J’ai testé pour vous… me marier à 20 ans

Cette madmoiZelle s'est mariée à 20 ans, contre l'avis de beaucoup de ses amis. Cela fait presque un an, et elle ne regrette rien !

J’ai testé pour vous… me marier à 20 ans

Je vais avoir vingt-et-un ans dans quelques semaines. Depuis 4 ans, j’étudie à la fac pour avoir mon diplôme et travailler dans les relations internationales. Je vis en couple dans un petit studio à Paris ; on galère pour boucler les fins de mois mais on garde quand même suffisamment d’argent pour partir une semaine en vacances en été après nos stages respectifs.

Bref, ma vie de jeune adulte est désespérément banale… à un détail près. Dans quelques semaines, le jour même de mon anniversaire, je fêterai ma première année de mariage. Pour cette occasion exceptionnelle (noce de coton représente !), nous retournerons sur les lieux de la cérémonie, dans cette salle-restaurant où nous avons célébré notre amour devant tous nos proches, histoire d’en prolonger un peu la magie. Et de revenir sur notre histoire pas banale.

Seriez-vous sceptique par hasard ? Plus pour longtemps !

Les joies de l’amour à distance

J’ai rencontré mon copain l’année de mes 16 ans, alors que j’étais en vacances avec mes parents au bord de la mer. Dès le début nous nous sommes plu, et trois jours après notre rencontre, nous étions ensemble. Nous avons fait face au scepticisme de notre entourage qui ne croyait pas vraiment à cette amourette estivale, très légèrement compliquée par le fait que dans la « vraie vie », nous habitions à 800 km l’un de l’autre…

Que nenni, notre histoire a tenu malgré tout pendant plus de deux ans sur ce mode, rythmée par les sessions Skype, les milliers de textos, les week-ends express chez l’un ou chez l’autre et toujours cette sacro-sainte semaine de vacances d’été où nous nous retrouvions rien que tous les deux. Malgré toutes ces contraintes, la distance, les retrouvailles permanentes et les jalousies exacerbées, nous nous aimions et nous n’avons (presque) jamais envisagé de nous séparer, même si nous guettions la moindre occasion d’être enfin réunis dans la même ville.

Cette occasion s’est déclarée quelques jours après mes 18 ans : mon copain, qui étudiait en dernière année pour devenir prof d’anglais, avait réussi à convaincre ses parents de le laisser effectuer sa dernière année de master dans ma ville d’études. Joie, extase, orgasme, petite fleur et papillon : nous étions tout à notre bonheur.

Youpi !

La décision

Nous avons vécu une année géniale. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la transition entre amour à distance et amour-routine s’est faite en douceur. Nous avions décidé de ne pas habiter ensemble directement, lui logeant dans un petit studio étudiant pendant que moi, faute de revenus, je continuais à habiter chez mes parents.

Nous nous voyions néanmoins tous les jours et nous en apprécions chaque moment, tout en gardant quand même une certaine indépendance. À cette époque, la perspective du mariage était à mille lieues de nos pensées, comme la plupart des jeunes de notre âge. Nous voulions profiter de notre amour qui perdurait, s’épanouissait et s’intensifiait, tout simplement.

C’était sans compter sur la fin des études de mon copain qui sonnait le glas de ce bonheur idyllique. Ayant obtenu brillamment le CAPES (le bougre), il allait, comme tout bon fonctionnaire de notre république, recevoir sa toute première affectation. Problème de taille : cette dernière se fait en priorité dans l’académie où l’étudiant a passé la majorité de sa carrière universitaire. Soit à 800 km de chez moi. Merde.

Et là, c’est le drame.

J’avoue que j’étais vraiment découragée et absolument pas prête à repartir dans une relation à distance après ces huit mois passés ensemble. J’ai pensé à rompre définitivement, la mort dans l’âme. Nous avons vécu une semaine horrible pleine de doute et de tensions, avant que mon copain ne prononce cette phrase qui allait changer nos vies à jamains (TADAAA) :

« Et si on se mariait ? »

En effet, le mariage lui permettait de choisir en priorité une affectation près de sa dulcinée, au même titre que le PACS. Au début j’ai refusé en bloc ; j’avais 20 ans, je ne pouvais pas me marier – me pacser pourquoi pas, mais pas me marier. Puis petit à petit, cette idée a germé en moi, de façon totalement inattendue.

Depuis le début, je n’avais aimé que lui (c’était mon tout premier copain), je n’avais jamais douté de notre amour et le mariage représentait, à long terme, l’aboutissement de notre relation. Je me suis longtemps demandé si je n’étais pas influencée par mon côté fleur bleue et naïve, par mes rêves d’enfants de belle robe et de prince charmant, avant de décider que non, mon amour était bien ancré dans la réalité et dans un certain pragmatisme.

