Ces moments où il est pénible d’être seule

Être seule, parfois c'est bien, mais ça peut aussi créer un sentiment de gêne à certains moments de notre vie quotidienne. En voici quelques exemples.

Ces moments où il est pénible d’être seule

Dans la vie, il y a des moments où l’on recherche la solitude. Parce qu’au milieu de tout le tumulte de l’existence, ça fait du bien de pouvoir se réserver des petits moments de paix intérieure, et parce que la sociabilité, ça va bien cinq minutes.

Pourtant, il y a des instants où l’on préfèrerait avoir du monde autour de nous pour des raisons diverses. Des moments qui rappellent les jours où on devait manger seule à la cantine, parce que tous les autres étaient en classe de neige/sur leurs toilettes avec la gastro/avaient décidé de bouder.

Encore aujourd’hui, quand j’y repense, j’admire ceux qui avaient l’air de se foutre de n’avoir aucun plateau collé au leur : moi, j’avais la boule dans la gorge de me sentir observée, les mains tremblantes et l’appétit coupé.

Relatons ensemble ces moments où, si l’on pouvait, on accepterait volontiers de débourser quelques euros pour un-e escort spécialisé-e dans la vie quotidienne sans forcément finir sans slip. En tout bien tout honneur.

Dans certaines situations, Colin est tellement mal à l’aise d’être seul qu’il en finit par bouffer les meubles.

Attendre un transport quand il fait nuit

Entre les smartphones, les liseuses ou les livres, il est devenu rare de s’ennuyer quand on attend les transports en commun. Le jour, donc, tout va bien.

La nuit, pourtant, il semblerait bien souvent que tous les gens un peu flippants ont non seulement décidé de sortir de chez eux (soit : ils ont le droit), mais aussi de se rassembler tout autour de toi. Il y a des choses qu’on ne s’explique pas.

C’est pas très très cool parce que si comme moi, tu es du genre à te délecter quotidiennement de tous les faits divers un peu glauques dont on nous arrose quotidiennement, il est fort probable que tu vives assez mal cette expérience, t’imaginant toutes les dix minutes te faire embarquer dans un fourgon qui sent la paille humide pour te faire extraire des orteils revendus sur le marché noir. Dans ces moments-là, on recense…

  • Ceux qui mettent apparemment un point d’honneur à recevoir le plus de salutations possibles en un temps donné, te répétant « Bonsoir » en boucle jusqu’à ce que tu réalises, malgré le son à fond dans tes écouteurs, qu’on est en train d’essayer de rentrer en communication avec toi.
  • Ceux qui te cherchent des noises, persuadés que tu les as mal regardés.
  • Ceux qui t’insultent parce que tu n’as pas de cigarettes ou que tu ne veux pas leur en donner.
  • Ceux qui te regardent fixement sans rien dire et sans bouger.

Il y a largement de quoi avoir les fesses qui font clapclap en maudissant le bus qui, décidément, n’arrive en avance que quand tu es à la bourre.

Alternative envisageable :

Franchement, à part économiser pour s’assurer de pouvoir prendre un taxi la prochaine fois que tu dois sauter dans le dernier métro, je ne vois pas. Peut-être te mettre au krav maga, ou à la sophrologie, pour faire la respiration du petit chien dans les moments de stress et devenir ainsi l’individu bizarre de quelqu’un d’autre.

Attendre quelqu’un au bar

Chaque fois qu’on m’a donné rendez-vous directement dans un bar (pas devant, pas à côté, pas sur une place publique, mais dedans), j’ai tiqué : il n’y a pas grand chose que je déteste plus que d’être seule au milieu de tout le monde.

Quand ça m’arrive de devoir m’installer à une table ou, pire, au comptoir en attendant que les autres ne débarquent, j’ai l’impression d’être un ilôt de solitude au milieu d’une foule dense de gens qui s’amusent.

C’est comme si, tel un mortier s’écrasant sur une poignée de cacahuètes, je brisais l’ambiance joyeuse autour de moi. Comme si les gens, heureux d’être là, entourés des leurs, avaient la larme à l’oeil dès que leur regard empathique se posait sur moi.

