Merriweather Post Pavilion (Animal Collective)

Le genre d’album que je critique d’habitude à reculons. Vous avez vu le temps que j’ai mis pour Oracular Spectacular de MGMT, d’abord à cause de leur hypitude irritante mais surtout parce que je n’avais pas entièrement apprécié l’album et que je ne voulais pas que ça sonne comme celle qui veut pas dire comme […]

Merriweather Post Pavilion (Animal Collective)

Le genre d’album que je critique d’habitude à reculons. Vous avez vu le temps que j’ai mis pour Oracular Spectacular de MGMT, d’abord à cause de leur hypitude irritante mais surtout parce que je n’avais pas entièrement apprécié l’album et que je ne voulais pas que ça sonne comme celle qui veut pas dire comme les autres. Avec le 8ème album des New-Yorkais de Animal Collective, c’est un peu différent. D’abord parce que c’est leur 8ème galette, donc qu’ils sortent un album pareil, ce n’est qu’une demi-surprise. Ensuite parce que l’album est effectivement bon, du début à la fin, et qu’il surclasse presque tous les albums que j’ai pu écouté l’année dernière. 2009 commence fort !

Vous allez peut-être penser (même si j’en doute) que je m’éloigne un peu de ma “profession de foi” dans laquelle je déclare que je préfère laisser mûrir un album dans mes cages à miel avant d’en parler. Merriweather Post Pavilion est sorti lundi en CD (il y avait eu une méga-fuite sur le Net le 25 décembre, mais je suis passée à côté), je l’ai acheté hier, et je vous le chronique aujourd’hui. La raison est simple, et elle est matérialisée par les 5 petites étoiles rouges de là-haut.

J’appréhendais un peu d’écouter ce disque, je dois bien l’avouer, et ça m’embête de participer à mon tour à ce qui a généré cette appréhension : l’encensement de ce disque par plus ou moins tout le monde. Quand vous avez dans un coin de votre tête toutes ces louanges, z’avez l’impression que si vous n’aimez pas le disque, vous êtes pas normal(e). D’une autre manière, ça peut vous influencer, dans un sens comme dans l’autre, soit par esprit de contradiction, soit parce que vous êtes très influençable, et dans tous les cas parce que vous ne savez vous défaire de ce que vous avez lu ou entendu sur la musique que vous vous apprêtez à vous mettre dans les cages à miel. Donc si j’ai un conseil à vous donner : lisez cette chronique, et oubliez-la très vite !

Reprenons du début. Animal Collective, si je devais décrire leur musique de manière formelle, j’utiliserais à un moment donné les termes rock, pop, folk et électro. Autant vous dire que classer les bonhommes, c’est pas la panacée. Je crois que c’est ce qui caractérise l’avant-gardisme. Ils expérimentent, mélangent, créent, s’inspirent de tout, sont le genre de personnes à avoir une idée de musique en regardant le fond d’une poubelle vide ou une tache de vomi sur un mur. Rajoutez à tout ça une dose de psychédélisme et un intérêt certain pour tous les bruits de l’Univers, vous obtenez quelque chose de complètement original et parfaitement incroyable.

Ce qui surprend en écoutant leur musique et leurs paroles, c’est le nombre d’idées qu’ils y mettent. Chacun des 4 membres a une voix au sein du groupe, et ce doit être de manière exponentielle que les idées fusent. Toute la difficulté est alors de les regrouper en un ensemble homogène, concret et concis (toutes les pistes de l’album durent moins de 6 minutes, il n’y a pas de longues plages interminables où s’enchevêtrent idées et instruments en un ensemble conceptuel abstrait indéchiffrable). Il n’y a pas vraiment de singles qui se dégagent, il n’y a rien de “radiophonique”, même si “My Girls” et “Brother Sport” sont les 2 chansons qui ont l’air de générer un certain consensus.

Melting-pot de sons et d’ambiances, jamais aggressif, toujours beau, harmonieux, sans aucun défaut (ce qui fait dire à plusieurs critiques que leur musique est parfaite, mais il ne faut pas abuser), les voix sont magnifiques, aucune chanson n’est lassante ou moins originale que les autres… Plus “pop” que d’habitude à certains moments, notamment sur “Brother Sport”, Merriweather Post Pavilion ne perd en rien de la singularité qui caractérise tous les albums de Animal Collective (ça c’est de la phrase qui claque, non ?).

C’est beau, c’est même carrément somptueux sur à peu près toutes les pistes. C’est un de ces albums qu’on ne peut cerner à la première écoute, il y a trop de subtilités, trop de pistes d’écoute, trop de sons si admirablement imbriqués qu’il me faudra sûrement une cinquantaine d’écoute avant de pouvoir dire que oui, j’ai écouté Merriweather Post Pavilion. Il y a peu de groupes comparables, et peu de noms de groupes ont traversé mon esprit à l’écoute de ce disque. Unique, forcément. Je crois qu’on peut enfin parler d’un “son” Animal Collective, comme si comme par magie tout était devenu évident. Cet album ne sonne pas comme une révélation du talent du groupe (ça on l’avait remarqué au 1er album), ni une confirmation du talent du groupe (ça c’était le 4ème), mais comme la preuve éclatante et renversante du génie de ces New-Yorkais.

Grand album, grand, grand album. C’est étonnant car ceux et celles qui suivent l’évolution musicale d’Animal Collective le sentaient venir, il y avait comme une certitude partagée par tous les fans que cet album serait comme l’explosion finale, le moment où tout le boulot du groupe depuis 10 ans allait se concrétiser de manière flamboyante. Un peu comme une phase finale de Coupe du Monde de football, où dès les premiers matchs, on sait qu’on va aller en finale et gagner. C’est à la fois une immense joie et une délivrance, un soulagement.

Enfin Animal Collective tient son album qui deviendra culte. Joie !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Colonelle
    Colonelle, Le 4 janvier 2010 à 20h17

    La pochette fait mal aux yeux mais la musique, du bien aux oreilles :P

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