Cette façon de se masturber dont le monde parle trop peu

La plupart des femmes découvrent la masturbation avec cette technique, mais elle reste largement tabou... Alors, parlons-en !

Cette façon de se masturber dont le monde parle trop peu

J’ai reçu récemment un mail qui m’a rendue triste.

Dans ce message, une madmoiZelle me disait avoir honte de la façon dont elle se masturbe. Elle pensait être la seule femme à employer cette technique et se demandait si elle était normale.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de pourfendre l’injustice en vous présentant cette façon de se toucher dont personne ne parle JAMAIS.

Se frotter pour se masturber

Cette façon presque taboue de se masturber, c’est ce que j’appellerais le « frottage ».

C’est le fait de se frotter, habillée ou non, contre quelque chose pour stimuler la partie externe du clitoris. 

Bien souvent, les petites filles découvrent la masturbation par ce biais, un peu par hasard, contre un coussin, un oreiller, une peluche, un accoudoir de canapé…

Ce fût le cas pour Louane :

 « Je crois que j’ai découvert ça vers mes 8-10 ans, mais je ne comprenais pas tout à fait ce que je faisais.

Autour de mes 13 ans, j’ai eu mes premiers cours d’éducation sexuelle au collège et j’ai commencé à comprendre…

Je sentais que c’était agréable et comme je ne connaissais rien d’autre à cet âge-là, j’ai continué à le faire, jusqu’à me perfectionner. »

En grandissant, le frottage reste souvent la seule technique connue et pratiquée par les femmes qui l’ont découverte enfant, parfois longtemps après le début de leur vie sexuelle.

Alors comment, dans notre société où le sexe est censé être partout, une jeune fille en vient à se demander si elle est normale quand elle emploie une technique de masturbation aussi répandue ?

Pourquoi la masturbation par frottage est-elle tabou ?

Si l’on ne parle que très peu du frottage, c’est d’abord parce qu’il existe un tabou général autour de la masturbation féminine tout court.

On en parle pas aux concernées, et ce n’est pas valorisé ou banalisé comme la branlette masculine, puisque les filles ne sont pas « censées » aimer le sexe et rechercher le plaisir.

Le frottage pâtit ensuite de représentations fausses ou partielles de la masturbation féminine (vous allez me dire que s’il n’y avait pas de tabou à la base, on serait peu être un peu mieux informées et je vous répondrai : OUI).

Les idées fausses ou pré-conçues concernent surtout le « doigtage », comme le raconte Marie :

« Au collège, j’avais l’impression que les mecs étaient obsédés avec le fait que les filles « se mettent des doigts ».

J’avais fini par penser moi-même que c’était comme ça que toutes les filles se masturbaient et que je n’étais pas normale.

J’avais essayé « pour voir » et les résultats n’étaient vraiment pas probants, en comparaison de me frotter qui me faisait atteindre l’orgasme très vite et à tous les coups.

Encore aujourd’hui, j’ai l’impression que la plupart des hommes pensent que toutes les filles se masturbent en insérant leur(s) doigt(s) dans leur vagin. Je sais maintenant que c’est loin d’être le cas ! »

Cette idée que les femmes utilisent uniquement leurs doigts, de façon externe ou interne, pour se masturber est très répandue.

Elle est entretenue par le porno où les représentations de la masturbation féminine prennent largement leurs racines.

En effet, le doigtage présentent l’avantage d’être beaucoup plus « visuel ». On veut voir de la chatte en gros plan et ce n’est guère possible avec une femme allongée sur le ventre qui se frotte à un coussin !

S’ajoutent à cela les magazines et autres médias, les films et autres objets culturels qui sur-représentent la masturbation à l’aide du jet de la douche et des sextoys…

Et le monde oublie qu’en réalité, il existe autant de façons de se toucher que de femmes.

Se frotter pour se masturber, c’est la honte ?

Louane soulève aussi le fait que le frottage ne soit pas vu comme « flatteur » par les femmes elles-mêmes.

Technique considérée comme juvénile, immature, elle implique d’adopter une position et des mouvements parfois bien loin de la représentation sensuelle que l’on se fait d’une femme qui se touche.

Pour le dire clairement, se frotter fait plus ressembler à un yorkshire en rut qu’à une déesse gracieuse du sexe solitaire. C’est exactement ce qui bloquait Marie :

« Avant, je n’osais pas me masturber comme ça devant mes partenaires car je ne me sentais pas en valeur, mais c’était la seule façon de me toucher que je connaissais ! »

En anglais, cette technique est connue sous le terme de humping, et c’est le même mot qui est utilisé pour désigner un chien qui se frotte…

« Je pense que les gens pourraient trouver ça ridicule parce qu’ils pourraient penser qu’on éprouve du désir envers ce à quoi on se frotte. »


Et là, le coup de foudre 

Rien de fétichiste pourtant à stimuler son clitoris avec un coussin ou autre !

L’action du frottage est avant tout mécanique. Pour la plupart des femmes qui l’utilisent, le support en lui-même n’est pas excitant.

Plus difficile de jouir à deux si on a l’habitude se frotter ?

Ce qui est sûr, c’est qu’avec l’habitude, le corps développe ses capacités à jouir selon telle ou telle technique.

Si une femme ne se masturbe qu’avec une seule technique, elle va donc développer des « réflexes orgasmiques » propre à celle-ci.

Le frottage conditionne l’orgasme dans une certaine position (souvent sur le ventre), avec une certaine pression, et uniquement via le gland du clitoris.

Cela peut devenir handicapant car l’action du frottage n’est pas toujours facile à reproduire dans un rapport.

Il est possible de « réutiliser » ses années de humping pendant le sexe, en se frottant contre la cuisse de son partenaire par exemple ou en étant pénétrée pendant que l’on se frotte, allongée sur le ventre.

Héloïse s’inquiète de ne pas pouvoir éprouver autant de plaisir à deux que seule :

« Je n’ai jamais eu d’orgasme lors de pénétration avec mes partenaires et ils n’ont jamais su/réussi à m’en donner un.

Le problème est que j’aimerais bien guider mon copain en lui disant de faire plus comme-ci ou cela, mais moi-même je ne sais pas…

Je me suis toujours masturbée en me frottant et cela fait que je ne sais pas comment fonctionne mon corps avec la stimulation digitale. »

Pour étendre sa palette de possibilités, il est possible de tester d’autres techniques de masturbation, dans d’autres positions, avec les doigts, avec du lubrifiant, par stimulation vaginale, anale…

Prendre le temps d’essayer d’autres moyens de se toucher permet de découvrir d’autres facettes de son corps et de s’entraîner à jouir autrement, pour transposer ensuite ses belles compétences dans un rapport à deux.

Il est important de rappeler qu’en matière de masturbation, il n’y a pas de norme.

Comme dans les autres domaines de le sexualité, tout est affaire de préférence, de spectre et de variations. J’espère que cet article permettra de rendre un peu plus visible cette belle diversité.

Et toi, comment tu te touches ? Y a-t-il d’autres techniques dont j’ignore l’existence ?

Raconte-moi en commentaires ou écris-moi un mail à queencamille[at]madmoizelle.com, et je pourrais faire une grande encyclopédie de la branlette féminine, youpi !

À lire aussi : Nina Luka vous offre 11 conseils pour une meilleure masturbation

QueenCamille


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