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Les filles dans le graffiti : interviews
Banjo, Bule, Rakli et June sont graffeuses. Elles te parlent de leur vision de l'art urbain chez les nanas.
Bule, 25 ans, Toulouse/Bayonne/Marseille

madmoiZelle.com : Depuis combien de temps évolues-tu dans le milieu du graff ?
Bule : Depuis un peu plus de 8 ans.
madmoiZelle.com : Qu'est-ce qui t'a amené au graff ?
Bule : J'ai toujours dessiné. Toute petite, j'étais fascinée par les grosses lettres bien faites le long des voies ferrées ou des routes. Ca m'attirait, je me suis intéressée au graffiti et cela s'est fait naturellement.
madmoiZelle.com : Fais-tu partie d'un crew ?
Bule : J'ai eu plusieurs crews. Mais bon, ça se fait, ça se défait… C'est comme certaines histoires d'amour !
madmoiZelle.com : graffgirlz.com est une communauté de filles actives dans le milieu du graff. En dehors du site, où retrouves-tu cet esprit de communauté ?
Bule : J'ai de très bonnes amies graffeuses (dont ma meilleure amie Dyva à qui je fais d'énormes bisous). En fait, je ne fais pas la différence entre les filles et les mecs, on est sur un pied d'égalité. On partage la même passion, alors l'esprit de communauté je le vis avec mes potes lorsqu'on va peindre.
Bien sûr, il y a des websites spécialisés. On peut aussi retrouver des graffeurs sur fotolog ou MySpace. Il existe des magazines aussi (Catfight par exemple, ndlr). Dans certaines villes, des jams sont organisés (ce sont des rassemblements de graffeurs autour de la réalisation d'une grande fresque sur un ou plusieurs jours).
Le graffiti, c'est quelque chose qu'il faut vivre. Derrière un écran ou sur papier, ça n'a pas la même signification.
madmoiZelle.com : Le fait d'être une nana doit avoir des influences, même mineures, sur ton travail. Qu'est-ce qui, dans tes poses, est influencé par ton regard de fille ?
Bule : Je pense que j'ai une certaine sensibilité et, forcément, des influences de filles. Par exemple, je dessine des cerises, des cœurs, des trucs un peu kawaii. Mais certains mecs le font aussi. Ensuite au niveau de mes couleurs ou lettres, je ne pense pas qu'il y ait de différences.
Euh oui, un truc ! Lorsqu'on va faire des plans un peu tendus, il y a toujours un mec qui se retourne pour s'assurer que je suis toujours là ou qui me tend la main pour m'aider à escalader un mur. C'est la petite attention à laquelle j'ai droit en tant que fille ! Mais comme je l'ai dit plus haut, je me considère l'égale d'un mec et je me débrouille seule.
madmoiZelle.com : Quelles sont tes références dans le milieu du graff féminin ? A ton sens, quelles artistes représentent le mieux la scène féminine ?
Bule : J'ai peur d'en oublier certaines, sûrement même que je vais en oublier… À mon sens, les plus représentatives actuellement sont Ester, June, Dyva, Klor, Malice, Else, Kensa, Lady K pour la France.
madmoiZelle.com : Pour revenir aux artistes présentes médiatiquement… Que penses-tu du travail de filles comme Miss Van ou Fafi ?
Bule : Je respecte leur travail. Ce sont de vraies artistes, mais pas des graffeuses. Il ne faut pas mettre toutes les filles qui travaillent dans la rue dans le même sac, celui du graffiti. Leur démarche est très différente, et le résultat aussi d'ailleurs.
madmoiZelle.com : Penses-tu que des artistes qui exposent en galerie restent des graffeuses ?
Bule : Bien sûr, on peut être artiste et graffeuse. Faire quelques toiles et les exposer afin de se faire un peu d'argent et de se faire plaisir ne fait pas de l'artiste une mauvaise graffeuse. Par contre, pour quelqu'un qui se limite aux toiles et qui n'est pas actif sur les murs, il y a un problème.
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