Monologue d’une connasse en plein syndrome prémenstruel

Prenez un plan cul. Ajoutez-y un message laissé sans réponse. Jetez une pincée de jalousie et saupoudrez le tout de syndrome prémenstruel. Un bien beau mélange.

Monologue d’une connasse en plein syndrome prémenstruel

J’ai un plan cul.

J’ai un plan cul, et ça se passe super bien entre nous. Tout a été mis au point dès le départ : pas d’exclusivité, chacun vit sa vie, c’est cool, tout va bien. Des règles de base de plan cul, en somme.

Et ça me convient très bien, parce que je n’ai ni le temps ni l’envie pour quoi que ce soit de plus pour le moment. J’ai envie de m’amuser un peu, pour changer. Sauf que je suis d’un naturel un peu jaloux (pas jalouse maladive non plus, mais si je pouvais pisser sur tous les mecs avec qui je couche pour marquer mon territoire, je m’en priverais pas, voilà). L’idée même qu’il aille voir ailleurs ne me gêne pas sur le principe, tant que je ne sais rien. Voilà, ça, c’est en théorie.

Mais en pratique, c’est plus compliqué. C’est un mec plutôt disponible, qui répond rapidement aux messages, et qui ne se contente pas de communiquer avec moi quand il a envie de baiser, donc c’est assez sympa. Sauf quand il ne répond pas. Et que je suis en plein syndrome pré-menstruel. Et que je suis un peu fatiguée parce que je dors mal en ce moment et que je fais plein de cauchemars et que je suis globalement assez stressée.

L’esprit rationnel qui sommeille en moi se change donc alors en gros monstre anxieux et colérique pour absolument rien du tout, et un monologue s’enclenche dans ma tête pour les 24 heures à venir.

Et ça se déroule à peu près comme ceci.

1ère étape : l’envoi du message

Jeudi, 20 heures et des brouettes, on a un peu discuté aujourd’hui mais sans plus, quand soudain je pense à un truc qui pourrait peut-être lui plaire. Je lui envoie donc un message pour lui faire part de ma découverte.

Silence.

Pas de raison de s’énerver, on peut pas non plus être collé 24h/24 à son téléphone, n’exagérons rien, tout va bien.

2ème étape : le silence qui dure

Fin de soirée, toujours pas de réponse, et je viens juste de tomber sur un autre truc qui pourrait le faire marrer. Deux solutions : soit je l’envoie maintenant et je m’expose à un nouveau vent potentiel en pleine poire, soit j’attends sagement demain pour lui envoyer ça quand il aura répondu à mon précédent message.

Oh puis merde hein, on n’est plus au collège, je peux bien lui envoyer un deuxième message, s’il croit que je le harcèle à cause d’une connerie pareille c’est son problème, pas le mien.

J’envoie donc mon message et constate au passage qu’il a lu mon précédent envoi il y a quelques heures, sans y répondre. Bon. Ça arrive. On s’en fout, finalement.

3ème étape : il est tard, tout le monde dort, je suis donc seule avec mes pensées pourries

Ok donc là ça commence à s’éterniser un peu, c’est quand même pas normal. Je passe en revue les dernières fois où il a mis autant de temps à répondre et j’ai du mal à trouver. En général quand il ne répond pas aux messages ou qu’il ne se connecte pas, c’est quand on est ensemb… hm. Ah.

Ah.

4ème étape : je me couche, la rage au ventre

Bon, bah voilà, c’est réglé hein, y a pas à tortiller, il est clairement avec une autre. Et moi je suis toute seule. Haha. Hahahaha. Bon. Bon, bon, bon.

Allez, c’est pas bien grave, c’était le deal après tout, d’habitude tu t’en fous, sors-toi donc toute cette merde de la tête, c’est ridicule.

C’est ridicule.

Ridic… Mais merde, je lui suffis pas ou quoi ? C’est quoi son problème ? À tous les coups c’est cette connasse que j’ai vue passer sur son profil l’autre jour sans faire exprès. OUI, SANS FAIRE EXPRÈS.

