Meetic : vers l’homme en libre-service ?

Je m’inscris, je prends un pseudo. Je serai Mariah sur Meetic. Je ne m’appelle pas Mariah mais tant pis, se faire appeler Mariah ça fait partie d’une stratégie expérimentale sentimentalo-marketing. Je remplis le formulaire tout comme pour une nouvelle carte d’identité, la dame de l’accueil et son chemisier à épaulettes en moins. Région : je […]

Meetic : vers l’homme en libre-service ?

Je m’inscris, je prends un pseudo. Je serai Mariah sur Meetic. Je ne m’appelle pas Mariah mais tant pis, se faire appeler Mariah ça fait partie d’une stratégie expérimentale sentimentalo-marketing. Je remplis le formulaire tout comme pour une nouvelle carte d’identité, la dame de l’accueil et son chemisier à épaulettes en moins. Région : je peux dire Ploudalmezau ? Non, faut pas trop mentir c’est mal. Âge : Je suis dans la tranche où c’est bon de le dire, ouf. Situation : alors là ça dépend. Financière : jamais bonne. Professionnelle : « en mode Erin Brokovitch » je peux mettre ? Sentimentale : sont un peu con sur Meetic on est quand même censés être single non ? Plus ou moins ? Ah ok. (Je comprendrai quand je serai grande.)

Et ça continue, on me demande si je vis seule, si je pratique une religion, si j’ai un chat et de grands pieds. Sans oublier les caractéristiques physiques tellement précises qu’on me demande presque si j’ai des mèches, oui mais de quel blond ? Cendré, californien ou beige ?…

Ah, me voilà rassurée, Meetic me demande quel genre de relation je recherche.

Ouf, ils sont conscients qu’ils sont aussi une plateforme de cinq à sept…

Passons à l’homme que j’aime(rai). Qui est-il ? (Cupidon est au chômage technique depuis que Meetic existe). D’où vient-il et quelle langue parle-t-il, aime-t-il les enfants et la potée, ses anciennes belles-mères et les mariages de Province ?

Rien n’est laissé au hasard. Même les inconnus ne le sont plus puisqu’on a lu leur fiche technique. En dix minutes, J’ai trois messages et on « flash » (l’équivalent du wizz de msn) sur moi une bonne dizaine de fois. Je n’hésite même pas entre me sentir flattée et agressée. C’est quoi ce bordel ? On dirait des chats devant trois croquettes ! Je commence à tchatter avec Phil45, qui me dit au bout de 1’30 qu’il est sûr que je suis une coquine. Gébezoin2toa branche sa caméra et je me rends compte qu’il a une french manucure (avec résine). Les deux autres mecs avec qui je tchat ont le moral de Vincent Delerme. La loose.

To avoir un mec or not to avoir un mec, that is the question

Le problème des célibataires actuels ? On nous demande de choisir, alors on choisit ! Et lorsque Charming est roux alors qu’on avait dit brun cendré, eh bien c’est la cata …Au delà de ça, les rencontres, ça use les souliers. Y’a des cas j’te jure, c’est flippant.
Après ces quelques tentatives de tchat et un café avec addition partagée (autrement no way), je me suis posé la question. Etre sans mec c’est un peu contrariant. Mais entre single et cinglé, il n’y a qu’un cours de phonétique et quelques accents, donc je vais peut être y aller molo sur Meetic. Finalement, le naturel a peut être du bon.

Et au fait, avant ils faisaient comment ?

Imaginons deux situations :

Avant : j’aurais bossé dans un boudoir situé à trois bureaux de Jean-Claude. On se connaîtrait depuis 6 mois, j’entendrais toujours de la super musique sortir de son bureau et il ne ferait jamais de blagues lourdes sur le casual friday (« à poil les meufs, c’est casual ! »). A force, je lui aurais trouvé du charme… à creuser. Il a une moustache ? Môôarf, c’est pas si grave, ou bien ? Un baiser sans moustache c’est comme un smoothie sans Kiwi…

Today : ça fait 6 mois que je suis absorbée par ma recherche DU mec, c’est simple à chaque nouvelle alerte Meetic, j’arrête tout en priant pour qu’un demi-frère de Brad Pitt apparaisse à l’écran. J’avoue, je me fait tout un tas de films, je me coupe un peu de la vraie vie du bureau… Tiens d’ailleurs, voilà une alerte : « Jean-Claude22 ? »… Euh, non merci, les moustachus très peu pour moi. Il me dit quelque chose en plus le bougre d’animal.

Et voilà… Jean-Claude zappé en deux coups de cuiller à pot à cause d’un pauvre duvet sublabial. Six mois d’efforts + une pression surhumaine pour adhérer à ce site contre nature (eh, oui à part moi rien ne l’y aurait mené). Parce que le Jean-Claude, il se démène pour attirer mon attention sans me faire ze plan de merde.

Meetic, c’est un peu un fast food relationnel en fait. Tu mates, tu choisis, tu commandes, tu payes et tu consommes.

Mais non je ne suis pas réac’ (à mon âge, ça ressemblerait plus à une post crise d’adolescence d’ailleurs !) mais à ce rythme, les vraies rencontres se feront aussi rares que les fraises françaises, donc je propose qu’on réessaie l’ancienne méthode. On se zieute, on se prête un parapluie, et zou, ça prend, ou pas…
Ca aiguise l’humour, ça fait prendre un risque considéré, et puis rien ne nous empêche de googler la nouvelle recrue avant d’accepter le premier rendez-vous.

Et surtout, on prend le droit d’aimer Meetic, ou pas.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mademoiselle Coco
    Mademoiselle Coco, Le 25 mai 2008 à 13h24

    J'ai eu exactement la même impression, celle de faire mes courses au supermarché, façon "miaaaaam, du poulet au coco, j'adore ça. Ah mais non, il y a 0,2% de poivron rouge et je n'aime que les poivrons verts, je repose dans le rayon". Alors que si la liste des ingrédients n'avait pas été là, j'aurais pris le poulet au coco, et je n'aurais même pas senti le poivron rouge...

    En revanche, même pour se rebooster l'ego, bof bof. Trois mecs m'ont flashée, et euh.. un de plus de 50 ans, un tout moche et surtout un dont je n'arrivais pas à déterminer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme :rockon:

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