J’ai testé pour vous… monter une pièce de théâtre

LadyDandy a écrit, mis en scène et joué dans sa propre pièce de théâtre. Rien que ça !

J’ai testé pour vous… monter une pièce de théâtre

– Initialement publié le 25 juin 2013

Vu les réactions à mon article sur mon expérience de spectatrice au théâtre, j’ai pu constater la présence de théâtreuses sur madmoiZelle, et ça c’est bien. Ayant cette année écrit/monté/joué ma première pièce, petits retours sur mon expérience pour celles qui voudraient éventuellement se lancer !

Étape 1 — L’écriture

J’ai des habitudes de scribouillage et je me suis essayée à plusieurs genres mais c’était ma première pièce.

En général, les dialogues ne me posent pas de problème mais l’écriture de théâtre, c’est aussi le début de la mise en scène avec les didascalies. Je crois que la difficulté à laquelle je me suis heurtée est là : faire un compromis entre la place qu’on doit laisser à la mise en scène et le côté plus « littéraire » des dialogues.

Le texte au théâtre est important pour moi mais pour avoir vu d’excellentes pièces en grommelot ou sans paroles, je sais qu’il ne fait pas tout. On peut voir d’excellents textes passer très mal sur scène et je pense que j’ai peut-être succombé à mon amour du verbe au détriment de la mise en scène mais bon… je ferai mieux la prochaine fois !

Étape 2 — Trouver la troupe, les lieux, le matériel…

Ayant la chance d’être étudiante, j’ai été aidée par la Maison de l’Étudiant de ma fac : j’avais lieux et matos à disposition (je suis sûre que ma fac n’est pas la seule à aider pour ça). Restait la troupe et j’avais commis l’erreur d’écrire une pièce avec dix rôles quasiment présents sur scène non-stop… c’était du suicide, je ne recommencerai pas !

En plus de ma personne (mais je pouvais pas jouer tous les rôles), j’ai pioché parmi les camarades avec qui j’avais fait du théâtre en prépa, mes camarades avec qui j’avais fait du théâtre en atelier, mes camarades de classe dont j’avais admiré la prestance durant leurs exposés… Et puis les amis de mes camarades et même la fratrie de mes camarades sachant que cinq personnes à peu près m’ont fait faux bond pour des prétextes divers.

Bref… pour monter une pièce, mieux vaut avoir de bons amis en grande quantité (qui vont forcément détester leur metteuse en scène chérie à un moment ou un autre mais ça passera).

À noter également (pour les amateurs comme bibi qui bossent avec des gens pas payés) qu’il faut envisager la difficulté de synchroniser les emplois du temps : trouver des dates de répètes où les gens seraient dispo sachant qu’ils ont leurs vies à côtés, leurs soucis de santé, leurs vacances, leurs jobs… MINDIEU MAIS C’EST DU SUICIDE ! Mais comme qui dirait, je ne savais pas que c’était impossible alors je me suis dépatouillée comme j’ai pu.

Étape 3 — Mettre en scène

Je voulais faire un truc propre avant tout et n’avais pas l’ambition de révolutionner le théâtre, mais c’est déjà une grosse ambition à mon niveau en fait. Quelques trucs de base d’après ma fort mince expérience pour éviter l’aspect brouillon :

  • Équilibre plateau : on évite d’amasser tous les acteurs en tas dans un coin (sauf si c’est un effet assumé).
  • Niveau sonore et diction : pour se faire entendre, c’est bête mais il faut bien parler et j’ai dû me battre avec certains comédiens.
  • Gestuelle claire et assumée : chaque geste est motivé, pas de tics parasites (sauf si ça participe à la construction du personnage), et on essaie de pas regarder le sol !
  • Gérer les entrées/sorties de scènes : il faut une certaine cohérence à ce niveau, si un personnage sort de scène et qu’un autre entre au même endroit en disant chercher ce même personnage, on perd en crédibilité (c’est tout bête mais ça a failli me perdre).

Il m’a fallu également trouver un équilibre dans mon rapport aux autres. Je portais le projet mais ce n’était pas une raison pour me comporter en mini dictateur, et se faire marcher dessus n’est pas forcément avantageux non plus.

Une chose importante aussi : penser à prendre du recul et à le faire tôt (surtout quand on joue soi-même dans la pièce), demander à des amis d’assister à des répètes pour se remettre les yeux en face des trous.

Personnellement, j’ai un peu tendance à me perdre dans des détails abscons et heureusement que j’ai eu quelques retours pour me mettre le nez dans les petites bouses que j’avais laissées et que je ne voyais plus mais qui, en fait, avaient pris une certaine importance à force.

Qui plus est, jouant moi-même dans la pièce, sur la fin je perdais un peu de vue le jeu de mes camarades pour me mettre moi-même dans le truc et… je ne voyais plus ce qui clochait.

Étape 4 — Le plaisir (quand même) !

Monter une pièce, ça demande de l’implication, de la dévotion, du sérieux et ça m’a même amenée à faire des choix pas très cool. J’ai mis de côté l’idée de passer des week-ends reposants et 70 % de mon cerveau était consacré à ma pièce pendant six mois (10 % aux fesses de Benedict Cumberbatch, 15 % à d’autres projets, 5 % à des cours). Mais… surprise… ça valait le coup ! Voir son texte et sa mise en scène, c’est la fête du slip et ça fout la larmichette.

Et je n’oublie pas le plaisir de jouer. Le théâtre, c’est une vraie addiction, on a le sentiment d’exister plus intensément pendant quelques instants, que la moindre de ses respirations prend de l’importance… Jouer c’est (pour moi… et quand ça se passe bien) l’équivalent d’un gros orgasme.

Étape 5 — La descente

Quand c’est fini… c’est bien triste. On se sent un peu vide…

Alors on enchaîne avec son prochain projet !

Donc les madZ, si vous voulez monter votre pièce, n’hésitez pas à chercher de l’aide financière et humaine et à vous lancer !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Nymphetameen
    Nymphetameen, Le 27 mars 2016 à 12h07

    Je tombe sur cet article alors que je participe à un projet de théatre dans ma fac et qu'on devait jouer notre première jeudi soir (ça a été reporté). Amusant!
    Personnellement, je n'ai pas écrit la
    pièce ni ne la mets en scène, mais je joue dedans et je trouve déjà ça génial. Je n'avais pas fait de théatre depuis le lycée et c'est tellement agréable de s'y replonger que j'y mets tout mon coeur! Contrairement à décrit dans les commentaires et dans l'article, personne dans mon équipe n'a laché le projet, nous sommes tous motivés et y'a une super ambiance!
    Après cela, j'aimerais bien mettre en scène à mon tour (j'ai déjà un projet en tete) mais ça me fait un peu peur!

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