Non, merde, c’est pas bien, la pauvre, elle y est pour rien dans l’histoire, après tout il est libre et il est beau et il baise bien alors ce serait con de s’en priver. Et lui aussi d’ailleurs hein, il est libre aussi, j’vois pas pourquoi je m’emmerde avec ça. Moi aussi j’suis libre.

Ouais. J’suis libre.

5ème étape : réveil difficile

Je laisse traîner les heures, je repousse le réveil le plus longtemps possible parce que plus je me lève tard, plus j’aurais de chances qu’il m’ait répondu. Puis, quand je réalise enfin que ce que je suis en train de faire est complètement pathétique, j’attrape mon portable et je me prépare au constat.

« Message lu à 5h32 »

Haha. Hahaha.

Hahahahahahahahahhahahahahahahahhahahahahahahhahahahaha.

Ok donc là concrètement ça fait plus aucun doute, il a passé la nuit à en baiser une autre.

Hahahaha.

Bon, c’est pas tout ça mais j’ai du boulot moi.

Connard.

6ème étape : le retour du héros

Ah tiens, il est en ligne.

Hum.

Je sifflote, je sifflote, je tape du pied, je me lance dans un solo de djembé sur mon bureau, je fixe son nom et j’attends. J’attends.

J’attends.

Non ?

Rien ?

Bon.

Bon bon bon.

J’ai du boulot, donc, disais-je.

Super.

7ème étape : le raisonnement

Mais pourquoi je me mets dans des états pareils moi bordel de merde, c’est quoi mon souci ? Pourquoi je m’inflige ça alors que je sais parfaitement que rien de bon n’en sortira ? C’est pas comme s’il avait commis un crime, après tout, c’est vrai qu’on n’est pas ensemble, merde. Et puis d’habitude je m’en fous, alors pourquoi je persiste à me torturer pour rien comme ça ?

Sérieusement, c’est bidon, j’ai l’impression de donner raison à tous les vieux clichés pourris sur les fiiiiilles qui attendent des messages des garçooooons et tous les mêmes, et blablabla. Mais non, en fait. Non. J’suis pas comme ça, pas moi, pas d’habitude. C’est vrai quoi, si j’étais à sa place j’aurais fait la même chose.

Hahaha, c’est ridicule. Bon allez, c’est pas grave, ça me fera une histoire marrante à raconter, et peut-être même que j’en parlerai avec lui et on se moquera bien de moi et ce sera cool, et dans quelques heures j’aurais complètement oublié et je trouverai ça profondément débile.

Parce que c’est tout ce que c’est, débile.

8ème étape : la prise de contact

Aaaah, bah voilà ! Il vient me parler finalement ! Pour réagir au truc de la veille, donc. Comme si de rien n’était. Ouais.

…En même temps tu voulais qu’il dise quoi ? « Faut que j’te raconte, j’en ai baisé une cettte nuit, pfouuuuu, j’te dis pas, quelle chaudasse ! » ? Non, hein ? Bah non.

9ème étape : la retenue

Se retenir de lui hurler « ÇA VAAAAAA ? T’AS PASSÉ UNE BONNE NUIT ? LOL ;) ;) ;) MDR ;) ;) ;) LOL ».

Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Retiens-toi, c’est nul.

Et en plus t’as absolument pas envie de connaître la réponse. Mais bordel, t’es une femme forte, indépendante, t’as absolument pas envie d’être en couple en ce moment de toute façon alors c’est bon, détends-toi, lâche l’affaire. Va manger du chocolat devant Sex and the City, j’sais pas moi, calme un peu tes hormones.

10ème étape : la maturité

Bon bah puisque c’est comme ça j’lui réponds pas, hein. Ça lui fera les pieds.

Mais quelle connasse.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Garance.
    Garance., Le 7 décembre 2016 à 16h13

    C'est pile pour ce genre de trucs que je suis ravie de pas avoir d'iPhone pour me dire si mon message a été lu ou pas. Ca évite ce genre de prise de têtes :coiffe: (même si ça existe sur Messenger maintenant... :goth:)

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