Mémoire Courte (Nicolas Rey)

« Tiens, l’an passé encore, je racontais des belles histoires aux filles avant qu’elles ne s’endorment. J’étais capable de les emmener en week-end sans presque rien attendre en retour, capable de luxe, d’un coup de téléphone le jour de l’anniversaire et même (pourquoi le nier), capable d’être attentif à leur plaisir s’il m’arrivait de faire l’amour. […]

« Tiens, l’an passé encore, je racontais des belles histoires aux filles avant qu’elles ne s’endorment. J’étais capable de les emmener en week-end sans presque rien attendre en retour, capable de luxe, d’un coup de téléphone le jour de l’anniversaire et même (pourquoi le nier), capable d’être attentif à leur plaisir s’il m’arrivait de faire l’amour. Tu vois comme on change. » (4ème de couverture)

Gabriel, 31 ans – un ange déchu ? C’est la question que l’on pourrait se poser. On rencontre le héro le matin même de son mariage, où il tente quand bien que mal de se rappeler de la veille, des détails de sa soirée d’enterrement de vie de garçon. Impossible de se souvenir…Mais, au fait, comment a-t-il pu oublié ?

Marié, désillusionné, confus – comment en est-il arrivé là ? Incertain d’aimer encore celle qu’il vient d’épouser, incapable de s’intéresser à son boulot à France 3, infidèle envers sa femme, mais aussi ses amis, et même sa maîtresse : Gabriel nous entraîne d’une soirée à une autre, un verre à la main, dopé à qui-peut-mieux, toujours plus vite et plus bas dans sa chute. Faute de comprendre ce qu’il est devenu, il s’enivre pour s’étourdir, dans sa course effrénée pour retrouver la mémoire…et qui sait, peut-être trouver la rédemption.

Deuxième roman de Nicolas Rey, Mémoire Courte n’a presque rien à envier à son prédécesseur, si ce n’est, la saveur du tout premier roman. Une fois de plus, on navigue dans les eaux troubles du psyché masculin. Complètement paumé, Gabriel a peur d’être passé à côté de quelque chose…il donne le sentiment d’être au bord de l’asphyxie, et joue avec le feu pour se prouver qu’il est toujours vivant. Il sait pertinemment qu’il court à sa perte, mais comme un papillon attiré par la lumière, ne peut s’empêcher d’être irrésistiblement attiré. On aimerait bien le détester, car il est effectivement détestable – mais peut-on lui reprocher de tout simplement refuser de grandir ?

Amour et humour noir toujours, Nicolas Rey, dans la veine de son premier roman, continue à « choquer ». Récit cru de la réalité d’un personnage, qui dans le fond, ne demande qu’à retrouver le côté naïf et romantique de la vie…Un peu comme nous toutes.

Néanmoins, si tu as aimé Treize Minutes, tu seras peut-être un peu déçue…Le style est toujours aussi fluide, le rythme toujours aussi entraînant – mais il manque indéniablement le côté « neuf »…forcément :P

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