Mistresses et Devious Maids : la relève de Desperate Housewives assurée ?

Mistresses et Devious Maids sont deux nouvelles séries qui semblent briguer la place laissée vacante par Desperate Housewives. Un challenge de taille.

Mistresses et Devious Maids : la relève de Desperate Housewives assurée ?

Si vous êtes en manque d’histoires de femmes de 30-40 ans à qui il arrive un million de trucs incroyables par semaine — du kidnapping au crash d’avion en passant par quelques meurtres et naissances pour équilibrer le tout — il y a peut-être de l’espoir.

Même si la série Desperate Housewives était un peu (oh, légèrement hein) partie en vrille sur les dernières saisons, celles qui ont persévéré jusqu’au bout sont surtout restées pour voir ce qu’ils allaient bien pouvoir inventer.

On avait fini par s’attacher aux housewives, on avait toutes notre préférée, celle à laquelle on s’identifiait le plus, et celle qu’on ne pouvait pas blairer (bon, ok, 98% des votes allaient à Susan en ce qui concerne cette catégorie, c’est de la triche).

Et maintenant que les séries mettant en scène des ados — de préférence avec de lourds secrets et/ou des pouvoirs ou un truc surnaturel — pullulent sur toutes les chaînes du monde entier, qu’allons-nous pouvoir regarder pour remplacer Desperate Housewives ? La solution est peut-être arrivée cette année, avec Mistresses et Devious Maids. Peut-être.

Mistresses

Mistresses est, avant tout, une adaptation de la série du même nom diffusée entre 2008 et 2010 sur la BBC. La version américaine a donc repris les histoires des quatre héroïnes à l’identique et s’amuse à broder autour en essayant de construire sa propre interprétation.

Mistresses traite, comme son nom l’indique, d’infidélité, mais ne fait pas l’erreur de ne miser que sur ça, sous peine de voir la série se casser la gueule après une saison.

Sur le devant de la scène, quatre femmes, donc.

Savannah Davis, alias Savi, une avocate accro au boulot qui essaye désespérément de procréer avec son cuisinier de mari, sans succès. Elle est très sérieuse, fiable, motivée, et incarne à merveille la « grande soeur sur qui on peut compter et qui nous tape sur les doigts quand on fait un pas de traviole ».

Cependant, un dérapage avec un collègue de travail lui permettra de justifier le titre de la série à elle seule.

Josslyn Carver, alias Joss, la soeur de Savi, qui bosse dans l’immobilier et qui représente à peu près tout l’inverse de sa grande soeur. Elle aime faire la fête, coucher à droite à gauche sans jamais se poser, n’hésite pas à se taper ses supérieurs et tous les playboys qui croisent sa route et assume globalement assez bien son mode de vie.

Mais une rencontre complètement inattendue va bousculer son petit manège et la pousser à faire des choix de vie un peu différents.

Karen Kim, une psychiatre qui digère moyennement la mort d’un de ses patients, puisqu’elle en était la maîtresse. Elle doit donc garder son sang-froid et son professionnalisme face au fils et à la veuve de son patient qui ne se doutent pas une seule seconde du rôle qu’elle a joué dans la vie de cet homme.

Évidemment, ça ne va pas être aussi facile que ça, et le piège va se refermer petit à petit sur Karen et ses mensonges.

April Malloy, jeune mère et veuve, qui a perdu son mari trois ans plus tôt et qui a beaucoup de mal à refaire sa vie depuis. Elle est persuadée que le fantôme de Paul la hante et tente de la dissuader d’aller de l’avant — mais là encore, la vie va s’en mêler et lui offrir une seconde chance… jusqu’à ce que l’impensable se produise et qu’un nouveau personnage fasse son entrée pour foutre le bordel.

http://www.youtube.com/watch?v=4V-Z7u_Bw08

Voilà, avec tout ça, vous vous doutez bien qu’on a largement de quoi faire pour la saison en cours : si vous cherchez des twists et des surprises et des cliffhangers en fin d’épisode qui vous font dire « Eh ben, c’était un peu chiant cette sem… HANLALA HANLALA MON DIEU VITE IL ME FAUT LE SUIVANT », vous devriez être servies.

Le problème, c’est que Mistresses se prend beaucoup trop au sérieux. Il y a beaucoup trop peu d’humour dans la série, et 80% des situations comiques reposent sur les frêles épaules de Joss, qui a bien du mal à porter tout ça toute seule.

