Ces moments où nous en faisons trop

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 30 janvier 2013     

Revenons ensemble sur ces moments de la vie quotidienne où il peut nous arriver de perdre notre sang-froid et de jouer à la drama queen puissance 12 000.

Il arrive que dans certaines situations, nous finissions par jouer à la drama queen. Rien de grave : personne ne te le reprochera. Le craquage de slip n’est pas une question de genre, ni de personnalité, c’est juste quelque chose de normal. On ne pète jamais un écrou pour les mêmes raisons que son voisin, ce qui est plutôt rassurant (nous sommes uniques) et divertissant (le craquage de slibard en canon est très amusant à observer de l’extérieur). Revenons donc ensemble sur ses moments où on en fait parfois trop, où on extrapole. T’as plus qu’à piocher ce qui te concerne.

Quand on rompt

Bon, ok, les ruptures, qu’on soit du côté de celui/celle qui part ou qui reste, c’est pas simple. C’est même carrément chiant. J’en ai vécu quelques-unes et c’est vrai que j’ai moyennement apprécié, dirons-nous. Chaque fois je me disais que je ne m’en remettrais pas, que le manque serait trop fort et tout et tout. J’avais tort : parfois, il arrive à certaines personnes de sous-estimer leur propre force et de surestimer les sentiments qu’elles ont pu ressentir. Alors que, bon, il n’est pas rare avec le recul de se rendre compte que l’ « ex » n’était pas forcément meilleure qu’un-e autre. En plus, quitter ou être quittée donne une bonne excuse pour écouter du Mariah Carey, du Gloria Gaynor et du Patricia Kaas en chouinant pendant quelques heures (même si à mon avis, personne n’a besoin d’excuse pour faire du bien à ses oreilles avec un peu de caca).

Ces moments où nous en faisons trop joseph est tristeTriste Jigéhel est triste.

En définitif, une rupture, c’est chiant, mais c’est comme une bonne gastro : ça dure pas forcément très longtemps. Et quand on le sait, ça rassure un peu.

Quand on est malade

Tiens, en parlant de gastro : le potentiel drama queenien du vilain virus est absolument incroyable. Une gastro, c’est l’occasion d’ouvrir les vannes, et pas seulement parce que tu n’as plus de sphincter le temps de quelques heures. Quand on est malade, on a tous les droits, et il serait bien dommage de ne pas en profiter. On peut crier qu’on va mourir, on peut demander à ce qu’on nous rapporte à manger, on peut délester nos vessies à même nos draps en prétextant qu’on n’avait pas assez de forces pour se lever, ce genre de trucs.

Être malade de temps en temps, c’est la vie. Je suis pour. D’ailleurs, depuis ma gastro de Noël, je m’ennuie un peu et je me sens triste, très triste, quand je demande un service un peu abusif et qu’on me répond par un regard accusateur qui dit, en substance « Assistée. Tu es la lie de l’humanité ».

Ces moments où nous en faisons trop sheldon maladePrends donc exemple sur Sheldon qui profite de sa grippe pour se faire palper le ventre par Penny.

Parler politique

Souvent, j’ai voulu parler politique avec des gens qui n’avaient pas les mêmes opinions que moi – mais alors VRAIMENT pas. Parce que ceux qui sont à peu près du même bord politique que moi mais avec qui je suis en discorde sur un point, ça passe. En t’engageant dans une discussion avec quelqu’un qui a des idées politiques extrêmement loin des tiennes, c’est ta paix intérieure que tu mets temporairement de côté. Et tu peux potentiellement te retrouver à articuler comme Denis Brogniart, feignant de rester calme alors que ta veine du cou est sur le point d’exploser. Dans ces cas-là, tu en fais trop, tu te fais du mal : tu tentes de garder son calme alors qu’un petit enfant perdu aux Galeries Lafayette pleure en toi. Et puis non, vraiment, sachant qu’il y a des chances pour que tu finisses par hurler en faisant de grands gestes avec les bras tout en criant sur la personne avec qui tu es dans l’incapacité de débattre, les cheveux défaits, la mine confite, mieux vaut éviter de s’engager dans la conversation. Moi, c’est simple : quand j’entends quelqu’un dire « ce genre de personnes mérite la peine de mort », je souris bêtement, je ferme mon cerveau, je m’imagine nue au galop sur un poney rose et je chante du Britney Spears intérieurement.

