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Petite typologie cinématographique des films guimauve

Raaah la Saint-Valentin et les films qui chantent l'amouuuur. Faut l'avouer : c'est pas le meilleur genre du cinéma, mais qu'importe. FLT et Kittykiller ont trié et décrypté le best-of.

Par Faites les taire, le 11 février 2009 | Tous ses articles
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Le teen chick flick

1 – CLUELESS (Sorti en avril 1995)
Avec Alicia Silverstone, Stacey Dash, Brittany Murphy
Le choix de : KittyKiller

Clueless est un classique du genre, la référence ultime en matière de films pour filles. Le scénariste, qui ne pouvait vraiment pas élaborer un tel scénario tout seul, s'inspire vaguement d'une nouvelle de Jane Austen.

LE SPEECH DE BASE : Cher est blonde, Cher est riche, Cher a un nom de chanteuse has-been en cure de désintox. Tous les matins, Cher se brosse les dents et choisit sa tenue pour aller en cours. Cher et sa meilleure amie Dionne, relookent Brittany Murphy déguisée en junkie nirvanesque, qui devient par un heureux concours de circonstances, la fille la plus cool du lycée. Pendant ce temps, Cher tombe amoureuse d'un homosexuel qui l'emmène faire les magasins et regarde de vieux films romantiques. Bouleversée par cet amour impossible et la baisse soudaine de sa cote de popularité, Cher finit par entamer un « makeover of her soul » et se transforme en Mère Thérésa bling-bling, le temps de tomber amoureuse d'un autre.

(Ci-contre : Clueless, référence en matière de mode à travers les âges.)

LES POINTS FORTS DU FILM :

  • Le film pose les bases d'un genre qui proliférera par la suite, avec le stéréotype de la Valley Girl, belle et richissime adolescente de la côte Ouest très blonde et très rose, et le décor immuable : le lycée, ses casiers, ses profs décalés qui vivent une romance au second plan et ses clans stéréotypés.
  • L’indispensable séance de relooking.
  • Les expressions cultes d'époque : « whatever ! », « as  if ! » et « gag me with a shoe ! » entre autres.
  • Les vêtements d'époque, cf. : les photos !
  • La scène de fête dans une maison gigantesque, où l’on apprend que les ados américains jouent encore au jeu de la carte (version évoluée du jeu de la bouteille).


Clueless ou les prémices du mythe du meilleur ami gay.

2– SHE’S THE MAN (Sorti en avril 2006)
Avec Amanda Bynes, Channing Tatum, Laura Ramsey
Le choix de : KittyKiller

LE SPEECH DE BASE : Après la dissolution de son équipe de soccer, Viola se fait passer pour son frère dans sa nouvelle boarding school. Affublée d'un postiche de Playmobil, elle tombe follement amoureuse de son camarade de chambre, un éphèbe à la côte de popularité indécente, qui la prend d'abord pour un nerd carrément bizarre puis finalement pour confident. Malgré son physique de castrat, elle séduit malencontreusement la fille dont rêve celui qu'elle convoite. Ce triangle amoureux s'inspire vaguement d'une comédie de Shakespeare, pratique très populaire dans les films pour adolescentes (cf. : Clueless). On y retrouve des larmes, un ex détestable, un relooking et un bal de promo.


À gauche : Une belle romance en perspective.
À droite : Le Playmobil porcin à droite, c’est Amanda Bynes.

LES POINTS FORTS DU FILM :

  • La crédibilité du travestissement d'Amanda Bynes, aussi à l’aise dans son double rôle qu’un pingouin peut l’être en Amazonie.
  • La présence inévitable du meilleur ami gay.
  • La scène de catfight entre les filles, encore un grand classique.
  • À la fin, Viola marque un but et on apprend que les filles aussi peuvent jouer à des sports d'équipe, ce qui finalement en fait un film féministe.

3 – MEAN GIRLS (LOLITA MALGRÉ MOI) (Sorti en janvier 2005)
Avec Lindsay Lohan, Rachel McAdams, Tina Fey
Le choix de : KittyKiller

LE SPEECH DE BASE : Lindsay Lohan a des parents explorateurs. Lindsay Lohan débarque aux USA. Lindsay Lohan n'est jamais allée à l'école. Lindsay Lohan est gentille. Lindsay Lohan devient la fille la plus cool du lycée. Lindsay Lohan fait des coups de pute à ses copines. A la fin, Lindsay Lohan gagne le concours de mathématiques.