Même si les situations que les personnages traversent ne sont pas marrantes, on a besoin de respirer entre deux drames. Là, c’est compliqué. Elle passent tout leur temps à froncer les sourcils et à prendre des airs de chiennes battues, se traînant jour après jour dans la boue, se roulant dans leurs mensonges et leurs mauvaises décisions sans vraiment se bouger le fion.

Si vous n’aimez pas crier « MAIS APPELLE LA POLICE TOI AUSSI LÀÀÀÀ ! » ou « Non, ne fais pas ça. Non, ça non plus. Ne lui parle pas. Ne touche pas à ça. Ne respire pas, va, ça ira mieux. » à votre écran, Mistresses risque de profondément vous agacer.

La série est extrêmement frustrante, parce qu’on s’attend toujours à ce que l’une des héroïnes prenne une décision pas trop conne… mais à chaque fois que l’occasion se présente, elles passent toutes à côté et rajoutent une couche de merde sur leur problème, déjà pas jojo à la base.

Alors ouais, c’est sûr que si elles ne le faisaient pas, on avancerait un peu trop vite et la série serait terminée en 15 épisodes ; il faut s’assurer qu’elle puisse être renouvelée et que Savi et ses potes continuent à vivre des aventures extraordinaires, mais c’est pas évident.

Le problème vient surtout du titre : Mistresses implique qu’il faille impérativement parler d’adultère. Et si c’est le cas pour l’instant, quelque chose me dit que, si la série est renouvelée, elle partira dans des directions bien différentes, les plus aberrantes possibles, et le titre n’aura bientôt plus aucun sens.

L’avantage de Desperate Housewives, c’est que le titre laissait la porte ouverte. Et même si toutes les héroïnes de la série ne sont pas restées femmes au foyer du début à la fin, il y en avait toujours au moins une pour justifier le titre.

Mais surtout, l’avantage tenait au décor : une rue, des maisons, des voisins, des histoires et des destins qui se croisent, on pouvait tout provoquer dans ce petit passage. C’était comme un village, et tout le monde avait son ou ses secrets qui pouvaient ressurgir et éclabousser les personnages principaux, faisant rebondir l’intrigue.

Alors oui, c’était complètement tiré par les cheveux, mais c’est ce qui m’a poussée à rester : j’étais émerveillée devant la capacité des scénaristes à nous balancer tout et n’importe quoi sans aucun complexe. J’étais toujours curieuse de voir comment ils allaient pouvoir nous surprendre à chaque épisode, quel mécanisme ils allaient utiliser, quel mort ils allaient ressusciter, quelle catastrophe naturelle allait tomber…

Et malgré son sérieux, Mistresses montre déjà une certaine capacité à créer du drame et de la surprise avec des twists dignes des plus grands soap operas. Si vous arrivez à passer au-dessus de la frustration provoquée par le silence et les mauvaises décisions des héroïnes, y a peut-être moyen que ça vous plaise.

Et puis bon, c’est quand même cool de revoir Alyssa Milano à l’affiche d’une série qui a une chance d’être renouvelée un jour.

Devious Maids

Et comme il n’y a pas de hasard, Devious Maids se trouve être la nouvelle création de Marc Cherry, l’homme qui était à l’origine de Desperate Housewives. Et qui on retrouve dans le fauteuil de la productrice exécutive ? Eva Longoria, en chair et en os.

À croire que le courant est plutôt bien passé entre ces deux-là pendant les huit longues années passées à Wysteria Lane, puisqu’ils ont décidé de monter leur petit projet ensemble, à peine un an après la fin de Desperate Housewives.

Adaptée de la série mexicaine Ellas son … la alegria del hogar, Devious Maids nous raconte l’histoire de cinq femmes de ménage latinas au service des habitants fortunés (et blancs) de Berverly Hills. Si la série est encore largement critiquée par son utilisation du cliché de la servante muy caliente, ça ne l’empêche pas de péter les scores d’audience ; elle serait d’ailleurs déjà sur le point d’être renouvelée pour une deuxième saison.

Tout commence par le meurtre d’une femme de ménage, Flora, qui se fait poignarder au beau milieu d’une soirée chez les Powell, un couple un peu étrange qui cache de lourds secrets. On découvre alors les cinq héroïnes de la série lors de l’enterrement de la jeune femme, et on comprend vite qu’elles en savent plus qu’il n’y paraît. Et côté casting, vous risquez de reconnaitre pas mal de visages.

Il y a Rosie, interprétée par Dania Ramirez (vue dans Buffy, Heroes et Entourage), qui joue la jeune servante ingénue et pleine de bonnes intentions. Elle ne rêve que d’une chose : pouvoir faire venir son fils resté au Mexique et qui travaille pour deux acteurs, Peri et Spence.

