Quelle belle invention la photographie... Aujourd’hui on ne pourrait plus se passer de flasher tous nos petits moments importants (ou pas) et de les partager frénétiquement sur Facebook. Mais si on avait vécu au début du XXème siècle, on aurait été moins enjouées à l’idée de trimbaler 20 kilos de matos et 3 litres de chimie pour développer ses clichés. Pour te faire une idée, voici la petite histoire de la photographie : ses premiers pas, ses pionniers et son émancipation.
Alors remballe ton appareil deux p’tites minutes, rembobine tes pellicules (ou range ta carte mémoire) et admire les travaux de ceux qui ont fait de la photographie un art à part entière !
Histoire et technique
Le principe de base de la photographie est connu depuis l’Antiquité : c’est la camera obscura. Si on prend une boite noire, percée à un endroit, les rayons du soleil s’y engouffrent et reproduisent l’image du dehors... inversée ! Léonard de Vinci en était un utilisateur assidu. Au 19ème siècle, les connaissances en chimie sont déjà bien avancées : on sait les effets que peut avoir la lumière sur certains corps argentiques. Mais un souci de taille s’impose : faute de fixateur, comment capturer l’image ?
En 1826, Nicéphore Niepce (1765-1833) parvient à faire la première photographie de l’histoire. Réalisée à l’aide d’une chambre noire et d’une plaque d’étain enduite de bitume de Judée dissout dans l’essence de lavande (quelle cuisine !), elle a nécessité une pose de 8h ! En 8h, le soleil a le temps de se déplacer, ce qui a pour conséquence un éclairage assez étrange...
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Niepce, Le point de vue du Gras, 1826, Université d’Austin (Texas).
En 1829, Niepce s’associe avec Louis-Jacques Daguerre (1787-1851). En résulte l’invention du Daguerréotype qui permet d’obtenir des images de belle qualité sur une plaque métallique révélée au Mercure. Au début, il faut 20 minutes de pose pour obtenir une image, puis seulement 10 secondes en 1855.
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Daguerre, Le boulevard du temple, 1838.
Le petit détail qui fait tout : comme le temps de pose est long, les passants en mouvement n’ont pas pu être capturés par le Daguerréotype... Seul le cireur de chaussures est sur la photo, puisque que c’est le seul à ne pas avoir bougé pendant le temps de pose !
En 1849, Henri Fox-Talbot invente le Calotype, et par la même occasion le procédé négatif : il faut huiller le papier pour le rendre transparent et ainsi en tirer un positif. La reproductibilité des images devient alors possible !
Cinquante ans plus tard, George Eastman (fondateur de Kodak) produit la première pellicule souple en ruban. Ce procédé sec (adieu toute la chimie !) et au développement repoussé permet la démocratisation de la photographie.
Voici un petit défilé des différents appareils utilisés depuis : le réflex, le Leica, le moyen-format, le Rolleiflex, l’Instamatic, le Polaroïd, l’appareil jetable.
En 1985 apparaît le tout premier appareil photo numérique sans film ; la suite, on connaît !