 À gauche : Rachel McAdams est beaucoup trop belle.
À droite : Jingle Bell, Jingle Bell, Jingle Bell sluts.

C'est probablement le meilleur film que Lindsay Lohan ait jamais tourné (il faut avoir vu les autres pour comprendre cette présomption). Avec seulement deux expressions faciales et sept teintes de gloss différentes, elle nous entraîne dans sa recherche du grand amour, à savoir l'ex intouchable de sa peste de frennemy (concept clé : friend & enemy), reine du lycée, la (sublimissime) (trentenaire) Rachel McAdams. On y retrouve des virées au centre commercial, une prof de maths bonasse plus jeune que ses élèves, une fête dans une immense maison et des scènes dans les toilettes des filles.

LES POINTS FORTS DU FILM :

  • Le film nous apprend une tactique de drague infaillible : le petit génie Lindsay Lohan (gloups) rate volontairement son semestre pour que le garçon de ses rêves, au QI d'hippocampe, lui donne des cours particuliers. A tester sans plus attendre.
  • Le code vestimentaire complexe de la bande à L.Lo : le mercredi c’est rose, pas de cheveux attachés plus d’une fois dans la semaine, les sandales assorties à la tenue mais pas les escarpins
  • Le meilleur ami gay, le retour
  • La chorégraphie sur Jingle Bells au spectacle pour les parents, tout à fait appropriée pour un spectacle où sont censés être tes parents
  • La fin, qui ouvre la voie vers la tolérance : les clans se dissolvent et les trois Polly Pockets se font renverser par un bus.

4 – COMME CENDRILLON (A CINDERELLA STORY) (Produit en 2003)
Avec Hilary Duff, Jennifer Coolidge, Chad Michael Murray
Le choix de : Faites les taire

LE SPEECH DE BASE (qui occupe en fait les trois quarts du film) : Samantha (Hilary Duff) est élevée par son père. Ils jouent au baseball et elle rêve en lisant les contes de fée. Son père se remarie avec une blonde qui, en plus de très mal porter les lunettes de vue rétro/nerd, a eu deux filles, fausses sœurs jumelles. Tremblement de terre au nouveau domicile familial, le père disparaît et Sam est livrée à son horrible belle-mère siliconée qui a décidément un sérieux problème avec le port des lunettes. Sam rêve de Princeton (tu sais, la célèbre université américaine) mais cette marâtre pleine aux as l’oblige à travailler dans un café : elle bosse dur la petite Cendrillon, en plus de ses cours. Et au lycée justement, commence une correspondance entre elle, la pauvre de service dont tout le monde se moque et devinez qui ? Le capitaine de football américain, Austin, qui sort évidement avec la pompom girl en chef (interprété par Chad Michael Murray) ! Le courant passe et arrive le bal masqué oh hé oh hé, ils dansent, ils dansent. Bipent les douze coups de minuit et de ses pantoufles de vairs, les deux resteront aux pieds de Sam, seulement cachée d’un ridicule loup sur les yeux, puisque c’est son portable qu’elle perdra dans sa folle cavalcade.

Avec cet imposant loup (à gauche), le pauvre Austin arrivera-t-il à retrouver Sam, une fois le masque tombé ? Hé bien, je vous le dis cash : non. Ce gros niais cherchera désespérément sa Cendrillon. Noyée au milieu des autres lycéens, il ne la reconnaîtra pas… C’est ballot !

LES POINTS FORTS DU FILM :

  • Un suspense insoutenable tellement que c’est difficile l’amour.
  • Une rébellion de Cendrillon contre sa belle-mère, manifestement inspirée par Che Guevara (si, si, il faut me croire). Note que dans son défi de l’autorité parentale, elle sera épaulée par sa marraine qui en plus de lui fournir une robe de bal, est métisse ! Quelle innovation. Enfin un film ancré dans l’air du XXI ème siècle, un vrai de vrai !
  • Un retournement de situation tout à fait utile à l’histoire, à base de lynchage publique et d’humiliation en tout genre.
  • LA scène « en voiture incontrôlée avec trois dindes ». Petit aperçu des dialogues : « - AAAAAAAH ! – OOOOH ! […] »
  • Le baiser final, sous une pluie battante, tourné façon plus-romantique-tu-meurs (à droite).
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