Peri est une femme narcissique, égoïste, qui s’en bat les reins de son mari, de son enfant et du reste de la Terre : tout ce qui compte pour elle, c’est sa carrière. Spence, en revanche, est un homme doux et gentil qui reste avec Peri pour le bien de leur enfant (c’est toujours une bonne idée) et qui tente de garder la tête haute malgré les moqueries de sa femme.

Judy Reyes, qui interprétait Carla dans Scrubs, est ici Zoila, qui travaille pour Genevieve, une femme seule et un peu névrosée, mais gentille, qui considère Zoila comme un membre de sa famille (qui récure ses toilettes quand même).

Zoila travaille avec Valentina, sa fille, qui tombe amoureuse de Remi, le fils de Genevieve, que vous avez déjà vu dans Pretty Little Liars dans le rôle de Jason DiLaurentis. Zoila ne voit pas ce béguin d’un très bon oeil, et tente de faire comprendre à Valentina que les hommes riches ne tombent jamais amoureux du petit personnel, mais la jeune fille ne veut rien entendre et tente par tous les moyens de séduire le jeune blondinet.

Carmen, jouée par Roselyn Sanchez, avait déjà fait une apparition dans le dernier épisode de Desperate Housewives, pour faire le lien entre les deux séries. Elle rêve de devenir chanteuse et se fait engager par Alejandro Rubio, un chanteur prospère, dans le but de se faire remarquer et de lancer sa carrière.

Elle doit batailler tous les jours avec Odessa, chef du personnel, qui ne voit pas son ambition d’un bon oeil et qui fait tout pour protéger Alejandro des tentatives d’approche de Carmen.

Et enfin, il y a Marisol, inteprétée par Ana Ortiz qui jouait Hilda dans Ugly Betty. Elle débarque au beau milieu de tout ça et s’intègre au reste de la bande après avoir été engagée par un jeune couple, Taylor et Michael (que son ex-femme s’amuse à harceler, ayant moyennement digéré la rupture et le re-mariage avec une femme beaucoup plus jeune).

Marisol ne colle pas au stéréotype de la domestique latina puisqu’elle n’a pas d’accent et a reçu une bonne éducation, ce qui éveille les soupçons. Et il faut dire qu’elle n’est pas devenue femme de ménage par hasard ou par conviction…

http://www.youtube.com/watch?v=lDH6_oDs-Qo

Comme on parle d’une série de Marc Cherry, il y a déjà beaucoup plus d’humour que dans Mistresses, et certains gags vous paraîtront sûrement familier. Je pense notamment à une scène dans laquelle Carmen se retrouve soudain à poil dans la maison d’Alejandro et se retrouve forcée de courir partout pour cacher son cul nu — une situation très similaire à celle vécue par Susan dans la première saison de Desperate Housewives.

Et là encore, il y a de quoi faire niveau rebondissements. Entre le meurtre de Flora, les vilains petits secrets des employeurs, les histoires d’infidélité, les stratagèmes utilisés par chacune des héroïnes pour arriver à leurs fins et les menaces qui planent, pas le temps de s’ennuyer.

La patte de Marc Cherry est extrêmement reconnaissable, et l’humour est dosé de la même façon que dans son oeuvre précédente : il s’est simplement contenté de l’injecter dans un autre décor.

D’ailleurs, plusieurs acteurs de Desperate Housewives font partie du casting de Devious Maids. Par exemple, vous retrouverez Richard Burgi, qui jouait Karl, l’ex-mari de Susan, mais également Valerie Mahaffey qui jouait Alma Hodge, l’ex-femme d’Orson, Rebecca Wisocky qui jouait la mère de Bree, Melinda Page qui jouait la Soeur Mary Bernard ou encore Andrea Parker qui jouait la nouvelle copine de Tom Scavo.

Si c’est ce juste dosage de drame exagéré et de gags potaches qui vous manque, Devious Maids devrait combler le manque généré par l’arrêt de Desperate Housewives.

Au pire, pour Mistresses comme pour Devious Maids, ces séries font d’excellents plaisirs coupables à dévorer pendant les longues journées d’été. Il y a juste ce qu’il faut de rebondissements, de personnalités différentes, de méchants et de gentils pour vous occuper en attendant la reprise des autres séries.

Alors, avez-vous déjà testé une des deux séries ? Qu’en avez-vous pensé ? Et sinon, comptez-vous y jeter un oeil ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Human_
    Human_, Le 11 septembre 2016 à 1h11

    Mistresses je valide carrément :)
    Devious Maids, je ne connais pas du tout par contre!

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