Ne te lance pas dans cette aventure du débat : laisse ça aux député-e-s, car c’est à croire qu’ils et elles aiment s’écharper sur des sujets sensibles. En fait, dis-toi que c’est plus ou moins comme si tu brassais du vent avec tes bras en écoutant une chanson d’Eve Angeli en boucle : c’est fatigant, éprouvant, et puis ça sert pas à grand-chose.

Jouer à un jeu (et y perdre)

Tu fais partie des gens dit « mauvais joueurs » ? Gimme five ma soeur. Une partie de Trivial Pursuit que je ne gagne pas, et c’est un peu comme si je venais de réaliser que j’avais vendu ma mère contre un bol de Chocapic (alors que j’aime même pas ça, les Chocapic). Ça me rend triste, ça me fait sortir de mes gonds, ça fait ressortir toute la mauvaise foi que j’ai en moi.

Car être mauvais joueur et perdre, c’est ouvrir grand la porte de la drama queen qui gît en chacun, en chacune d’entre nous. C’est d’un coup passer du stade de « personne normale » à celui de « chien enragé avec la bave qui mousse au coin des lèvres ». C’est aussi risquer de perdre famille et ami-e-s, car qui me bat à mon jeu de société préféré se voit dans la seconde suivant sa victoire affublé-e par moi-même des pires vices de la Terre. J’en profite alors pour régler des comptes qui n’existent pas et je me retrouve seule, abandonnée de tous.

L’avantage, cela dit, c’est que sans ami-e-s, je n’ai pas d’adversaire potentiel au Trivial Pursuit et suis de ce fait obligée de gagner.

Et toi, quels sont les moments où tu craques ta culotte-mais-sévère-quoi ?

la rupture

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Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. Aude14Aude14

    Le 31 janvier 2013 à 09:45

    Moi ce qui me fait craquer mon slip :

    - Qu'on touche à mes proches pour voir è_é (ce qui est potentiellement compliqué quand on a un copain super indépendant qui n'a pas spécialement besoin que je le couve pour exister).

     - Tout débat plus ou moins lié au patriarcat : genre "il y a certaines filles qui le provoquent aussi", "c'est la marchandisation du corps humain" (les femmes font ce qu'elles veulent de leur corps et n'ont pas besoin qu'on vienne leur dire ce qu'elles doivent faire ou non, merci bien…) –> ça me fait sortir de mes gonds en 10 s montre en main.

    - Tout déni des influences culturelles sur tels ou tels comportements. Exemple :
    *inspirez* Quand mon chéri dit que non mon craquage de slip sur le fait que je ne connaisse pas les coutumes concernant les funérailles en Suisse alémanique et que je lui demande de me les expliquer histoire de pas avoir l'air trop con pendant l'enterrement de son grand-père n'a rien à faire avec le fait que je sois française y a pas de règles c'est tout. Vous pouvez respirer.

    Pour info, on envoie pas toujours des fleurs, on glisse quelques billets dans une carte de condoléances pour l'entretien de la tombe ou l'achat de fleurs. Au moins vous le saurez.
    Moi ça fait sortir le Hulk qui est en moi.
    Voilà.
  2. CharuruCharuru

    Le 31 janvier 2013 à 10:16

    C'est tout moi ça!

    Je rajouterais : se cogner ou se faire mal en général. Très bonne occasion d'en rajouter un peu.

    Et mauvaise foi puissance 10 "c'est pa smoi, j'ai rien fait. Tu me fais pas confiance ou quoi"
  3. ApaloosaApaloosa

    Le 31 janvier 2013 à 14:37

    Perso, je déteste entendre quelqu'un cracher sur les "écolo-bobo"… généralement pour faire taire sa mauvaise conscience parce qu'il gaspille / roule en 4x4 / se nourrit exclusivement d'entrecôte (rayez la mention inutile). Sisi, je suis sûre que c'est de la mauvaise conscience qui ne dit pas son nom :cretin:

    Ecolo-bobo on sait pas trop ce que ça veut dire, un synonyme serait crypto-stalino-hippie-khmer-vert-rive-gauche… rien que ça. Enfin bref, c'est le nouveau point Godwin pour moi.