La certitude de la solidité de notre amour était forte, ou du moins, aussi forte que n’importe quel couple plus âgé souhaitant se marier. Pourquoi est-ce qu’à partir de ce moment-là je n’ai plus songé au PACS, c’est difficile à dire. J’ai eu cet instinct profond vis-à-vis du mariage et j’ai eu envie de le suivre. Après 48 heures de réflexion, j’ai appelé mon copain : nous allions nous marier, pas uniquement à cause de l’histoire de la mutation, mais aussi parce que nous le voulions profondément.

L’organisation, cette galère

Ce fut le début d’un véritable marathon : nous étions au mois d’avril et nous devions nous marier avant le mois d’août. Après la publication des bans (et les interminables files d’attente à la mairie), nous nous sommes arrêtés à la date du 5 juillet, le jour de mon vingtième anniversaire — et trois mois avant, à part la mairie, nous n’avions rien. Ni salle, ni robe, ni témoins, ni invités, ni traiteur, ni argent… Rien.

Nous avons très rapidement convenu d’une cérémonie très simple avec nos parents, nos grands-parents et nos amis les plus proches avec un mariage civil uniquement, un petit resto payé par nous et une belle soirée de fête sous les étoiles (dans la maison de campagne de mes grands-parents, en mode Petite Maison dans la Prairie). Je me dois ici de remercier mes parents qui ont accepté sans reproche et questionnement de nous soutenir dans l’organisation de notre mariage, que ce soit de façon financière (même si nous avons couvert par la suite la majorité des dépenses), ou logistique et surtout psychologique (paye tes crises d’angoisse…).

J’avais peur d’être déçue mais le jour J s’est déroulé comme dans un rêve. C’était à la fois simple, beau et émouvant. Nous étions tout à notre bonheur et rien, vraiment rien, n’est venu gâcher la fête. C’est atrocement cliché mais ce fut vraiment la plus belle journée de ma vie, même si le jour de notre mariage n’est pas une fin en soi, mais au contraire le début d’une grande aventure.

Non, nous n’avions pas l’air si niais. Enfin, si, peut-être mais c’était involontaire.

Ils vécurent heureux…

Dix mois après la cérémonie, mon mari (hihi, ça fait toujours bizarre) et moi allons toujours très bien. Bien sûr nous sommes redescendus assez vite de notre petit nuage pour prendre à bras le corps les contraintes de la vie nouvelle qui s’offrait à nous : l’emménagement dans un appartement, le début de sa vie professionnelle (vive le stress de la rentrée pour les profs), le loyer, les courses, la routine, le compte joint…

Concrètement, le mariage n’a pas fondamentalement changé notre relation même si nous sommes peut-être plus conscients de la profondeur de notre lien. Mais dans l’ensemble, nous fonctionnons sur le même système : on s’engueule toujours autant, on se réconcilie de la même façon (à savoir grâce à de la bouffe chinoise), on fait des compromis, on se chamaille…

De façon générale, ce qui a le plus changé, c’est le regard que les autres portent sur nous, sur notre couple et sur notre choix de vie. Car nous avons aussi fait face aux remarques et scepticisme de notre entourage plus ou moins lointain. Beaucoup de personnes ne comprennent pas notre choix et nous le font savoir. On m’a souvent reproché mon « immaturité », mon « romantisme béat » et mon « idéalisme ». On m’a même prédit un divorce avant mes 25 ans, dans le sang et les larmes !

Je ne blâme pas ces personnes parce que j’aurais probablement réagi de la même façon dans un cas similaire, et parce qu’il est vrai que notre choix de vie n’est pas très courant. Après avoir énormément réfléchi à la façon de leur répondre, j’en suis venue à la conclusion suivante : quels que soit la situation, l’âge des personnes impliquées, l’état de leurs finances et leur degré de maturité et d’autonomie, le mariage est un risque. C’est le risque de se lier juridiquement à une personne de façon particulièrement contraignante et aux yeux de toute la société.

Chaque couple qui décide de se marier prend ce risque pour des raisons différentes, à un moment de leur vie où il en ressent le besoin, l’envie… et il prend aussi le risque de voir cette union se finir, comme tous les amoureux finalement. Avec mon copain, nous avons pris cette décision un peu plus tôt que la moyenne, mais au final nous ne sommes pas béats. C’est notre choix et nous en assumons pleinement les conséquences. Et nous continuons à vivre comme n’importe quel autre couple de notre âge !

À lire aussi : tous nos articles concernant le mariage

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 80 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Senyo
    Senyo, Le 21 novembre 2016 à 12h42

    C'est un joli témoignage, et je suis contente de voir que tout se passe bien pour l'auteure ! :bouquet:

    Spoiler

Lire l'intégralité des 80 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)