Du coup, j’ai envie de me faire une pancarte qui dirait « J’attends quelqu’un et quand bien même : si j’avais envie de m’enfiler une bière toute seule, bon, c’est pas bon signe pour mon foie, certes, mais ça ne concerne que moi ». Malheureusement, une phrase aussi longue ne tient pas sur une pancarte.

Alors je me résigne à scruter mon smartphone en croisant les doigts pour qu’un-e relou ne vienne pas me demander si j’ai des amis (sur le même ton que les agents de sécurité du supermarché prenaient quand je pleurais après avoir perdu mes parents).

Steve Carrell = moi. Ryan Gosling = le reste du monde.

Alternative envisageable :

En cas de compatibilité, se faire des potes parmi les barmans et barmaids est un bon moyen de passer le temps en s’évitant la pression sociale. On peut aussi s’en foutre. C’est selon.

Faire les courses

Ah bah tiens, en parlant de supermarché : s’il y a bien un endroit où le proverbe « mieux vaut être seule que mal accompagnée » n’a pas de sens, c’est bien celui-ci.

Entre les fois où on pense qu’un panier suffira et qu’on finit complètement bancale, l’épaule droite à la limite de frotter sur le sol, et les moments où on essaie de contrôler en solo le caddie sur les parkings (comme par hasard presque toujours en pente), y a moyen de se rouler en boule pour pleurer dans un coin.

Pire : seule, il est bien compliqué de gérer le flux d’articles que passe l’hôte ou l’hôtesse de caisse à la vitesse de la lumière car nos deux mains ne suffisent pas pour nous permettre de ranger au même rythme. L’angoisse est absolue.

C’est limite si je préfèrerais pas regarder Saw assise sur un nid d’araignées avec un enregistrement de la voix de Nadine Morano qui répèterait le même mot en boucle.

Alternative envisageable :

Quand je vais faire mes courses seule, je me rappelle avec émotion de l’époque où on y allait à trois avec mes anciennes colocataires. On se répartissait les rayons et on rangeait plus vite que l’employé-e. C’était bien. Rien que pour ça, j’ai envie de retenter la vie en communauté.

Pendant les insomnies

Pas plus tard que cette nuit, j’ai fait une insomnie. Entre deux pages de l’autobiographie de Nile Rodgers, deux brouillons pour le travail et deux épisodes de série, je me suis mise à écouter de la musique drôlement enthousiasmante. Le problème, c’est que j’étais toute seule. Ça m’a rappelé la dernière soirée que j’ai faite, quand il y avait du monde autour de moi et que c’était trop cool.

S’il y a bien un moment où j’ai envie de parler, de refaire le monde et la fin de mes films préférés ou de rigoler autrement que seule devant un écran, c’est bien quand je ne dors pas et que tout le monde est injoignable pour cause de sommeil profond x bave sur l’oreiller. Si avec ça tu ne fais pas un truc masochiste sur Internet, c’est que tu es plus badass que Buffy.

Alternative envisageable :

Envoyer ses potes étudier à l’autre bout de la Terre pour pouvoir skyper à 4h du matin et régler le problème avant de réaliser qu’il y en avait un. Cette astuce de la mort n’a pas encore fonctionné pour moi, puisque mes amis n’ont jamais franchi les frontières de l’Europe. Pratique pour les voir. Moins pratique pour occuper les longues nuits où on se couche à l’heure de Télématin.

Quoiqu’il en soit, désormais, tu sais : s’il y a des moments où la solitude provisoire t’encombre, tu pourras te dire que quelque part dans le monde, je suis toute aussi désemparée. Serrons-nous les coudes de loin !

Et toi, quels sont les moments où tu voudrais embaucher quelqu’un pour éviter de te sentir mal à l’aise ? 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Suricate suricatta
    Suricate suricatta, Le 29 juillet 2013 à 17h03

    Attendre quelqu'un en rue quand on a fixé un rendez-vous devant tel ou tel magasin et que, évidemment, j'arrive toujours 5 minutes trop tôt et l'autre 15 minutes trop tard... C'est assez pénible. En général, je fais semblant de regarder la vitrine ou je rentre dans un magasin pour patienter (mode no life ici :moqueur:)

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