    (Arrgh, je me suis vautrée en plein dans le piège tendu par SPP, drama-queen puissance 10 ! :drama:)
  4. hatalidehatalide

    Le 31 janvier 2013 à 16:42

    Je suis tout à fait d'accord avec ce qui est dit sur les ruptures et ravie de savoir qu'en fait "ça passe" et que je ne suis pas la seule à en faire trop!
  5. Strawberry-pieStrawberry-pie

    Le 31 janvier 2013 à 18:14

    Je suis tout à fait d'accord avec les exemples proposés et je dirais que le moment où je deviens incomprise par les autres c'est quand je deviens stressée à cause d'un examen, ou que j'en fais toute une montagne pour une simple critique qu'on me fait.
    Sensibilité extrême bonjour !
  6. LuisianaLuisiana

    Le 31 janvier 2013 à 21:30

    Quand je suis réglée. J'en rajoute parfois un peu, j'avoue. Pourquoi ? Pour pouvoir rester sous la couette toute la journée sans avoir un seul reproche voyons :cretin:
  7. ObutterflyObutterfly

    Le 31 janvier 2013 à 21:42

    Quand je cuisine: le beurre qui brûle, les aliments qui tombent, le caramel qui ne prend pas, mes deux mains gauches….alors que j'avais prévu d'en mettre plein la vue à l'Homme genre "chéri oublie ta mère je vais la surpasser".
    En général je finis par hurler, pleurer, tout laisser en plan…et chéri prend le relais!
    Over frustrée mais finalement bien contente de pouvoir me consacrer à la lecture de madmoiZelle pendant qu'il s'occupe de tout ;-)
  8. Iris.TIris.T

    Le 01 février 2013 à 10:51

    "En définitif, une rupture, c’est chiant, mais c’est comme une bonne gastro: ça dure pas forcément très longtemps. Et quand on le sait, ça rassure un peu."  MERCI, MERCISophie-Pierre Pernaut, je vous aime :coeurquibat:
  9. CozartistCozartist

    Le 16 juin 2014 à 17:54

    Venez critiquer mon idole et je monte sur mes grands chevaux en moins de temps qu'il ne faut pour le dire!
    Mais c'est parfaitement normal, non ? puisque c'est mon idole ! (qui a forcément toutes les qualités possibles et imaginables, bien sûr !)

    Ou bien à l'inverse, quand mon idole fait attendre ses fans sur un grand projet et que ça tarde, ça tarde !
    Il faut toujours que j'en fasse des tonnes, c'est plus fort que moi !

    "Ça fait 6 horribles mois qu'on a aucune nouvelle! Il pourrait être mort, et on le saurait pas ! J'en peux plus d'attendre ! ça viendra jamais !"
  10. douniedounie

    Le 17 juin 2014 à 10:37

    Posté par obutterfly
    Quand je cuisine: le beurre qui brûle, les aliments qui tombent, le caramel qui ne prend pas, mes deux mains gauches….alors que j'avais prévu d'en mettre plein la vue à l'Homme genre "chéri oublie ta mère je vais la surpasser".
    En général je finis par hurler, pleurer, tout laisser en plan…et chéri prend le relais!
    Over frustrée mais finalement bien contente de pouvoir me consacrer à la lecture de madmoiZelle pendant qu'il s'occupe de tout ;-)


    Oh mon Dieu, tu as tellement raison ! Bon, pour ma part, ça c'est un peu calmée avec le temps à vivre ensemble ! Mais sinon, non, je n'en rajoute pas, ça me rend juste :halp::boxing::mur:  !

    Sinon, les moments où j'en fais trop sont souvent lié à des problèmes de fatigues … Donc parfois ça peut être la catastrophe de mes sentiments juste pour une petite phrase (hypersensibilité, bonjour !)

    Ah et sinon, je crois que le pire du pire, c'est ma phobie des serpents… A vrai dire, ça ne devrait pas compter parce que dans ce cas là je ne fais rien pour provoquer la folie/colère/crise de nerfs… mais les gens autour doivent vraiment penser que j'en rajoute ! Si vous saviez combien j'aimerai avoir à en rajouter :pray:.

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