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Virginie Sommet, sculptrice, plasticienne et écrivaine installée à New York

Durant son séjour à New York, Adeline a décidé de rencontrer de vraies New-Yorkaises, celles qui vivent la ville au quotidien, loin de l'émulation de Times Square ou des visites de la Statue de la Liberté.

Par Adeline, le 31 juillet 2008 | Tous ses articles
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Premier rendez-vous est pris avec Virginie Sommet. Installée depuis plus de dix ans dans Big Apple, Virginie est devenue progressivement une "vraie" New-Yorkaise, intériorisant les codes de la société américaine et remettant en question ses certitudes françaises. A l'occasion de la sortie de son livre Only in New York Darling, elle m'accueille chez elle.
Dans son immense atelier qui surplombe Chinatown, la sculptrice, plasticienne et écrivaine française me raconte son arrivée ici, ses galères, ses aboutissements et ses conseils pour toucher l'American Dream.

madmoiZelle.com : Revenons sur ton arrivée ici. Comment t'es-tu retrouvée à New York ?
Virginie Sommet :
Il y a trois raisons à mon arrivée ici. D'abord, j'avais un ami qui, à l'époque, me saoulait avec New York. Il n'y était jamais allé, mais il lisait plein de livres, il m'en parlait tout le temps. Moi, j'étais pas du tout attirée par cette ville. Je faisais de la planche à voile à l'époque, donc c'était plus la Californie. La seconde raison, c'est que j'ai perdu mon père. J'ai eu envie de m'évader, de partir de France. Enfin, j'ai eu l'opportunité de faire un échange universitaire lors de mes études artistiques à Paris 8.
Ces trois raisons-là combinées ont fait que je suis venue à New York pour finir ma maîtrise d'Arts Plastiques. New York m'a séduite. A la fin de mon année d'étude, je m'y suis installée pour de bon.

madmoiZelle.com : Quelle image de la ville avais-tu avant de venir ?
V.S.
: J'avais peur, j'imaginais les gangs, les armes, la violence. C'est un peu cliché mais c'était dans les années 90. Je suis arrivée pour la première fois en vacances en 1992, ça avait commencé à changer mais tout le monde, en France, me disait : « Mais tu es folle ! 'faut pas partir toute seule, tu vas te faire attaquer, te faire violer ». Bref, c'était l'horreur et si j'avais écouté les personnes qui m'entouraient en France, je ne serai jamais partie.

madmoiZelle.com : Justement par rapport à cette image, quelles sont tes déceptions et tes satisfactions ?
V.S. : J'ai plus de satisfactions que de déceptions sinon je ne serai pas restée.
Mes déceptions sont essentiellement politiques et sociales. Socialement le pays est faible et j'ai beaucoup de mal avec la politique de Bush.
Mes satisfactions... Je trouve que c'est une ville qui a une énergie beaucoup plus positive que la France. J'avais le projet d'écrire un livre en France, ce que j'ai entendu autour de moi c'était : « Non, mais tu t'es prise pour la fille de Balzac ou quoi !? ». Ici, quand j'ai parlé de ce projet, ça a été l'inverse : « C'est génial, bien sûr, vas-y fonce ». Alors forcément y'a une estime de soi qui est totalement différente.
Socialement aussi, y'a quelque chose de stimulant, beaucoup de choses sont guidées par la spontanéité. Une soirée en France, par exemple, déjà il faut y être invitée, et même si on l'est, on risque de rester seule dans son coin. Alors qu'ici je vous donne cinq minutes pour que quelqu'un vienne vers vous avec un : « Hi, where do you come from ? ». Beaucoup de Français disent que les Américains sont superficiels, mais j'appelle pas ça de la superficialité, ils ont un côté bon enfant, très positif... Cet aspect-là de la vie ici me satisfait énormément. Y'a un côté facile à vivre, qui en même temps peut être trompeur parce qu'on est aussi très vite seule ici.

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