entendu, il existe encore des très nombreux genres musicaux différents au Brésil comme par exemple le Bumba-meu-boi, très typique, et aussi des chanteurs de rap ou de rock célèbres et vraiment bons, mais si je me lance là-dedans je ne pourrai plus m’arrêter.

En attendant, faites vous du bien aux oreilles !

La reprise en duo par Seu Jorge et Ana Carolina du fameux Blower’s Daughter de Damien Rice :

Ainda bem, de Marisa Monte :

Un très beau duo de Vanessa da Mata et Ben Harper, Boa Sorte :

Une reprise de Ne me quitte pas par Maria Gadú :

Tem que acontecer, de Zeca Baleiro. J’ai choisi celle-ci mais vous avez le droit de toutes les écouter !

Et pour finir, parce que ça vous fera plaisir et que je ne peux pas parler de musique brésilienne à des Français-es sans la mentionner…

Alors, vous aimez la musique du Brésil ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 17 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Thaïs M.
    Thaïs M., Le 20 mars 2013 à 21h41

    mariaco;3997902
    Et le pagode alors ?! Je sais, c'est un peu culcul comme style mais j'aimais bien moi !
    Je me suis dis exactement la même chose en lisant l'article ! 
    Oui oui, comme je l'ai dit à Donowitz c'était un malheureux oubli de ma part, quand j'avais pensé à faire l'article, le pagode en faisait partie, mais en l'écrivant j'ai complètement oublié, je dois avoir une petite tête...


    Aovèn, ma pauvre, rien que sur facebook j'ai vu des dizaines de Brésiliens poster le Lek lek lek et après l'avoir écouté deux fois je ne veux plus jamais l'entendre de ma vie haha. Couraaage et profite du reste du temps pour écouter de la bonne musique qui reposera tes oreilles :)

Lire l'intégralité des 17 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)