Mère-Fille : Angélique, 27 ans et Dominique

Angélique et Dominique forment toutes deux le quatrième duo mère-fille à avoir accepté de se faire interviewer pour fêter les Mamans !

Mère-Fille : Angélique, 27 ans et Dominique

Angélique a 27 ans et elle est animatrice pour enfants dans le périscolaire, en plus de son activité d’auto-entrepreneuse dans la composition de bonbons pour toutes sortes d’évènements. Elle est la fille aînée de Dominique, 53 ans, comédienne et intervenante en théâtre pour des associations, qui a également ouvert un petit théâtre avec son mari récemment.

Comment définiriez-vous votre relation ?

Angélique : Ça a été très évolutif, il y a eu des hauts et des bas comme dans toute relation mère-fille je pense. Les bas, c’était surtout pendant mon adolescence. Je ne saurais pas dire vraiment pourquoi mais on a eu pas mal d’incompréhensions. Je ne dirais pas que j’étais forcément une adolescente difficile, j’étais assez rebelle envers mes parents, mais rien de catastrophique. Quand j’entends des copines parler de leur adolescence je me dis « Ça va j’étais sage finalement ! » (elle rit).

Et puis aussi, quand j’étais toute petite, je ne me sentais pas complètement aimée par ma maman. Je sais pas trop pourquoi mais je pense que j’avais un certain manque parce qu’elle travaillait souvent tard le soir (elle était aide-soignante à l’époque). Du coup, c’était mon père qui me couchait et elle rentrait vers 21h, voire plus tard. Je me rappelle que je l’appelais de mon lit. Mais j’étais vraiment petite et je n’avais aucun recul. Maintenant, je réalise combien c’était stupide. Aujourd’hui, on a une très bonne relation et c’est pour ça que j’avais envie de faire l’interview. Récemment, j’ai eu une période difficile de deux mois et elle a été très présente, elle m’a beaucoup écoutée, on se téléphonait souvent et je pense que ça nous a pas mal rapprochées.

Dominique : Ça a évolué par cycle. Maintenant elle est adulte et indépendante depuis quelques années. Ça évolue bien, on est dans la période de rapprochement où on a plus envie de se confier. Ça fait aussi du bien de parler entre femmes, juste elle et moi ! Je suis vraiment ravie d’avoir au moins une fille en plus de mes deux garçons.

Quand elle était toute petite, jusqu’à l’âge de 6 ans, elle était très bavarde et je me souviens qu’une fois, je lui avais demandé de se taire tellement je n’en pouvais plus (elle rit). Avec le recul je me dis que j’y suis peut-être allée un peu fort. Jusqu’au baccalauréat, elle travaillait bien, elle était sérieuse tout en profitant de la vie avec ses copines. C’est après le bac que ça a été moins bien, j’ai eu l’impression qu’elle faisait une crise d’adolescence sur le tard. C’est là que ça commençait à aller moins bien entre nous. Elle prenait ses distances, ses notes baissaient en plus. Une fois qu’elle a arrêté ses études après la licence, elle vivait encore chez nous et on l’a poussée vers l’indépendance. J’avoue que je suis le genre de maman à emmener vers l’autonomie.

Selon vous, quelle est la plus grande qualité de l’autre ?

Dominique : C’est toujours dur ce genre de questions… Je parle souvent d’elle comme d’une vraie organisatrice. Je suis assez fière d’elle parce que j’aime bien en général les gens qui savent organiser.

Angélique : Je dirais l’écoute. Elle sait très bien écouter, elle ne coupe pas la parole, elle essaie vraiment de te comprendre. Ce n’est pas tellement le genre de personnes qui va donner des conseils : elle va écouter, elle va poser des questions pour guider.

Une autre qualité qu’elle a, c’est qu’elle prend toujours la vie de manière positive. Là par exemple, le chien de la famille a fugué et n’est pas revenu. Pour bien vivre le deuil, elle se dit qu’il est parti de lui-même pour ne pas qu’on le voie mourir, et elle aime penser qu’il est dans un fossé, comme ça c’est un retour à la nature (elle rit). J’aime bien ce côté un peu « roots », je trouve ça beau de concevoir les choses comme ça.

Et tu as hérité de ce côté-là ou pas ?

Oui, c’est vrai que je m’intéresse beaucoup, que j’essaie de voir les choses du bon côté même si chaque être humain a parfois tendance à s’apitoyer sur son sort. J’essaie toujours de voir quelle leçon je peux tirer d’une situation, est-ce que je peux apprendre quelque chose de ce que je vis…

Qu’est-ce que ça a changé entre vous quand elle est partie ?

Dominique : C’est là que c’est contradictoire, parce que j’ai réalisé combien elle me manquait. On avait du mal à se retrouver. De mon côté, il a fallu que j’accepte cette relation où elle avait pris de la distance parce qu’elle faisait sa vie. Maintenant que je m’y suis faite, je l’accueille quand elle veut, et je sais que maintenant, en ce qui me concerne, si elle veut se confier à moi, elle peut venir. Si je sens qu’elle a besoin de moi, qu’elle a besoin de se confier, j’essaye d’aller vers elle.

Et puis elle de son côté, je sais qu’elle a des amis et qu’on est donc assez indépendantes malgré tout. On a réussi à prendre notre indépendance vis-à-vis de l’autre, je pense. Et puis en ce moment, on est dans une bonne période. On a envie à nouveau de communiquer. Mais c’est vrai que pour une bonne communication, j’ai l’impression qu’il faut être vigilant.

