Ces métiers qui me font de l’oeil

Certains métiers, même si on comprend dans un éclair de lucidité qu'ils ne sont pas faits pour nous, nous font parfois saliver. Voici ceux d'Alfrédette.

Ces métiers qui me font de l’oeil

Indécise devant l’éternel, je n’ai jamais été fichue d’imaginer quel métier ferait vibrer mon petit coeur et me permettrait de passer quarante ans derrière un bureau sans coup férir. Mon orientation ne fut qu’un ténébreux orage, traversé çà et là par de cuisantes désillusions.

Aujourd’hui, et en dépit de nombreux cierges brûlés en l’honneur de Sainte Oniseppe, j’ai toujours grand mal à imaginer quelle sera ma voie. Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici donc un petit aperçu de ces métiers qui semblent envoyer du pâté et pour lesquels je serai (presque) prête à lâcher études, famille et amis.

Hôtesse de l’air

Les hôtesses de l’air ont la classe, voyagent aux quatre coins du monde et nourrissent les fantasmes de la moitié de l’humanité — bref, elles semblent avoir un boulot idéal, et je les envie grandement.

Le hic ? Je ne supporterai jamais de marcher en talons toute la sainte journée – et la perspective d’avoir les oreilles bouchées en permanence m’effraie un tantinet.

Tout bien réfléchi, c’est une bonne situation, steward.

Barmaid

Amatrice de bonne chère et de bonne bière, j’ai fait mon premier coma éthylique à l’âge d’un an et demi* et ai toujours apprécié de découvrir des cocktails aux noms imprononçables.

Aussi, j’ai longtemps rêvé de posséder un jour un bar où une réplique du Pianocktail de Boris Vian servirait des breuvages mirifiques et où des apéros vieux-françoué-curaçao seraient régulièrement organisés.

Le hic ? J’aurais eu une cirrhose à vingt-cinq ans, la coupe de cheveux de Jean-Louis Borloo et le tarin de Gérard Depardieu, ce qui, avouons-le, aurait été fâcheux.

*À cause d’une sombre histoire de coupes de champagne traînant sur une table basse – on ne sait toujours pas si cette aventure m’a laissé des séquelles ou non.

Scribe Écrivain

Notre ami Otis aurait certainement reconnu que « c’est une très bonne situation, ça, écrivain ». Vivre de sa plume, être adulé par un parterre de lecteurs en folie, aller au festival du livre de Mouans-Sartoux*, que demande le peuple ?

Le hic ? Entre mes études, mes articles, mes partiels, mes procrastinations devant South Park et mes gueules de bois, je n’ai plus guère le temps de coucher sur le papier des histoires merveilleuses qui feraient de moi la digne héritière d’Amélie Nothomb.

*Je rêve sans doute un peu trop, là.

Jean-Jacques n’approuve pas ce paragraphe.

Vendeuse chez Sephora

D’aussi loin que remonte mon premier tampon gloss à la fraise, j’ai toujours nourri une vive passion pour les cosmétiques et les parfums, et rien ne me fait plus plaisir que de passer des heures dans la salle de bain pour me tartiner allègrement le museau.

Si j’étais vendeuse chez Séphora, je pourrais évoluer toute la sainte journée dans un monde de paillettes et de vernis, de fragrances et d’échantillons gratuits — ce qui est, à peu de choses près, ma vision du paradis.

Le hic ? Étant tout aussi sportive qu’un mollusque échoué sur la plage, j’aurais grand mal à courir du matin au soir dans tous les sens sans m’effondrer au bout d’une heure dans un fauteuil en criant grâce.

Ethnomusicologue

Quand j’avais quinze ans et que mon faciès était si constellé de boutons que l’on pouvait me confondre avec une calculette, j’avais une grande passion : aller à la bibliothèque municipale et en revenir les bras chargés des CDs les plus WTF de la création.

Très vite, j’ai nourri un vif intérêt pour les chants traditionnels de Papouasie-Nouvelle Guinée, les choeurs funèbres du Vanuatu, les polyphonies du Rajasthan, etc.

Le hic ? De huit à dix ans d’études, soit à peu près une centaine de partiels et autant de rattrapages. No way, donc.

Journaliste au Petit Routard

Amoureuse de voyages et de terres vierges, j’ai toujours rêvé d’explorer des contrées exotiques (Palavas-Les-Flots, Patagonie, Papouasie Nouvelle Guinée, Corée Du Nord, Meuse…). Ainsi, la perspective d’être payée pour aller aux quatre coins du monde, déguster des insectes grillés et dormir dans des hôtels situés au coeur de la forêt amazonienne m’enchante au plus haut point.

Le hic ? J’aime d’amour le Sud-Ouest, et la perspective de passer des mois et des mois sans foie gras ou aligot m’angoisse au plus haut point. Toulousaine je suis, Toulousaine je demeurerai, bouducon.

L’avantage de résider en Haute-Garonne et non aux antipodes, c’est qu’on est toujours sûr de ne pas retrouver des cafards géants en train de faire la nouba sur la cuvette de nos toilettes.

Prof

Quand j’étais jeune et rebelle innocente conne boutonneuse, je vouais une admiration sans borne à la gent professorale. Après tout, quoi de plus respectable que des gens qui affrontent un emploi du temps aléatoire pour dispenser un précieux savoir à de fourbes petits collégiens, le tout pour un salaire plus que discutable ? Rien.

Le hic ? Tout contact avec le moindre adolescent me donne des poussées d’acné, et je n’aurai sans doute pas la patience de répéter cinquante fois à Jean-Kévin ou à Eulalie-Samantha que Rambo n’a pas écrit Une Saison en Enfer. Mais étant toujours tentée par ce métier, je prépare une licence en parallèle de mes études — on ne sait jamais, ma bonne dame.

Et toi, quels sont les métiers qui te font rêver ? 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Solene49
    Solene49, Le 20 juin 2015 à 21h03

    J'aurais trop voulue être chanteuse moi. Je ne suis pas trop timide et je suis déjà montée sur scène c'était un super moment je voudrais vraiment le refaire. MAIS MOI C'EST LA MEDCINE QUI M'AMENERA A QUELQUE CHOSE. adieu mon rêve de vocalises

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