Mon Pari(s) Afro, les portraits parisiens de Rokhaya Diallo

Rokhaya Diallo et Brigitte Sombié préparent un recueil de portraits de parisien•ne•s, qui portent leurs cheveux crépus au naturel.

Mon Pari(s) Afro, les portraits parisiens de Rokhaya Diallo

Les coupes afro ne sont pas « une tendance », encore moins « un exotisme » : ce sont les vrais cheveux de vraies personnes, qui ont parfaitement le droit de les porter au naturel, aussi normalement qu’une blonde à cheveux lisses.

Dans la réalité, c’est loin d’être le cas. Déjà, parce que l’industrie cosmétique relègue les cheveux crépus au rang d’exception capillaire, que ces coiffures sont perçues comme « excentriques » par certain•e•s, et parce que pour des raisons qui m’échappent, certaines personnes se croient autorisées à toucher les cheveux naturels, comme si c’était une curiosité. Oui, vraiment :

Ne touchez jamais aux cheveux de Fania Noël si vous n’y avez pas été invité-e ! La dernière fois que ça lui est arrivé sur la ligne 11 du métro parisien, la jeune directrice de think thank a dû fermement rappeler à l’inconnu sans-gêne que sa tête ne relevait pas du domaine public…

La journaliste Rokhaya Diallo et la photographe Brigitte Sombié préparent un recueil de portraits, consacré aux parisien•ne•s qui arborent une coupe afro au naturel, des personnalités comme des anonymes.

Par exemple, celui de Bilguissa Diallo, dont voici un extrait :

La journaliste reconvertie dans l’entrepreneuriat pour lancer sa marque « Nappy Queen » (soins pour « cheveux crépus, frisés et bouclés ») fait un lien direct entre l’émergence du mouvement « nappy » en France et le contexte politique où les revendications d’égalité des minorités se multiplient : « cela intervient exactement à la période où on arrête de demander la permission d’être là » constate-t-elle.

Un premier aperçu des photos de Brigitte Sombié sont publiées sur le Tumblr Mon Pari(s) Afro, ainsi que sur la page Facebook. Mais pour découvrir l’intégralité des portraits, il faudra attendre la sortie du livre, prévue pour l’automne 2015.

À l’heure où le modèle de beauté dominant fait la part belle aux cheveux lisses, qui sont celles et ceux qui choisissent d’arborer leur chevelure sans la dénaturer ?
Quel est le sens de ce choix Témoigne-t-il de l’émergence d’une nouvelle esthétique ? Est-ce une l’affirmation politique ?

Éléments de réponse en 2015, à travers la galerie de portraits !

À lire aussi : Lupita Nyong’o et son discours poignant sur la beauté des femmes noires

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mlle Ka
    Mlle Ka, Le 25 octobre 2014 à 15h48

    Très belle tendance! C'est beau les cheveux afro surtout quand ils sont entretenus. Néanmoins, merci de ne pas tout politiser! J'ai les cheveux défrisés mais j'entretiens les cheveux de ma fille qui sont naturels afros. J'espère qu'ils le resteront longtemps, je ferais tout pour. Mais avec mes activités et le temps que ça me prend, je ne peux prendre en plus de temps pour moi. Au final, je défrise mes cheveux tous les 3-4 mois, les entretiens très peu mais avec un beau résultat. Je me fais souvent arrêter par des femmes qui souhaitent comment je fais pour les avoir ainsi. Mère nature + héritage de ma mère m'ont permis de n'avoir pas beaucoup d'effort à faire. Je n'ai pas d'affection particulière pour les cheveux raides. Pour preuve, je fais des nattes le soir que j'humidifie et les détache le matin afin d'avoir un pseudo afro. Pas de peigne juste un pic pour les démêler, c'est rapide et efficace. En bref, I'm not my hair! Merci de ne pas me réduire à ma coiffure du moment et à ne pas me critiquer parce que je ne suis pas la tendance du moment quand bien même elle s'inscrirait dans le temps.

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