Dominique et Angélique

Quel est le défaut qui vous agace un peu chez l’autre ?

Angélique : Aujourd’hui il n’y en a pas trop mais quand j’étais plus jeune j’avais tendance à la trouver un peu hystérique : quand il y avait des disputes à table elle hurlait, elle pleurait et ça m’énervait. Mais aujourd’hui j’y pense avec tendresse.

Dominique : Peut-être le fait qu’elle parle beaucoup d’elle, mais c’est peut-être une question d’âge. À la limite comme défaut je dirais qu’elle n’a pas assez confiance en elle. Elle est épanouie mais elle peut parfois être ralentie dans ses actions à cause de ça.

Mais pour moi c’est pas forcément un défaut puisque dans la vie, on prend confiance petit à petit. Et puis quand elle était petite elle était très timide alors je pense qu’il faut lui laisser le temps de faire grandir son assurance. Quand elle était enfant, je trouve que je lui ai peut-être donné trop de responsabilités trop vite. Avec le recul je me dis que ce n’était peut-être pas bien. On avait un autre enfant qui avait des difficultés, un handicap, et c’est vrai que je me suis parfois déchargée sur elle. C’est peut-être de ça dont je suis le moins fière (elle rit), mais sur le moment je ne m’en rendais pas compte.

Quel a été le plus beau moment que vous avez passé ensemble ?

Angélique : Si je devais en choisir un seul, je dirai que c’est quand j’étais pré-ado et qu’elle me racontait ses souvenirs du collège, ses émois. Ça remplaçait l’histoire qu’elle me lisait le soir quand j’étais plus petite. Ça reste vraiment de très bons moments pour moi.

Dominique : Le plus beau moment avec ma fille… C’est bizarre parce que je ne me rappelle pas D’UN plus beau moment, mais de ses anniversaires. On les fêtait dans le village de mes parents, dans le Charolais. Si je m’en souviens, c’est peut-être que je suis influencée par les photos, par le fait qu’il faisait beau, comme elle est née en août… Si on me demande comme ça, à brûle-pourpoint, je vais penser à ça.

J’ai un peu du mal à me rappeler des choses du passé mais il y a aussi sa naissance : je m’en rappellerai toujours. Dans la salle d’accouchement, ils l’avaient mise dans un petit lit transparent, près du mur, et c’était comme s’ils l’avaient rangée sur une étagère. Je la revois encore, elle était tellement belle. C’était un bébé de magazine ! Bien sûr en tant que maman on va toujours dire que son enfant est le plus beau, mais quand même ! Elle était toute mignonne et elle l’est encore maintenant bien sûr. Oh, de toute façon, j’en suis fière de ma fille !

Angélique, ça t’a fait quoi quand tu es finalement partie de chez tes parents ?

Je suis partie pour vivre avec mon copain à 23 ans et ça ne s’est pas très bien passé. Je commençais, forcément, à en avoir marre du foyer familial, mes parents avaient hâte que je parte aussi, ils considéraient que je partais super tard en plus. Moi, 23 ans ça me paraissait pas tard, mais eux avaient envie que je prenne mon indépendance.

Je n’ai pas forcément très bien vécu cette période. Quand je faisais un truc qui ne leur plaisait pas, ma mère me disait « Quand tu seras chez toi tu feras ce que tu veux mais tu es ici en attendant », et je me disais, mais comment ça, je suis pas chez moi ? Je le prenais un peu comme un reproche et mon départ a été un peu dur. Et puis après je lui manquais alors elle m’appelait tout le temps (elle rit).

Maintenant je comprends un peu mieux : c’était pour mon bien en fait, elle voyait qu’il fallait que je prenne mon indépendance. De manière générale, mes parents nous ont souvent amené-e-s à prendre confiance en nous, à devenir autonome.

Dominique, si vous deviez vous rappelez d’un mauvais moment, une mauvaise période que vous avez eu avec votre fille, ce serait quoi ?

Le plus mauvais moment ça a vraiment été pendant ses années d’études. Ça avait été tellement bien entre nous avant : elle était toujours mignonne, elle travaillait bien, on parlait beaucoup ensemble, on n’avait aucun problème avec elle jusqu’au bac et là, comme elle a pris ses distances et qu’elle a grandi, je dirai cette période-là. Bon et puis après, de manière plus anecdotique, il y a eu la fois où on m’a appelée parce qu’elle avait volé avec sa meilleure copine dans un magasin… Je me rappelle de ça aussi (elle rit).

Angélique, ta mère, c’est ton modèle ?

Je l’admire beaucoup et elle est en effet un de mes modèles. J’admire beaucoup, comme je disais tout à l’heure, sa faculté à être positive. Et puis c’est quelqu’un qui vit de sa passion, le théâtre. Avec mon père, ils se sont achetés leur petit théâtre avec leur propre programmation. Ils ont vraiment eu le cran de sortir du système et de faire ce qu’ils aimaient vraiment et je suis super admirative pour ça.

Vous avez un dernier message pour votre fille, Dominique ?

Oh eh bien si elle le sent, si elle est bien avec son conjoint, ça ne me dérangerait pas du tout d’être grand-mère, tiens (elle rit). Mais c’est personnel et c’est elle qui décidera bien sûr…

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