Typologie des mensonges ordinaires

Il nous arrive à toutes de mentir de temps en temps. Retour sur ces petits arrangements avec la vérité du quotidien.

Typologie des mensonges ordinaires

La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, il arrive parfois que notre honnêteté soit mise à l’épreuve par des situations dans lesquelles le mensonge est obligatoire. Alors que tu t’étais juré d’être aussi honnête que l’enfant sortant du ventre de sa mère, un rien peut t’affubler du nez de Pinocchio. Pour réchauffer vos petits coeurs meurtris par un printemps à retardement, voici donc cinq exemples de mensonges ordinaires et terriblement communs.

« Elles étaient très bonnes, tes grillades »

À qui mens-tu éhontément ? À ton père, qui vient de te demander si le fruit de son barbecue est comestible.

Mais pourquoi ? Ton père et le barbecue, c’est un peu comme Harry Potter et son balai, Luke et son sabre laser, Nabilla et ses boobies : ils sont inséparables pour la vie. Lorsque ton paternel grille d’innocentes saucisses sur l’autel du repas dominical, répandant dans toute la maison une suave odeur de cochon grillé, il met tout son coeur dans la cuisson de ces victuailles brisées-martyrisées-outragées-mais-carbonisées. Émettre le moindre reproche sur la qualité gustative de ses merguez reviendrait à lui planter une brochette en plein coeur – et comme tu aimes ton Papa, tu préfères mastiquer en silence plutôt que de lui avouer que tu as toujours voué une haine féroce au barbecue.

Mensonge alternatif : « Je suis vraiment désolée, mais je viens d’apprendre que je suis allergique au barbecue. Ça me donne des boutons partout – un peu comme quand j’écoute une chanson de Cauet sans casque anti-bruit. C’est donc avec regret que je me vois obligée de décliner tes saucisses – désolée, vraiment. »

Et dire qu’avant d’atterrir dans mon assiette, ce petit magret était si mignon.

« Waouh ! Merci beaucoup, il est vraiment génial ton cadeau »

À qui mens-tu éhontément ? À un membre de ta famille éloignée dont tu as oublié le prénom, et qui, chaque Noël, t’offre un livre pour adolescente boutonneuse (Moi, ma bestah et mon tube de Biactol) alors que tu ne lis plus ce genre d’oeuvres depuis ton premier tampon.

Mais pourquoi ? Tu préfèrerais passer tes vacances en compagnie d’Hannibal Lecter plutôt que de lire une page de Marc Lévy – tu ne vas donc pas t’abaisser à suivre les trépidantes aventures de Stacy, 13 ans, et son gentil poney Kevin. Tu as des valeurs, après tout.

Mensonge alternatif : « C’est vraiment gentil d’avoir pensé à moi, mais je ne sais pas lire. Mais si tu veux, tu peux toujours rendre ce bouquin au magasin et m’offrir des vacances en Thaïlande à la place. »

« Mais nan, t’inquiètes, ça te va trop bien ».

À qui mens-tu éhontément ? À ta pote de promo qui vient de se faire tatouer la tête de Justin Bieber sur la joue droite*.

Mais pourquoi ? Sérieusement, pourquoi aller se faire tatouer la tête de Justin Bieber sur le faciès, heing ? Même dans des cas un peu moins extrêmes, il est toujours difficile d’avouer à ses amies que leur bouton d’herpès fait peur aux enfants, que ce string en léopard qui dépasse n’est pas des plus cohérents avec leur pantalon à paillettes ou qu’elles sentent le renoncule putrescent.

Mensonge alternatif : Il n’y en a pas. Mais tu peux toujours t’enfuir en prétextant entendre des voix.

*Naturellement, cela marche aussi avec les fesses de Rihanna sur la joue gauche.

Quelle idée, aussi.

« Aujourd’hui ? Bah, j’ai bossé, pourquoi ? »

À qui mens-tu éhontément ? À l’un de tes géniteurs, qui te regarde avec des yeux qui veulent dire « Travaille, ou je t’éjecterai de ce canapé avec de l’huile bouillante si c’est nécessaire ».

Mais pourquoi ? Ce matin, tu t’es réveillée avec le coeur léger et l’ambition au ventre. Tu te voyais déjà réussir tes partiels, rentrer à Normale Sup/ à l’ENA/au Cirque Pinder et devenir présidente de la république en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « anticonstitutionnellement ». Mais Internet, ce grand fourbe, t’a détournée du droit chemin : de Facebook en Pinterest, de Pinterest en madmoiZelle et de madmoiZelle en Twitter, tu as passé ta journée à procrastiner et tu n’as pas révisé le tiers du quart du commencement d’un cours. MAUVAISE FILLE, VA.

Mensonge alternatif : « Je suis actuellement en situation d’apprentissage différé, donc je m’en remets au divertissement pascalien en attendant de retrouver un peu de coeur à l’ouvrage. »

« Je te jure, faut que j’aille m’acheter deux-trois trucs, j’ai plus rien à me mettre ».

Ça, c’est moi après m’être persuadée que j’ai BESOIN de ces talons de douze violets à sequins.

À qui mens-tu éhontément ? À toi-même, dans la plus part des cas. Si ta carte bleue pouvait causer, elle émettrait certainement un sifflement réprobateur à chaque fois que cette pensée traverse ton cervelet.

Mais pourquoi ? Adepte de l’auto-congratulation, tu achètes des choses futiles à chaque fois que tu parviens à mener à bien un exploit (saut stratosphérique, validation d’un partiel d’historiographie, rangement de ta cuisine, etc.). Mais à force de t’adonner à cette pratique, tes placards menacent d’imploser d’une seconde à l’autre et un dossier de surendettement te fait les yeux doux.

Mensonge alternatif : « J’ai pris une taille, donc il faut que je rachète TOUTE ma garde-robe. Me regarde pas comme ça Johnny, c’est pour la gloire. »

Et toi, dans quelles situations te sens-tu obligée de mentir ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Titania17
    Titania17, Le 3 juin 2013 à 16h44

    "ça avance ton mémoire" ?
    oh OOOUUIIII, bien sUUURRR, je bosse à fond dessus tous les jours

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