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Ce que le web a changé pour les fans
Le fan et sa came
(ou comment se la procurer) Le principe universel Pour survivre, le fan a besoin de nourrir sa passion. Et plus il a de documentation sur son idole (interviews, photos, bios, autographes, news etc.), plus il en veut. C’est ce qu’on appelle le théorème de Pascal (Obispo). Oui mais voilà : cette came, comment se la procurer ? Comment c’était avant Avant l’avènement du web, du MP3 et autres nouvelles technologies, le fan devait faire preuve de patience pour trouver les documents dont il était friand. Ses seules possibilités ? a) prier pour que son idole ait une actualité et donc une présence dans les médias b) s’inscrire à un Fan Club pour réussir à dénicher sa dose d’info c) inonder la planète de petites annonces dans l’espoir d’échanger de la marchandise avec d’autres obsédés de sa trempe d) écumer les brocantes et les bouquinistes à la recherche de reliques. e) écrire sans relâche à la star (ou son attaché(e) de presse) dans l’espoir d’obtenir au moins une photo dédicacée. Dans ce contexte de pénurie, chaque trouvaille était précieuse et rageusement défendue par le fan. Combien de parents couchés à 1h du matin pour enregistrer le passage de Mariah Carey à Sacrée Soirée ? Combien de drames familiaux pour une interview de Take That sur K7 malencontreusement effacée ? - M’maaan ! Ouv’ pas mon store, putain ! - Dis-donc, Laurent. D'abord, parle-moi autrement. Ensuite, il est 14h, il fait beau, donc j’ouvre un peu. Un enfant comme toi a besoin de lumière… - Chuis pas un enfant, j’ai 11 ans ! Et d’abord le store baissé c’est fait exprès ! - A la bonne heure… - Tu vois ce poster ? - Cette horreur ? Oui. Je la vois même trop. - Ben cette « horreur », c’est un poster dédicacé par Sylvester Stallone à l’époque de la sortie de Rocky. Une pièce unique. Et tu sais ce que la lumière va lui faire ? - Non, mon fils. - Le décolorer ! Après y sera bon à jeter ! - Raison de plus pour que j’ouvre ton store... Comment c’est maintenant Aujourd’hui, le fan peut en général trouver facilement de quoi se sustenter. Un petit tour sur Youtube, deux-trois mots-clés dans Google, une fouille sur Ebay et à lui le jackpot. Des photos de classe d’Angelina Jolie à l’alcootest de Lindsay Lohan, il peut tout obtenir. Son problème n’est plus vraiment de se procurer la marchandise mais de faire le tri, avec au passage quelques épineux dilemmes moraux. Faut-il par exemple attendre la sortie (directement en DVD) du nouveau film de Steven Seagal ou accepter d’en télécharger une version québécoise doublée par un amateur ? Attendre patiemment la diffusion des nouveaux épisodes de sa série préférée ou tout pomper frénétiquement sur le web, quitte à frôler la boulimie ? Car le gros risque pour le fan actuel n’est pas le manque mais le syndrome « Buffet à volonté ». Un peu comme chez Pizza Paï, le rollmops côtoie le taboulé qui côtoie la macédoine qui côtoie la salade de pâtes qui côtoie les rillettes… Bien sûr, tu peux tout te taper, mais tu te sens un peu écoeuré après. - Agad, agad ! J’ai trouvé le premier album collector des Sweet Peas en import !!! - Mouais. Jl’ai d’ja. - Tu l’as téléchargé ? Parce que moi j’ai galéré pour le trouver… - Ouaip. J’ai aussi leur live de 1999 à Seattle... - Ouaah ! - … Leur album de reprise qu’est pu édité, là…. - “Songs of Love and Confusion. Love of Songs and Devotion” ?!! - … Ouais, voilà. Et puis l’intégrale de leur session studio de 89 enregistrée en douce par un ingénieur du son. J’ai même le bassiste en train de gazouiller sur les chiottes. - Nan ?!! - En fait, j’ai tout, je crois… - C’est génial… Moi qui croyais que t’aimais pas… - Ben j’aime pas. Mais j’aime bien savoir que je l’ai. » |
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